Les années 90 ont vu émerger le mythique groupe de pop anglaise, les Spice Girls. En 2026, l’Indonésie découvre les No Na, un girl band de quatre jeunes femmes indonésiennes, dont les chansons sont en train de devenir un phénomène dans l’archipel et plus largement en Asie du Sud-Est. En mêlant R&B et influences indonésiennes comme le gamelan ou le suling (flûte de Java) mais aussi hip-hop et éléments rituels des danses balinaises, le quatuor revendique ses racines indonésiennes et veut faire connaître leur pays dans le monde entier. Leur succès est désormais salué par CNN et le célèbre magazine musical britannique NME (New Musical Express) et No Na se produit dans les plus grands festivals internationaux.


Une histoire débutée aux États-Unis pour les quatre Indonésiennes
L'histoire de No Na commence en décembre 2022, au Head in the Clouds Festival de Jakarta. Baila Fauri, Shazfa Adesya et Christy Gardena, toutes âgées de moins de 25 ans, chanteuses, danseuses ou influenceuses originaires de Bali, Lombok et Jakarta s’y croisent. Elles sont repérées par une chef de projet de 88rising, une célèbre agence de management américaine chargée de faire le pont entre les talents asiatiques et le reste du monde. 88rising leur propose de fonder un girl group global. Esther Geraldine, ancienne candidate d'Indonesian Idol saison 10, complète le quatuor. En 2024, les quatre artistes s'installent à Los Angeles dans le même appartement et décident de baptiser leur groupe « No Na », terme honorifique qui signifie "mademoiselle" en indonésien. Évident pour les fans locaux, mémorisable pour le reste du monde.
Des influences variées
Leur son est difficile à ranger dans une case. Leurs influences revendiquées, Diana Ross, Janet Jackson, TLC, Victoria Monét, viennent se marier avec des sonorités indonésiennes. « Shoot », leur premier titre sorti en mai 2025 est un R&B teinté de nostalgie années 2000, construit sur des harmonies vocales. Il cumule rapidement des millions d’écoutes suivi de "Superstitious" avec des sonorités funk des années 80. Mais c’est le titre "Work", sorti en janvier 2026, qui va tout changer avec plus de 10 millions d’écoutes en deux mois et un dance challenge lancé sur les réseaux sociaux. Percussions lourdes, énergie, refrain conçu pour être scandé. Le célèbre magazine musical britannique NME (New Musical Express) résume leur première année ainsi : No Na a "une palette sonore qui va du funk synthétique à la dance-pop K-pop en passant par les ballades au piano".
Mais des sonorités indonésiennes
Mais ce qui distingue No Na d'un girl group de pop asiatique ordinaire, c'est leur identité indonésienne. Le gamelan de Java et Bali apparaît dans leurs productions comme élément rythmique central. La suling, flûte en bambou de Java occidental, perce dans certains arrangements. Les ceng-ceng, cymbales rituelles balinaises, ouvrent "Work". Leurs clips ont été tournés dans les rizières et les cascades de Bali. "On essaie toujours de demander à l'équipe d'intégrer des éléments de notre culture, que ce soit dans les costumes, la musique ou la chorégraphie », confiait récemment Shazfa qui comme les autres membres du groupe revendiquent son appartenance à l’archipel aux 17 000 îles. Des racines chantées dans leur dernier titre « rollerblade », où elles scandent « les filles des îles indonésiennes! »
No Na arrive au bon moment. L'Asie du Sud-Est n'a pas de scène pop exportable, au sens où on l'entend pour la Corée, a quelques exceptions près comme le groupe japonais Milli ou philippin BINI. Avec No Na cela pourrait changer. No Na est aujourd’hui demandé pour de nombreux sponsoring ou événements. Le marché gaming leur a commandé "Sizzle" pour la finale mondiale du M7 Mobile Legends Championship à Jakarta et des partenariats ont été signés avec Samsung, Tiffany & Co. et BAPE. Pour 2026, le calendrier est déjà bien rempli : HITC Tokyo en mars, HITC Los Angeles en août. Mais leur plus grand rêve, c'est un grand concert en Indonésie.
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