

La Cour Internationale de Justice a rendu son verdict et déclaré, jeudi, que la proclamation d'indépendance du Kosovo n'avait pas violé le droit international. Alors que la Serbie s'en indigne, les régions séparatistes s'en confortent
"Nous appelons tous les Etats à dépasser la question du statut du Kosovo, à s'engager de façon constructive pour soutenir la paix et la stabilité dans les Balkans, et nous appelons tous les Etats qui ne l'ont pas encore fait à reconnaître le Kosovo", a dit Hillary Clinton dans un communiqué. La réplique de la Serbie ne s'est pas fait attendre. ''Jamais'' Belgrade ne reconnaîtra "la proclamation unilatérale d'indépendance du Kosovo car elle est convaincue que cette sécession unilatérale et ethniquement motivée n'est pas en accord avec les principes des Nations Unies", a déclaré le président serbe, Boris Tadic.
Un ''Etat indépendant et souverain'' ?
Le 17 février 2008, le Kosovo, province serbe à majorité albanaise, autoproclamait son indépendance (AFP). La Serbie, quelques mois plus tard obtenait de l'Assemblée générale des Nations unies qu'elle saisisse la CIJ sur la légalité de la proclamation d'indépendance du Kosovo. Grosse déception pour la Serbie que cette victoire pour les Kosovars. Le président Fatmir Sejdiu a appelé tous les pays qui n'ont pas reconnu le Kosovo en tant qu''Etat indépendant et souverain'' à le faire ''dès que possible''. Le Premier ministre a également estimé que la voie à une intégration à l'OTAN, l'Union européenne et les Nations unies était maintenant ouverte.
?encore peu reconnu
A ce jour, 69 des 192 nations représentées par l'ONU ont reconnu le Kosovo, dont 22 membres de l'Union européenne. L'Espagne, Chypre, la Roumanie, la Slovaquie et la Grèce ne se sont toujours pas prononcé sur le sujet. La Serbie, qui s'attendait quelque peu à cette nouvelle, mais pas à un vote aussi déterminant (10 juges contre 4), a provisoirement retiré ses ambassadeurs des pays ayant reconnu le Kosovo, mais sans pour autant rompre les relations diplomatiques. Le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, a appelé les deux parties à se servir de l'avis de la CIJ comme d'un ''instrument pour leur réconciliation plutôt que comme excuse pour poursuivre le différend diplomatique''. Dans son communiqué, il ajoutait : ''En fin de compte la réconciliation ne sera complète, non au travers de décisions de justice, mais plutôt lorsque les peuples des Balkans seront capables de vivre, de se déplacer et de commercer librement et pacifiquement''.
Bel exemple pour les séparatistes
La Russie s'est refusé à reconnaître l'indépendance du Kosovo. Par alliance avec la Serbie, mais avant tout par crainte pour certaines de ses provinces caucasiennes, sur lesquelles souffle un vent d'autonomie. La Tchétchénie par exemple, engluée dans une mésentente infinie avec la Russie. Le président abkhaze, Sergueï Bagapch, estime que l'avis de la CIJ ''confirme le droit à l'autodétermination'' de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud, les régions séparatistes de Géorgie. Ce dernier espère aussi que cela pourra contribuer à la reconnaissance de l'indépendance des deux territoires géorgiens par d'autres pays. Mais dans chaque région du monde, on craint que les séparatistes ne se réveillent, avec plus de vigueur. La Chine pense au Tibet et au Xiangjiang, l'Espagne au Pays basque et à la Catalogne. En France, on y songe avec moins de ferveur, mais les Corses pourraient bien livrer de nouveaux combats !
Lauriane Rialhe (www.lepetitjournal.com) lundi 26 juillet 2010
En savoir plus :
Le Monde, Washington appelle tous les pays à reconnaître le Kosovo
Le Figaro, L'indépendance du Kosovo confortée par La Haye
Le Point, La victoire du Kosovo encourage les indépendantistes de tous bords
L'Humanité, Kosovo. L'étonnant succès diplomatique serbe




































