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Deux séismes destructeurs à Lombok-explication tectonique de la région

Par Michel Larue | Publié le 07/08/2018 à 23:30 | Mis à jour le 08/08/2018 à 10:55
Lombok séismes tsunami

Deux séismes destructeurs ont eu lieu récemment au nord de l’ile de Lombok. Cela pose un certain nombre de questions. Comment expliquer cette position atypique ? Est-ce inhabituel ? Peut-il y avoir d’autres séismes ? Quelles précautions prendre ? Jakarta est dans la même position géographique au nord de Java, peut-elle aussi subir des séismes violents ? Est-il possible de prévoir les séismes ? 

La tectonique globale nous a appris que plusieurs plaques dérivent à la surface de la terre. L’archipel indonésien s’est formé par la convergence de trois des plus grandes plaques : Pacifique, Indo-Australienne et Eurasienne. Pas étonnant qu’il soit le siège du plus grand nombre de volcans actifs et de puissants séismes. 

L’arc principal, formé par Sumatra, Java et iles de la Sonde (NTT), témoigne de la convergence entre la plaque indo-australienne portant l’océan indien qui s’enfonce sous la plaque eurasienne dans un mouvement vers le nord à une vitesse de plusieurs centimètres par an. Ce mouvement génère des séismes au sud et à l’ouest. On se rappelle de celui de 2004 qui a déclenché le tsunami, dévastant les pays qui bordent l’océan Indien. 

L’un des moteurs de cette dérive réside dans les différences de densité entre la plaque qui s’enfonce, en général constituée de croute océanique, vieille et dense, et celle qui chevauche, plus légère.

Dans les iles de la Sonde, de Bali jusqu’aux iles de Alor et de Wetar, une complication vient se superposer à ce schéma. La plaque indo-australienne porte le continent australien, donc léger, qui s’étend jusqu’à l’ile de Timor qui en est l’extension septentrionale ultime. Au nord de cet arc, les mers de Flores et de Bali sont constituées de croute océanique, dense. Cette situation inhabituelle initie un renversement de la polarité de la subduction : les mers de Florès et de Bali s’approfondissent et la fosse créée témoigne de ce renversement. 

C’est cela qui génère les séismes du nord de Lombok.

 

Peuvent-ils générer des tsunamis ?

Oui, le risque est réel et les principes de précautions appliquées au sud doivent être actifs sur les côtes nord de ces iles. 

Précautions : en deux mots, si, alors qu’on se trouve sur une plage, on ressent un séisme ou si on constate un retrait inhabituel de la mer, il faut alors s’éloigner au plus vite du littoral et si possible grimper le plus haut possible. L’application de ces simples mesures ont permis de sauver des centaines de touristes en Thaïlande lors du tsunami de 2004. Il est ainsi prudent d’identifier les chemins d’évacuation. 

Quelles autres précautions ? Le risque lié aux chutes d’objets est fort. Il faut donc tenter d’habiter dans un bâtiment « bien construit » et éviter de dormir sous des objets qui risquent de tomber. 

Et Jakarta ? Cette situation ne s’applique pas à Jakarta car les séismes ressentis se situent au sud donc ressentis moins intensément. 

Et la prévision des séismes ? S’il est possible de délimiter les zones sismiques, il est aujourd’hui impossible de savoir quand un séisme va se produire et avec quelle énergie. 

 

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