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En attendant les Jeux (5) : Les badistes en tête d'affiche

Par Joël Bronner | Publié le 28/03/2018 à 23:30 | Mis à jour le 28/03/2018 à 23:30
Photo : @Adryanti Firdasari
Adryanti_Firdasari/aseangame/Indonesie/badminton

Cet été, l’Indonésie accueille les 18e Jeux asiatiques entre Jakarta et Palembang. Pour le 5e volet de notre série En attendant les Jeux, focus sur Adriyanti Firdasari, jeune retraitée du badminton.


Évoquer le sport indonésien sans s’intéresser au badminton, reviendrait à faire un tour d'horizon culinaire de l'archipel en omettant de mentionner le nasi goreng. Une faute de goût, tout simplement ! Alors pourquoi les Indonésiens sont-ils particulièrement fous de volants et des raquettes qui les propulsent ?

Pour Adriyanti Firdasari, qui a achevé sa carrière de joueuse en 2015, cette passion est notamment due aux excellents résultats enregistrés par les athlètes indonésiens lors des compétitions internationales.

La discipline reine

« Le badminton est la discipline qui rapporte le plus de médailles d'or à l’Indonésie aux Jeux olympiques. Tout le monde ici adore ce jeu et on trouve des terrains de badminton absolument partout. Par ailleurs, l’Indonésie peut compter sur des joueurs très talentueux et de nombreux enfants attirés par cette discipline rêvent de devenir professionnels. Tout cela démontre à quel point ce sport est populaire. »

Fraîchement retraitée, Adriyanti Firdasari entraîne à présent de jeunes joueuses – depuis les moins de 13 ans jusqu'aux moins de 19 ans – à PB Jaya Raya, dans les faubourgs de Jakarta, l'un des clubs de badminton les plus renommés du pays.

Elle-même a commencé à jouer très tôt, dès l'âge de 8 ans, encouragée à manier la raquette par un père justement entraîneur de badminton. « Au début, j'aimais surtout le badminton parce que j'avais beaucoup d'amis qui y jouaient aussi. Mais lorsque j'ai eu 13 ans, j'ai commencé à développer une vraie passion pour ce sport. »

L’héritage de Susi Susanti

Une passion qui a également été nourrie par son admiration pour Susi Susanti, une icône du badminton indonésien. « Elle a été la première à rapporter une médaille d'or à l’Indonésie aux Jeux olympiques et, tout au long de sa carrière, elle a décroché de très nombreux titres », rappelle Adriyanti.

Pour mémoire, le badminton est devenu sport officiel aux JO à partir des Jeux d’été de Barcelone, en 1992. Un rendez-vous que l’Indonésie n'a pas manqué. Alors qu'en France les amateurs de sport se délectaient des exploits de Marie-José Pérec sur le 400 mètres voire du très beau parcours de Jean-Philippe Gatien au tennis de table, les spectateurs indonésiens se prenaient eux de passion pour le couple mythique formé par Susi Susanti et Alan Budikusuma, tous deux médaillés d'or lors de cette grande première.

À l’époque, Adriyanti Firdasari n'avait que 5 ans. Mais quelques années plus tard, c’était à son tour de représenter l’Indonésie sur la scène internationale. Comme en 2008, lors de l'un des plus beaux souvenirs de sa carrière. « C’était lors de la coupe Uber qui se déroulait en Indonésie. Notre équipe féminine ne partait pas favorite, mais malgré cela, nous avons réussi à nous hisser jusqu'en finale. Le soutien du public indonésien au cours de cette compétition a été extraordinaire, c’était très émouvant ! En retour, nous avions vraiment à cœur de prouver à ce public que nous pouvions être des championnes, ici, dans notre propre pays. »

Espoirs de médailles

Fin 2014, une blessure à un genou poussera Adriyanti Firdasari à prendre sa retraite anticipée, elle qui était alors 20e joueuse mondiale et rêvait de participer aux Jeux olympiques de 2016. Aujourd'hui, l'ex-badiste se dit très fière et enthousiaste que les Jeux asiatiques aient lieu en Indonésie cet été. Elle qui, bien sûr, assistera à la compétition au plus près du terrain.

« Nous espérons vivement décrocher deux médailles d'or. Le double masculin est notre meilleure chance puisque, à l'heure actuelle, Marcus Fernaldi Gideon et Kevin Sanjaya Sukamuljo sont numéro un mondiaux. La semaine dernière encore, ils ont gagné à Londres. Et puis il y a le double mixte qui lui aussi est très performant », décrypte l'ancienne championne.

Même si bien sûr, avant d'espérer faire chavirer le public indonésien au mois d'août, les rois et reines de la raquette devront d'abord triompher de la concurrence féroce de la Chine, de la Corée, de Taïwan ou encore de l'Inde. Pour un peu, les filets en trembleraient déjà.

 

 

 

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Après Islamabad puis Kaboul, Jakarta est la 3e ville où j’expérimente l’expatriation. Au paradis du macet, je suis notamment le correspondant de Radio France Internationale (RFI)
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