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Brigitte et Jean-François ont tout plaqué pour monter un écolodge à Raja Ampat

À Raja Ampat, Brigitte Pla et Jean-François Martin ont troqué carrière et confort pour créer le Tabari Drive lodge, un écolodge de plongée posé sur un îlot de sable blanc. Une vie au paradis qui demande beaucoup de travail et de détermination mais qui offre aux voyageurs un séjour inoubliable dans l’un des plus beaux archipels du monde. 

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Brigitte Pla et Jean-François Martin ont tout plaqué pour monter leur écolodge à Raja Ampat
Écrit par Lepetitjournal Jakarta
Publié le 8 février 2026, mis à jour le 4 mars 2026

Une reconvertion au bout du monde

Pour atteindre le Tabari Drive Lodge, il faut le mériter. Vol jusqu’à Sorong, ferry vers Wasai, puis une heure de bateau à travers une mer turquoise, ourlée d’îlots karstiques. Au bout du trajet, une langue de sable, des cocotiers, et sept bungalows en bois tournés vers le lagon. Ici, au cœur de l’archipel indonésien de Raja Ampat, Brigitte Pla et Jean-François Martin ont construit un chapitre de leur vie.

Rien ne les prédestinait à finir hôteliers au bout du monde. Brigitte, originaire de Perpignan, était directrice de magasin dans une grande enseigne d’ameublement. Jeff dirigeait une entreprise de rénovation. Des emplois prenants, des responsabilités, peu de temps pour soi. Leur point commun ? La plongée. Jeff plonge depuis longtemps. Brigitte s’y met plus tard, avec lui. « Depuis, on plonge, on plonge, on plonge », sourit-elle.

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le Tabari Dive Lodge est niché sur un îlot de sable blanc au milieu du lagon

Subjugués par Raja Ampat

L’Indonésie entre dans leur histoire par le voyage. Komodo en 2016, puis Raja Ampat en 2017. Le choc est immédiat : « Raja Ampat nous a complètement retourné le cerveau » , raconte au téléphone, Brigitte avec le bruit des vagues en fond sonore. Sous l’eau, une biodiversité exceptionnelle ; hors de l’eau, une sensation d’espace et de liberté. L’idée germe : quitter la France, faire de leur passion un quotidien.

Entre 2018 et 2019, ils multiplient les séjours de repérage, trois à quatre fois par an. Ils louent un petit bateau local, plongent, explorent les îlots, cherchent un terrain. Les négociations sont longues : terres familiales, accords multiples, demandes changeantes. Un jour, leur guide évoque un terrain « trop loin ». Brigitte insiste : ils y vont et ce qui était « trop loin » devient une évidence. L’endroit est parfait. Ils signent une location longue durée : impossible d’acheter, mais suffisant pour se lancer.

Une détermination à toute épreuve

Le départ de France a lieu le 16 mars 2020. Jeff vend son entreprise à midi, l’avion décolle le soir. Ils ont tout vendu, investi leurs économies dans ce projet du bout du monde. À Jakarta, coup de théâtre : le Covid entraîne la fermeture des liaisons aériennes, Sorong est inaccessible. Ils bifurquent vers Manado, puis restent cinq mois bloqués à Bunaken. Le projet tient à un fil.

Quand ils peuvent enfin décoller pour Raja Ampat, tout est à faire. Sur l’îlot : du sable, des cocotiers, rien d’autre. Ils choisissent de construire petit. Sept bungalows, en matériaux locaux, intégrés à la végétation. Jeff met la main à l’ouvrage : douches, aménagements, mobilier. « Ce n’est pas du bling-bling, c’est cosy, local, à taille humaine », précise Brigitte entre deux échanges en indonésien avec l’un de ses employés qui se bat avec les vagues et la marée basse pour ramener un bateau.

Les obstacles ne manquent pas : démarches administratives interminables, barrière de la langue, argent perdu, pressions diverses. « Je suis restée des heures dans des bureaux, à essayer de comprendre », raconte Brigitte. Un jour, une vingtaine d’hommes viennent même revendiquer l’île. L’affaire se règle, mais rappelle la fragilité de toute implantation.

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Une plage de rêve pour vous seuls.

Bien manger, bonne plongée, sécurité 

Aujourd’hui, Tabari se positionne entre le resort de luxe et le homestay familial. Environ 110 € la nuit en pension complète. Leur signature : la table et la plongée. Brigitte a longtemps cuisiné elle-même avant de former les équipes. Désormais, un chef venu de Manado propose chaque jour un menu complet, poissons frais, légumes, recettes indonésiennes et européennes.

Côté mer, sorties quotidiennes, deux à trois plongées par jour, snorkeling, excursions vers les sites mythiques de Raja Ampat. Autre point sans concession : la sécurité. Jeff est divemaster, l’équipe se renforce avec des instructeurs, il y a de l’oxygène à bord. « Bien manger, bonne plongée, sécurité », résume Brigitte.

La logistique reste celle d’une île. L’électricité fonctionne désormais au solaire. L’eau vient de puits alimentés par la pluie. « Ici, les ressources ne sont pas infinies », tient à rappeler Brigitte.

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Des couchers de soleil de carte postale

La vie, enfin, n’a rien de vacances permanentes. « Je travaille tous les jours, levée à 5 h », précise Brigitte. Peu de congés, peu de voyages, la famille qui est loin. « Une prison aux barreaux dorés », lâche Brigitte d’un ton ironique mais lucide sur les contraintes d’une telle vie.

Mais quand le soleil tombe sur le lagon, que les clients reviennent de plongée les yeux brillants, le pari prend tout son sens. « On a une chance énorme d’être ici. C’est un cadeau…»

 

 

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