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À LA RENCONTRE DE NOS LECTEURS – Patricia Ruelleux: “On peut avoir plusieurs vies dans une seule vie!”

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 14/05/2015 à 22:05 | Mis à jour le 18/05/2015 à 09:54

Qui pourrait imaginer que derrière cette charmante jeune femme, bien connue dans la communauté francophone grâce à son activité de location sélective d'appartements à Cihangir, se cache une haut fonctionnaire de l'administration française ? Et pourtant, après 10 ans passés en France dans ce secteur prestigieux, elle quitte à 30 ans à peine une carrière toute tracée pour venir vivre à Istanbul une nouvelle expérience, pour exploiter d'autres facettes de sa personnalité, en un mot pour donner un sens supplémentaire à sa vie. Rencontre avec cette jeune femme brillante, spirituelle, qui possède plusieurs cordes à son arc...

Lepetitjournal.com d'Istanbul : Pouvez-vous nous raconter votre parcours jusqu'à votre arrivée à Istanbul ?

Patricia Ruelleux: Moitié bretonne, moitié alsacienne, j'ai étudié à Strasbourg où j'ai obtenu une licence d'administration publique. Suite à mon admission au concours national d'attachée de préfecture, lorsque j'avais 21 ans, j'ai d'abord travaillé à la préfecture d'Epinal où j'ai occupé les fonctions de chef de service des affaires européennes, puis à 24 ans j'ai obtenu le poste d'adjointe au chef de cabinet du préfet à Strasbourg, où je m'occupais entre autres de veiller à toute l'organisation logistique autour des déplacements de ministres dans la capitale européenne. J'ai occupé ce poste pendant quatre ans et à 27 ans, j'ai décidé de reprendre mes études pour préparer l'ENA pendant un an, car je savais depuis toujours qu'il me fallait tenter ce concours prestigieux pour avoir plus de marge de manoeuvre afin de faire avancer des projets ambitieux. Je n'ai pas réussi ce concours mais celui de l'INET (l'institut national des études territoriales) une école située à Strasbourg qui forme les hauts fonctionnaires des collectivités territoriales, c'est ainsi que je suis devenue administratrice territoriale de la fonction publique à 29 ans. Quelque temps après, j'ai obtenu mon premier poste au Conseil général de la Seine Saint Denis en tant que chef du service des affaires européennes; j'étais chargée de faire du lobbying à Bruxelles pour récupérer des fonds européens pour la Seine Saint Denis et pour la région parisienne et chargée de monter des projets de coopération. J'ai d'ailleurs initié un projet de coopération entre la Seine-Saint-Denis et le ministère de l'éducation nationale turc sur la thématique des élèves en difficulté et le décrochage scolaire dans les collèges et les lycées. Je suis très fière d'avoir trouvé des fonds pour mener à bien ce projet qui a ensuite continué sans moi puisque j'ai décidé quelque temps après de partir à Istanbul tenter une nouvelle aventure. C'est un choix qui peut paraître radical car j'ai quitté un poste pour lequel j'avais beaucoup investi, mais l'appel de cette ville extraordinaire, que j'avais découvert dans le cadre de mon engagement au sein de l'association des Jeunes Européens-Strasbourg a été plus fort. J'ai donc posé ma disponibilité pour partir vivre une expérience à l'étranger, prévue pour un an au départ.

Parlez-nous de ce premier voyage à Istanbul ? Quand a-t-il eu lieu ? Quelles ont été vos premières impressions ?

En parallèle à ma formation académique à l'INET à Strasbourg, j'étais très engagée au niveau associatif puisque j'étais membre d'une association ?Les jeunes européens?, association apolitique dont je suis devenue ensuite présidente. Nous y débattions de questions qui concernent l'Union européenne : Pourquoi l'Europe ? Pourquoi faut-il aller voter ? A quoi sert le Parlement européen ? La Turquie a-t-elle sa place dans l'Union européenne ? et c'est grâce à cette association que j'ai commencé à m'intéresser à la Turquie et à défendre passionnément l'entrée de la Turquie en Europe, sans y être jamais venue et sans même avoir d'amis turcs mais parce que je pensais à ce moment-là que la Turquie avait toute sa place en Europe et qu'il fallait soutenir cette idée moderne et rebelle à la fois. C'est ainsi qu'avec des membres actifs de l'association, nous avons décidé de venir par nous-mêmes à Istanbul, nous faire une idée concrète de ce pays pour lequel nous militions ! Et là comme pour beaucoup de Français avant moi, cela a été un Choc avec un grand C ! Je ne m'attendais pas du tout à voir ce que j'ai découvert, j'avais des idées préconcues sur la Turquie, et ce qui m'a fasciné dans cette ville d'Istanbul c'est qu'elle réunissait à elle seule tant de contrastes : contraste entre l'Orient et l'Occident, entre l'Islam et la laïcité... Pour moi, la force d'Istanbul, c'était la force du symbole. Le fait qu'il y ait cette coexistence de contrastes signifiait une coexistence possible des différences, et cette force d'Istanbul était pour moi porteuse d'espoir... Je me suis rendu compte que j'allais pouvoir exploiter dans cette ville d'autres facettes de ma personnalité et cette idée ne m'a jamais quittée une fois rentrée à Paris.

Depuis trois ans et demi maintenant, vous êtes installée pour de bon à Istanbul. Pouvez-vous revenir sur cette installation et sur l'activité que vous avez lancée ?

Une fois installée à Istanbul, mon premier objectif était d'apprendre le Turc, puis j'ai rapidement développé une activité de location d'appartements de vacances à destination des touristes qui visitent Istanbul. Je loue des appartements meublés pour quelques jours, à la semaine, au mois dans le quartier de Cihangir, un quartier que j'aime, que je connais très bien car j'y vis et je ne loue que des appartements dans lesquels je pourrais vivre. J'aime faire partager aux visiteurs mon expérience et ma connaissance de ce quartier aux très belles adresses, que je présente souvent comme le Montmartre stambouliote. Je sais d'avance que les touristes vont adorer ce quartier, vivant, vallonné, avec des petites terrasses, visuellement très beau, avec cerise sur le gâteau, des chats partout dans les rues ... Cette idée d'activité m'est venue presque naturellement car la première année, de nombreuses connaissances sont venues me voir à Istanbul, et elles me demandaient toutes de leur trouver un logement. En demandant à mes amis stambouliotes autour de moi s'ils avaient un appartement à louer, j'ai compris assez vite qu'il y avait un potentiel de développement professionnel dans le secteur et c'est ainsi que j'ai créé Myflatistanbul qui regroupe aujourd'hui un portefeuille d'une dizaine d'appartements de charme, et qui mobilise autour de moi une équipe d'agents d'entretiens. Créer cette activité s'est fait par hasard si l'on peut dire, sans pression, en prenant le temps, mais il faut savoir que diriger une entreprise qui repose sur le relationnel est un travail de longue haleine. Mon objectif aujourd'hui est de développer ma clientèle, en visant davantage la clientèle francophone, et ce en créant un club francophone des amoureux d'Istanbul. J'ai toujours aimé les ponts entre les pays, de part mon passé dans les affaires européennes et créer ce club serait comme une suite logique dans ma vie professionnelle et personnelle.

Vous êtes également professeur de yoga. Comment cette passion pour le yoga est-elle née ?

En vivant à Istanbul, ville qui m'attire et me charme tous les jours, où j'ai trouvé les valeurs qui comptent le plus à mes yeux : la liberté et le développement de soi-même, j'ai senti néanmoins qu'il me manquait deux choses essentielles pour être pleinement épanouie: le calme et la nature. J'ai commencé à me former au yoga en allant en Inde l'année dernière, dans un ashram à Goa, le Shri Kali, et depuis je commence tout doucement à enseigner le yoga en cours particuliers. Ma passion pour l'enseignement du yoga a commencé lorsque j'ai assisté l'an passé à un workshop organisé par une Turquo-Allemande qui a quitté le domaine de la finance pour consacrer toute sa vie au yoga. Et je me suis dit ?Pourquoi pas moi ??

Comment avez-vous connu lepetitjournal.com d'Istanbul ? Quelle est votre rubrique préférée?

Je n'arrive plus vraiment à me souvenir comment j'ai connu lepetitjournal.com d'Istanbul, il fait tellement partie de mon quotidien aujourd'hui mais si je cherche bien cela doit être depuis trois ans, lors de mon installation, en faisant des recherches sur les activités entre francophones à Istanbul. Ma rubrique préférée est sans conteste ?l'info pratique de la semaine? qui paraît tous les lundis, et je n'oublie jamais de relayer les bons plans pour mes locataires. J'utilise également votre média pour faire connaître mes activités à vos lecteurs, d'ailleurs je les invite à aller découvrir la page Facebook de Myflatistanbul.

Pour finir, qu'est-ce qui vous plaît ou vous déplaît dans cette ville ? Quelles sont vos bonnes adresses ?

Sans aucune hésitation les petits cafés de Cihangir ! Il y a ceux pour le petit déjeuner du matin comme Kahve 6, une de mes très bonnes adresses que je recommande, et aussi l'incontournable, celui de Firuz A?a kahvesi ou mosquée verte (pour les Français) pour un café à n'importe quelle heure de la journée. Pour diner, j'envoie mes visiteurs à Eleos sur Istiklal caddesi pour déguster des mezzes et du poisson avec une belle vue sur le Bosphore. Enfin pour aller se déconnecter de la ville et de son bruit qui est la seule chose qui me fatigue à Istanbul, je conseille le petit village de Garipçe sur la Mer Noire; c'est une de mes destinations préférées le week-end.

Propos recueillis par Meriem Draman (www.lepetitjournal.com/istanbul) vendredi 15 mai 2015

Sa page Facebook : https://www.facebook.com/MyFlatIstanbul

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