

Les Italiens ont été appelés à voter sur trois thèmes dimanche 12 et lundi 13 juin : immunité, nucléaire et privatisation de l'eau. Le résultat de ces élections est une triple claque pour le Cavaliere
Silvio Berlusconi pourrait se retrouver en difficulté à l'issue du scrutin du 12 et du 13 juin. (Photo AFP)
Dimanche 12 et lundi 13, les partis de gauche multipliaient les efforts pour convaincre les Italiens d'exercer leur devoir électoral. Ils présentaient les trois référendums comme l'occasion d'infliger un nouveau camouflet à Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, deux semaines après les revers qu'il a subis aux élections municipales. Pour que le dépouillement ait lieu, le quorum de 50 % de participants plus une voix doit être atteint à ce référendum. Ce qui n'a pas été le cas depuis seize ans.
Les enjeux du scrutin
Le référendum va porter sur trois enjeux majeurs. Premièrement, l'immunité politique des membres du gouvernement italien. La loi d'empêchement légitime permet au président du Conseil ou aux ministres de demander le report des audiences des procès dans lesquels ils sont impliqués, s'ils ont des engagements dus à leurs fonctions. Les partisans de l'abrogation de cette loi déclarent que la loi doit être la même pour tous, dans le cas contraire il n'y a pas de démocratie selon eux.
Deuxième enjeux, le nucléaire. Le vote de ces deux jours doit également apporter des réponses sur le développement du secteur de l'énergie italien. Le gouvernement prévoit la réalisation de huit nouveaux réacteurs dans quatre centrales nucléaires. Si le oui l'emporte, ce plan sera annulé. Dans le cas contraire, il ne pourra plus y avoir de referendum sur les centrales nucléaires au cours des cinq prochaines années. En Italie, le risque sismique est plus important qu'ailleurs en Europe. L'accident de la centrale de Fukushima au Japon, en mars dernier, suite à un séisme, pourrait amener les Italiens à voter pour la prudence.
Enfin, dernier enjeu, la privatisation de l'eau. Voteront "Oui" les personnes qui sont opposées à la privatisation des services d'approvisionnement de l'eau, dont la gestion est entre les mains du privé depuis la loi Ronchi. Les partisans de la privatisation de l'eau soulignent qu'elle restera un bien public, seule la gestion du service changera.
Les tractations politiques
La gauche, à l'origine de la consultation, appelle à voter oui aux trois questions. La droite laisse en revanche la liberté de vote dans l'espoir que ses électeurs s'abstiennent. Silvio Berlusconi, Umberto Bossi, le fondateur de La Ligue du Nord, parti d'extrême droite, et plus de la moitié du gouvernement déserteront les urnes. Le Cavaliere avait indiqué qu'il n'irait pas voter à ces référendums, et avait incité ses partisans à ne pas se prononcer sur l'empêchement légitime. Pour lui, il s'agit d'une consultation "inutile". En revanche le chef de l'Etat, Giorgio Napolitano, s'y rendra, par devoir institutionnel.
Pour Eugenio Scalfari, fondateur du quotidien de gauche La Repubblica, un tel résultat aurait des "effets imprévisibles". "J'exclus la démission de Berlusconi mais je n'exclus pas l'implosion du PDL [Peuple de la liberté, parti de M. Berlusconi] et de la Ligue du Nord", son allié crucial au gouvernement, estime l'éditorialiste.
"Si nous arrivons à obtenir le quorum sur l'empêchement légitime, cela montrera que les gens ne veulent plus du système Berlusconi", a déclaré à l'AFP Margherita Lodoli, 28 ans, travailleuse humanitaire à Rome, après avoir déposé ses bulletins dans l'urne.
J.B (www.lepetitjournal.com) lundi 13 juin 2011
Actualisation du mardi 14 juin : Selon les résultats publiés en début de soirée, le taux de participation dépassait la barre des 57 %. Le « oui » à ces consultations s'élève autour de 95 % des exprimés, selon le ministère italien de l'Intérieur. C'est donc un triple échec pour Berlusconi. Lire notre article du 14 juin BERLUSCONI - C'est la débandade !
Voir aussi :
Notre édition de Rome - POLITIQUE ? Un point sur les référendums abrogatifs des 12 et 13 juin
Le Figaro - Les Italiens se prononcent sur l'avenir du nucléaire
Le Monde - Italie : référendum sur le nucléaire, l'eau et la justice




































