

La prise en charge des frais de scolarité pour les lycéens français scolarisés à l’étranger a été supprimée à la dernière rentrée. Pour compenser, une modification du dispositif de bourses scolaires est en marche. Une réunion d’information était organisée hier au Consulat général de France à Istanbul.

L’attribution des bourses pour les élèves français scolarisés dans le réseau français à l’étranger repose sur une équation complexe. Elle produit un quotient familial qui, selon sa valeur, octroie ou non une bourse à la famille. La réforme vise à modifier certains des critères de calcul de ce quotient pour la rentrée 2014. La déduction du montant des charges locatives ne sera notamment plus prise en compte. “C’est un changement important car ce n’était pas équitable. Ceux qui ont un loyer plus élevé paient généralement plus de charges. Ils étaient favorisés” explique Patricia Toujet.
Une réforme toujours en cours
“La prise en charge (PEC) des frais de scolarité pour tous les lycéens, sans considération de critères sociaux, n’était pas une bonne mesure. Cette réforme a pour but d’étendre le nombre de bénéficiaires. L’argent sera mieux réparti ” commente la responsable. “Sur 40 familles bénéficiaires de la PEC l’an dernier, seules quatre ou cinq ont fait une demande de bourse cette année”, renchérit-elle. Plus de 130 foyers ont pu percevoir des bourses en 2012, et plus de 20 nouveaux dossiers ont déjà été déposés cette année.
La réforme est en cours et les critères ne sont pas encore bien définis. L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) souhaite apporter d’autres modifications. La suppression de l’exclusion par le patrimoine immobilier est un combat qui pourrait voir le jour d’ici 2014. A l’heure actuelle, lorsqu’une famille détient plus de 200.000 euros de ce patrimoine, elle est exclue du système boursier. “Aujourd’hui, 200.000 euros, ça ne veut plus rien dire, même à Istanbul ” concède Patricia Toujet.
Lola Monset (http://www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 21 février 2013
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PAROLES DE PARENTS: Metne, mère de trois enfants scolarisés : “Pour l’instant je suis boursière à 100%, je ne paie pas les frais de scolarité. Je ne sais pas bien si ces nouveaux critères vont modifier mes droits. Ca me préoccupe beaucoup.” Pascal, père d’un enfant scolarisé : “Nous sommes boursiers à 20%. Nous payons environ 1.100 euros, bourses déduites, par trimestre au collège Pierre Loti pour mon fils qui est en 6ème. En plus, ce trimestre, j’ai payé en retard et j’ai dû payer 10% de majoration. Il faut ajouter environ 350 TL pour les transports et la demi-pension. Ca cartonne ! C’est pour ça qu’on n’est pas content. ” Carl, deux enfants scolarisés : “Nous ne sommes à Istanbul que depuis un an. C’est la première fois que nous faisons une demande de bourse. Mes deux enfants sont en 6ème. Pour la première rentrée, il y a un forfait à payer de 2.500 euros par enfant, une sorte de ticket d’entrée. Puis ça nous coûte entre 1.400 et 1.600 euros par trimestre pour chacun. Pour les Turcs, c’est plus cher encore.” |





















