

Roman Polanski, le cinéaste au c?ur de la tourmente médiatico-judiciaire de 2009 qui suivit son assignation à résidence en Suisse, fait aujourd'hui l'objet d'un documentaire filmé pendant les mois de son arrestation
Roman Polanski ? A film Memoir constitue un témoignage unique dans lequel le cinéaste revient sur les événements marquants de sa vie professionnelle et personnelle. Dans cet entretien avec le producteur Andrew Braunsberg, on découvre un homme simple et émouvant retraçant sa vie parsemée de grands bonheurs et malheurs. Un documentaire à ne pas manquer.
Lepetitjournal.com/Melbourne : Qui a été à l'initiative du projet ?
Laurent Bouzereau : Andrew Braunsberg est allé voir Roman pendant qu'il était en résidence surveillée. Il a décidé d'avoir une discussion filmée avec Roman, sans vraiment penser que ce serait exploitable au-delà de cette discussion. Puis un jour, Roman m'a appelé pour me proposer de venir regarder ce qu'Andrew avait filmé. J'ai visionné un bon nombre d'heures de discussion, au bout desquelles j'ai dit à Roman qu'on pouvait en faire un film. Mais il manquait le 3ème acte, qu'on a pu filmer lorsque la résidence surveillée a été levée. Une fois libéré Roman a pu revenir un peu plus en profondeur sur certains aspects de l'interview, et avoir une perspective différente puisqu'il n'était plus du tout dans les mêmes circonstances. Ensuite, il a fallu faire un gros travail de montage et travail d'archive pour vraiment trouver l'histoire au fin fond de toutes ces heures de discussion.
Votre idée derrière ce documentaire était-elle de réhabiliter l'image de Roman Polanski auprès des médias et du public ?
Je ne pense pas que c'était vraiment réhabiliter son image mais plutôt donner une chance à Roman de s'exprimer, chose qu'il n'avait jamais faite et à laquelle il n'avait jamais pensé avant cette discussion. C'est évident que le film est très subjectif mais en même temps, c'est une opportunité pour Roman de donner son point de vue sur certaines choses.
On découvre un Roman Polanski très ému à de nombreuses reprises. Vous y attendiez-vous ?
Non, j'ai une amitié avec Roman mais elle tourne toujours autour du travail donc je n'ai jamais été exposé à sa vie journalière ou à ses émotions intimes. Je dois dire que quand j'ai vu ces heures de discussion, quand il éclate en sanglot en évoquant sa mère ou son père, j'ai été bouleversé. Il y avait tellement d'émotions dans tous ces enregistrements ! Du rire, des pleurs, des interrogations, enfin de quoi faire un très bon film si on structurait son histoire de manière intelligente.
La musique est d'Alexandre Desplat, compositeur renommé dans le métier. Pour vous la musique était un aspect important du film?
Lors du premier montage, j'avais mis beaucoup plus de musique, des valses, beaucoup de morceaux de George Delerue. Roman qui travaille souvent avec Alexandre Desplat m'a proposé de le contacter, sans obligation bien sûr. Je l'ai donc rencontré à Londres, en plein milieu du tournage d'Harry Potter. Après avoir vu le film, il m'a dit simplement que j'avais mis un peu trop de musique, qui essayait de vendre l'émotion. Il avait bien analysé le film, et j'ai suggéré de n'avoir que du piano sans essayer de faire d'autres instruments. Il a joué au piano le thème de Sharon Tate et j'ai immédiatement compris sa sensibilité. C'est un homme extraordinaire et son travail donne une identité au film qui n'était peut-être pas présente avant son intervention.
Le documentaire est-il sorti dans d'autres pays et avez-vous eu des retours sur la manière dont il a été reçu ?
Oui, il est déjà sorti en Europe. Il a été présenté au Festival de Cannes donc il a eu des retombées internationales au point de vue des critiques. Il y en a d'ailleurs de très bonnes comme des très mauvaises? Ces critiques ne visaient pas vraiment le film qu'on avait essayé de faire. C'est un film de copains qui discutent dans des circonstances très difficiles, pas une mise en scène "à la Oprah Winfrey".
Je trouve ça un peu injuste mais je m'y attendais car tout ce qui touche à Roman Polanski est toujours à controverse ; chacun voit le film avec ses préjugés, avec ce qu'il a lu sur internet et tout le monde a son scénario dans la tête. Ça ne m'a donc pas étonné, cela m'a juste déçu. Personnellement, je trouve que Roman est un personnage complètement fascinant et c'est probablement la première fois, mais aussi la dernière, qu'il va s'ouvrir de cette façon à qui que ce soit.
Le film est-il sorti aux USA ?
Non et d'ailleurs c'est un peu une des retombées négatives. Cela n'a pas accroché aux Etats-Unis pour le moment. Même si le sujet Roman Polanski est très tangent là-bas, je pense que c'est un film qui aura toujours ce cachet d'être original et différent, de montrer une discussion avec Roman à une période bien précise, et unique, de sa vie.
La première était au festival de Zurich, là où Roman Polanski a été arrêté en 2009?
Je ne sais plus comment ça s'est fait mais c'était une chose logique?C'était en tout cas une façon intéressante de clore cette période de sa vie.
Propos recueillis par Flora Prevosto (www.lepetitjournal.com/melbourne) mardi 12 février 2013
A GAGNER : 10 doubles pass pour le film, offerts par Regency Film Distribution, en répondant ici à la question : Qui est le compositeur de la musique du film Roman Polanski- A Film Memoir ? melbourne@lepetitjournal.com
Roman Polanski ? A film memoir, de Laurent Bourzereau sera sur les écrans à partir du jeudi 21 février






















