Défilés, drapeaux, cérémonies : chaque 19 mai, la Turquie célèbre sa jeunesse. Derrière ces images, une date fondatrice du récit national, ancrée dans l’histoire d’Atatürk.


Pourquoi le 19 mai est-il un jour si symbolique en Turquie ?
À Kadıköy, des enfants répètent une chorégraphie dans la cour d’une école. À Beşiktaş, des gerbes de fleurs s’accumulent au pied d’une statue d’Atatürk. Le 19 mai, Istanbul se couvre de drapeaux et de silhouettes en mouvement.
Chaque année, la Turquie célèbre la « Fête de la jeunesse et des sports ». La date rend hommage à Mustafa Kemal Atatürk, qui voyait dans la jeunesse le socle de la République. Cérémonies officielles, défilés, performances sportives : le pays tout entier se met en scène.
Plus d’un siècle après le déclenchement de la guerre d’indépendance, le 19 mai reste une date structurante. Une date qui ne se contente pas de commémorer, mais qui continue de dire quelque chose du présent.
Une date fondatrice : le 19 mai 1919
Le 19 mai 1919, Mustafa Kemal débarque à Samsun, sur les rives de la mer Noire. Ce geste marque le point de départ de la guerre d’indépendance (Kurtuluş Savaşı, 1919-1922), menée contre les puissances alliées au lendemain de la Première Guerre mondiale.
Avec le recul, cette date dépasse l’événement militaire. Elle devient un repère. Un moment inaugural dans la construction du récit national turc.
Si Atatürk choisit d’y associer la jeunesse, ce n’est pas anodin. Il y projette une continuité : celle d’une génération appelée à porter et prolonger les fondements de la République.
« Tout mon espoir réside en la jeunesse » (Bütün ümidim gençliktedir).
Une jeunesse célébrée, entre héritage et fierté
Reconnu comme fête nationale par la loi du 20 juin 1938, le 19 mai associe l’hommage à Atatürk à une mise en scène collective de la jeunesse. Dans tout le pays, écoles et municipalités orchestrent défilés, chorégraphies synchronisées, démonstrations sportives et concerts en plein air.
Au-delà des cérémonies, c’est une énergie particulière qui traverse la journée. Corps en mouvement, drapeaux brandis, gestes répétés à l’unisson : la jeunesse ne se contente pas d’être célébrée, elle se rend visible.
Chaque année, cette dynamique trouve un écho dans la Gençlik Marşı, Dağ Başını Duman Almış, reprise en chœur lors des célébrations. Un hymne devenu indissociable du 19 mai, entre mémoire, transmission et sentiment d’appartenance.
Des célébrations populaires dans toute la Turquie
Chaque 19 mai, des parades sont organisées dans de nombreuses villes. Activités gratuites, concerts en plein air, événements sportifs : la journée s’inscrit dans l’espace public et rassemble bien au-delà des cérémonies officielles.
À Ankara, le mausolée d’Atatürk, Anıtkabir, devient un point de convergence. Dès le matin, responsables politiques, délégations et citoyens s’y succèdent pour rendre hommage au fondateur de la République.

Dans les rues comme aux fenêtres, les drapeaux turcs apparaissent par milliers. Comme lors des autres bayram, ils signalent une présence, un attachement, une manière d’habiter collectivement la date.
Une date symbolique pour Atatürk lui-même
Le jour de naissance de Mustafa Kemal Atatürk, en 1881, n’est pas connu avec certitude. Selon plusieurs témoignages, Atatürk aurait lui-même choisi de considérer le 19 mai comme sa date de naissance symbolique, en lien avec le début de la lutte pour l’indépendance. Une manière de relier son destin à celui de la nation.
A comme Atatürk, le fondateur de la République de Turquie
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