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Le discours de Macron au Conseil de l'Europe provoque l'ire d'Ankara

Par Jonathan Grimmer | Publié le 03/10/2019 à 05:27 | Mis à jour le 03/10/2019 à 05:35
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« Un coq qui chante alors que ses pieds sont enfouis dans la boue. » C'est ainsi que Mevlut Cavusoglu a qualifié le Président français après que ce dernier a dénoncé le « recul de l'Etat de droit » en Turquie.

Moins de six mois après s'être attiré les foudres d'Ankara pour avoir créé la journée de commémoration du génocide arménien, Emmanuel Macron suscite à nouveau la colère des dirigeants turcs. Lors d'un discours prononcé devant l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (dont la Turquie fait partie et qui ne doit pas être confondu avec l'Union européenne), le Président français a mis en garde contre « la remise en causes des droits fondamentaux sur notre continent ». Et d'ajouter aussitôt : « En Turquie, où l'Etat de droit recule, où les procédures ouvertes contre les défenseurs des droits de l'Homme, des journalistes, des universitaires, doivent faire l'objet de toute notre vigilance. »

Des déclaration qui n'ont pas manqué de faire réagir le chef de la diplomatie turque. « L'attaque de Macron dépasse les bornes. […] Je le compare à un coq qui chante alors que ses pieds sont enfouis dans la boue », a fustigé Mevlut Cavusoglu. Précisant ce qu'il entendait par là, le ministre turc des Affaires étrangères a poursuivi :

« Le dernier pays, selon moi, à pouvoir donner des leçons à la Turquie en matière de droits de l'Homme est bien la France et son Président Macron [...] après le scandale Benalla et [...] la pression infligée par les services de renseignement français [...] sur les journalistes enquêtant sur les ventes d'armes à certains pays du Golfe [...] et lors des manifestations des Gilets jaunes, la force démesurée employée par la police française. »

« Moyen de pression »

Autre motif d'indignation pour Mevlut Cavusoglu, les propos d'Emmanuel Macron concernant la crise des migrants. Réagissant à une question de la représentante grecque, dans laquelle cette dernière assurait que les autorités turques laissaient, « voire encourageaient » les immigrés syriens à rejoindre la Grèce, l'ancien ministre de François Hollande a déclaré : « C'est un moyen de pression de la Turquie. Je n'entends pas que la bonne réponse soit de céder à la pression. En 2016 un accord signé avec la Turquie doit être respecté et ne suppose pas à ce stade de mesures additionnelles. En aucun cas notre agenda en Syrie doit être dicté par la pression turque. Et nous avons d'ailleurs des désaccords assumés sur le nord-est syrien avec la Turquie. » Une réponse indirecte faite à Ankara, qui réclame une aide supplémentaire de l'Union européenne pour contenir le flux de migrants syriens, ainsi que l'instauration d'une « zone de sécurité » dans le nord-est de la Syrie.

« Combien de réfugiés Macron a-t-il laissé entrer dans son pays ? », a répliqué Mevlut Cavusoglu, qui a également critiqué l'accueil fait par Paris en avril dernier à une délégation du FDS (Forces démocratiques syriennes), affilié au PYD (Parti de l'union démocratique), une organisation kurde qualifiée de terroriste par Ankara.

jonathan grimmer lepetitjournal istanbul journaliste

Jonathan Grimmer

Diplômé de l'IPJ Paris-Dauphine, passionné de littérature et d'échecs, j'ai pris la responsabilité de l’édition d’Istanbul de lepetitjournal.com en avril 2019 après avoir travaillé deux ans en France pour divers titres de la presse écrite.
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