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MUNICIPALES DU 30 MARS – Analyse de sondages : une victoire de l'AKP à l'ampleur incertaine

Par Lepetitjournal Istanbul | Publié le 23/02/2014 à 23:04 | Mis à jour le 08/02/2018 à 13:03

A cinq semaines des élections locales du 30 mars, les rares enquêtes d'intentions de vote publiées se contredisent, notamment sur le score de l'AKP (Parti de la justice et du développement). Systématiquement placé en tête, son score varie de 36,3 à 48,5%, dans un contexte marqué par des difficultés économiques et politiques.

Les élections locales, qui se déroulent en Turquie aux niveaux de la commune, de la province et du district, auront lieu le 30 mars 2014. Ce test électoral est le premier depuis les événements de Gezi et “l'opération anti-corruption” du 17 décembre. A quelques mois de la présidentielle d'août 2014, qui doit pour la première fois se tenir au suffrage universel direct et pour laquelle le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan ne cache pas son intérêt, l'importance de ce scrutin est cruciale. Or, les sondages d'intentions de vote sont rares. Le chercheur Jean Marcou s'étonne sur le site de l'Observatoire de la vie politique turque (OVIPOT) de cette relative absence d'enquêtes, en s'interrogeant sur l'éventualité d'une autocensure ou de pressions sur les instituts de sondages.

Les enquêtes publiées donnent par ailleurs des résultats contradictoires. Toutes placent l'AKP largement en tête, suivi par le CHP, le MHP et le BDP-HDP. Mais dans le cas du parti au pouvoir, les chiffres peuvent varier jusqu'à plus de douze points. Les sondages publiés le 31 janvier par Metropoll et par un mystérieux institut “Veritas” (dont les résultats ont été repris dans le quotidien Zaman du 2 février) s'accordent sur un score potentiel de l'AKP autour de 36%. Ces mêmes sondages font état d'importantes divergences quant aux résultats potentiels du CHP et du MHP.

METROPOLL, 31 janvier

NB : la catégorie des “indécis” désigne dans le cas du sondage Metropoll les personnes interrogées qui se déclarent indécises, celles qui n'ont pas souhaité donner de réponse et celles qui ont indiqué vouloir donner un vote protestataire sans citer de parti.

 

VERITAS / ZAMAN 2 février

Dans les sondages publiés le 2 février par ORC Araştırma dans son rapport mensuel et le 7 février par Denge Araştırma publiés par Hürhaber, les scores des trois principaux partis d'opposition ne changent pas significativement. En revanche, les estimations concernant le parti majoritaire sont nettement plus élevés que dans les précédentes enquêtes, réalisées elles aussi au cours du mois de janvier, puisqu'il recueillerait 45% voire même 48,5% des suffrages aux élections de mars prochain.

 

ORC ARAŞTIRMA, 2 février

 

DENGE ARAŞTIRMA / HÜRHABER, 7 février

 

Une première observation à faire quant à ces sondages concerne la présence (comme dans l'enquête réalisée par Metropoll, qui estime le score potentiel du CHP à seulement 23,6%) ou l'absence d'une catégorie “d'indécis”. Dans le cas des trois autres enquêtes, il est précisé que les absences de réponses ont été réparties entre les principaux partis. Les variations peuvent partiellement s'expliquer par ces différences de méthodologie. L'incertitude demeure cependant, moins sur le fait que l'AKP arrivera en tête que sur l'ampleur de son avance et sur les conséquences de ces résultats pour l'avenir politique du pays.

Les élections locales avaient marqué en 2009 le premier, et unique, reflux de l'AKP dans les urnes, avec une moyenne nationale de 38%. La présence de personnalités et d'enjeux locaux pourrait, cette année comme il y a cinq ans, aboutir à un tassement du niveau électoral du parti majoritaire (49% aux législatives de juin 2011). Menderes Çınar, professeur à la faculté de sciences politiques de l'Université Başkent d'Ankara, estime que “plus qu'une baisse de quelques points de pourcentage, la perte d'une grande ville comme Istanbul ou Ankara serait le signe d'un échec de l'AKP”.

Une autre analogie avec les résultats “décevants” de l'AKP en 2009 consiste, comme le relève le journaliste Michael Daventry sur son blog, en un horizon économique assombri. La récente chute de la livre turque, le resserrement du crédit international et la relevée des taux d'intérêts par la Banque centrale laissent prévoir un ralentissement de la croissance turque. Les résultats du parti au pouvoir pourraient s'en ressentir dans les urnes le 30 mars prochain.

Joseph Richard (www.lepetitjournal.com/istanbul) lundi 24 février 2014

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