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Jakarta, la capitale mondiale des chats

Avec certaines estimations qui en comptabilisent près de 1,5 million, Jakarta est la capitale mondiale des chats errants. On les aperçoit devant les mosquées, dans les marchés, les parkings, les gares ou les quartiers résidentiels. Ils suscitent généralement la bienveillance des Indonésiens notamment en raison du fait que les chats sont des animaux aimés du prophète Mahomet contrairement aux chiens jugés impurs. Ils sont donc souvent nourris et cajolés. Mais derrière cette image sympathique se cache un phénomène devenu un véritable défi pour les autorités : leur prolifération pose des problèmes de salubrité et aussi de sécurité car ils sont régulièrement à l’origine d’accidents de scooter.

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Un chat faisant la sieste sur un banc dans le quartier de Cipete à Jakarta
Écrit par Lepetitjournal Jakarta
Publié le 18 juin 2026, mis à jour le 25 juin 2026

La prolifération des chats à Jakarta : un phénomène lié à la biologie du chat 

L’ampleur du phénomène est considérable. Selon les estimations établies notamment par des organisations de protection animale, Jakarta compterait entre 700 000 et 1,5 million de chats errants faisant de la capitale indonésienne la cité mondiale des chats. Cette explosion démographique s’explique d’abord par la biologie du chat. Une femelle peut avoir plusieurs portées par an, avec souvent quatre à six chatons à chaque naissance. En l’absence de contrôle des reproductions, la population augmente donc très rapidement. Les abandons jouent également un rôle majeur. De nombreux propriétaires se séparent de leurs animaux lorsqu’ils ne peuvent plus s’en occuper en estimant que les chats trouveront naturellement nourriture et protection dans la rue.

En Indonésie, les chats ont une image très positive notamment grâce à l’islam

La culture indonésienne contribue aussi à cette situation. Les chats bénéficient d’une image très positive dans la société. Beaucoup d’habitants nourrissent spontanément les animaux errants devant leur maison ou leur commerce. Cette bienveillance permet à de nombreuses colonies de survivre et de se développer. Les réseaux sociaux, où les vidéos de chats rencontrent un immense succès, renforcent encore cette affection populaire.

Cette relation privilégiée trouve également ses racines dans l’islam, religion majoritaire en Indonésie. Contrairement à d’autres animaux considérés comme impurs, le chat occupe une place particulière dans la tradition musulmane. Plusieurs récits rapportent l’affection du prophète Mahomet pour les chats, souvent présentés comme des animaux propres et dignes de respect. Dans de nombreuses mosquées indonésiennes, il n’est ainsi pas rare de voir des chats circuler librement sans être chassés.

Une prolifération qui pose de nombreux défis

Toutefois, cette prolifération n’est pas sans conséquences. Les autorités de Jakarta ont enregistré des centaines de plaintes liées aux nuisances provoquées par les chats errants. Les habitants évoquent les déjections, les sacs-poubelle éventrés, les nuisances sonores durant les périodes de reproduction ou encore les odeurs liées au marquage territorial par l’urine. Les spécialistes alertent également sur certains risques sanitaires, notamment la transmission de parasites ou de maladies zoonotiques. En revanche, grâce à une campagne de vaccination intensive, la rage serait éradiquée chez les chats à Jakarta.

Les chats eux-mêmes souffrent de cette surpopulation. Beaucoup vivent dans des conditions précaires, confrontés à la malnutrition, aux maladies infectieuses et aux blessures résultant de bagarres entre mâles. La multiplication des naissances entraîne aussi une forte mortalité des chatons. Par ailleurs, ces chats errants seraient à l’origine de nombreux accidents de la circulation notamment avec les deux-roues. 

Des campagnes de stérilisation de masse

Pour répondre à ce défi, Jakarta privilégie aujourd’hui une approche fondée sur le bien-être animal. La solution principale est la stérilisation de masse. Les autorités provinciales travaillent avec des vétérinaires, des associations comme l'ONG Let's Adopt Indonesia et des bénévoles afin de capturer les chats, de les stériliser puis de les relâcher sur leur territoire selon la méthode dite « Trap-Neuter-Return » (capturer, stériliser, relâcher). Cette stratégie vise à réduire progressivement les naissances sans recourir à l’abattage des animaux.

 

Parallèlement, des campagnes de sensibilisation encouragent la stérilisation des chats domestiques, l’adoption responsable et la lutte contre les abandons. Les associations rappellent qu’un contrôle durable de la population féline ne peut être obtenu qu’avec la participation active des habitants.

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