

Un procès s'est ouvert hier àSaint-Omer, sur une autre affaire de pédophilie concernant des habitants d'Outreau. Trois couples et une femme d'une soixantaine d'années sont accusés de viols sur leurs 11 enfants. Le souvenir du premier Outreau reste vivace
Trois couples, formés par trois soeurs et trois frères, plus la grand-mère sont poursuivis. (Photo: AFP)
La cour d'assises du Pas-de-Calais est ànouveau sous les feux des médias. Et, une fois encore on va y parler d'Outreau.
Après l'acquittement de 13 personnes injustement accusées de pédophilie et la condamnation de quatre autres lors de la première "affaire", un nouveau "procès Outreau"pour pédophilie s'est ouvert hier. Cette fois, sept personnes d'une même famille sont poursuivies, trois couples et une grande-mère.
L'ombre du premier procès plane sur le tribunal. En effet, on ne peut s'empêcher de trouver des points communs avec la nouvelle affaire. La ville et la période des faits, qui se seraient déroulés entre 1994 et 2001 dans le même quartier de la Tour du Renard;ainsi que la présence en tant que témoin de Myriam Badaoui, la principale accusatrice du premier procès. D'autre part, comme dans la précédente affaire Outreau, l'enquête a étémenée par les policiers de la brigade des mineurs de Boulogne-sur-Mer et la parole des enfants a étéjugée "crédible"par les mêmes experts.
Le procès était en réalitéprévu àl'automne 2004 mais l'autre Outreau avait mis celui-ci en suspens.
Accusation contre défense
Une même famille, trois couples, formés par trois frères et trois s?urs, dont deux se sont rencontrés en hôpital psychiatrique, ont eu 11 enfants. Les petits accusent leurs parents et leur grand-mère de les avoir violentés et abusés sexuellement. Les trois couples aujourd'hui accusés, clament leur innocence.
L'un des avocats des enfants, Marc Pantaloni, assure que "Les seuls points communs avec la première affaire d'Outreau sont l'inceste, la ville et le milieu défavorisédans lequel évoluent les familles". De l'autre côté, la défense tente d'utiliser la peur de la justice de refaire la même erreur que lors du premier procès, qui s'était révéléun désastre judiciaire majeur. "Ce dossier repose essentiellement sur la parole des enfants et on a des accusations fantaisistes", insiste un des avocats des accusés.
Tous les sept comparaîtront libres devant la cour d'assises. Ils encourent 20 ans de réclusion. Le procès doit se tenir jusqu'au 14 avril, àhuis clos complet pour l'audition des enfants.
Dominique SALOMON. (LPJ) 30 mars 2006
Lire aussi
Le Monde, Simone Gaboriau, l'avocate des juges
L'Express, L'autre affaire d'Outreau




































