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JEUX VIDEO – Votre ado est-il accro ?


Vos ados passent des heures devant la console plutôt que d'aller jouer dehors ? Mais est-il pour autant accro ? L'addiction aux jeux vidéo, si elle fait peur aux parents, ne pourrait être que virtuelle
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A l'approche de Noël, les jeux vidéo sont devenus un incontournable de la hotte du Père Noël. Avec près de 39 millions de jeux écoulés en France en 2009, ce sont même les produits culturels les plus vendus dans l'Hexagone. Si le marché ne cesse de se développer et d'innover ?avec l'essor notamment des consoles participatives (Wii, Move, Kinect) -, le phénomène inquiète les parents qui voient leurs enfants passer de plus en plus de temps avec une manette en main (photo AFP) plutôt qu'un ballon ou un guidon de vélo.  

Addiction ou pas ?
A l'occasion d'un séminaire sur l'addiction et la régulation dans le monde des jeux vidéos organisé mardi par le Centre d'analyse stratégique, des médecins se sont penchés sur le phénomène très médiatique de l'addiction aux jeux vidéo, qui n'est cependant pas reconnue comme une pathologie par l'OMS ou l'American psychatric association. Le professeur de psychologie à l'université de Nottingham et grand spécialiste mondial de la question, Mark Griffiths, avoue qu'on ne peut pas vraiment parler d'addiction. Selon lui, six symptômes prouvent la dépendance : prépondérance de l'activité, modification de l'humeur, repli sur soi, génération de conflits, phénomène de rechute et augmentation irrésistible du temps consacré au jeu. Or, d'après une étude effectuée sur 7.000 joueurs réguliers, personne ne les présentait tous à la fois et dans le pire des cas (12% d'entre eux) seulement trois symptômes étaient détectés. Pourtant, pour le chef du service de toxicomanie de l'hôpital Marmottan, Marc Valleur, addiction il y aurait quand quelqu'un qui veut s'arrêter de jouer n'y arrive pas. Rien que dans sa consultation, il en a traité 247 depuis 2001, un chiffre toutefois minime comparé au nombre de joueurs.

C'est grave docteur ?
Le profil de ces accros est alors souvent le même : des jeunes garçons (entre 15 et 25 ans), passionnés d'un MMORPG, jeux vidéo massivement multi-joueurs (comme World of Warcraft). Ces jeux sont particulièrement addictifs car ils requièrent de se créer un avatar (toujours valorisant en pleine recherche identitaire), de se construire un réseau d'alliés virtuels et surtout de venir jouer souvent, les avatars évoluant toujours dans le jeu malgré l'absence du joueur. Le joueur accro enchaîne donc les heures passées devant l'écran et se déconnecte du monde réel, au détriment de ses études et de sa vie sociale. Le passage du statut de geek (fan de nouvelles technologies) à celui de "no life" (personne emmurée dans une bulle virtuelle) n'est cependant que très rare. D'ailleurs si le temps de jeu atteint souvent un pic à l'adolescence, il diminue dans la grande majorité des cas à l'âge adulte. Les jeux vidéo arborant un scénario de plus en plus complexe, pourraient même être bénéfiques au développement des performances cognitives.

A vous de jouer
Si votre enfant ou votre adolescent passe trop de temps à votre goût devant son ordi ou sa console et qu'il ne veut pas y renoncer malgré vos tentatives de sortie au skatepark, pourquoi ne pas vous y intéresser aussi ? L'addiction est d'autant plus forte si votre enfant en plein bouleversement physique et psychologique se sent isolé. L'association e-Enfance avait lancé il y a quelques mois un site internet pour que les parents dépassés puissent s'y retrouver dans la passion de leurs bambins. Ne vous reste plus qu'à prouver votre dextérité !
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 26 novembre 2010

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Article du Figaro, L'addiction aux jeux vidéo reste complexe et marginale

Des jeux vidéo contre la drogue en Iran
Alors que la drogue fait des ravages en Iran, les autorités de la République islamique ont décidé de tester une méthode de sevrage très particulière : les jeux vidéo. Le ministère iranien aux questions sociales a eu l'idée de substituer l'addiction à la drogue par une autre. "Si vous voulez priver les enfants et les jeunes adultes de quelque chose, vous devez leur offrir un produit de substitution, et à l'heure actuelle, les jeux vidéo sont le meilleur candidat", a déclaré Ahmad Esfandiari, ministre en question.
D.B (www.lepetitjournal.com) vendredi 26 novembre 2010

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Article de 01net.com, Iran, le jeu vidéo rempart contre la drogue

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