Édition internationale

VERY VERY FRENCH – La musique malgré tout, pour “montrer qu’on est debout”

Écrit par Lepetitjournal Istanbul
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 19 novembre 2015

Demain, vendredi, débutera la troisième édition du festival XXF, Very Very French. Chargé de promouvoir les musiques actuelles françaises à Istanbul, il est organisé en collaboration par l'Institut français et la salle de concert Babylon jusqu'au 4 décembre. Lepetitjournal.com d'Istanbul s'est faufilé en coulisses pour prendre la température des deux côtés de l'organisation.

Lepetitjournal.com d'Istanbul : Very Very French, troisième édition. Comment s'est prise la décision de renouveler l'expérience? Quelles sont les particularités pour cette année? 

Matthieu Bardiaux, directeur de l'Institut français d'Istanbul : Le soutien aux industries culturelles françaises, notamment musicales et cinématographiques, fait partie du cahier des charges des Instituts français. Nous participons ainsi, à notre modeste mesure, à l'accompagnement et au développement international de la carrière des artistes invités. C'est un coup de pouce que nous leur donnons. Et quand le public est séduit, les groupes sont réinvités, sans notre aide cette fois, comme ce fut le cas encore récemment du groupe Moriarty par exemple.  

La particularité de cette année, c'est sans doute la grande diversité des styles musicaux proposés, qui se veut un reflet fidèle de la richesse et de l'éclectisme des musiques actuelles françaises. On citera dans le désordre : le mélange exquis de chansons espagnoles et de tango de l'excellent Plazia Francia (formé de Catherine Ringer et de deux membres de Gotan Project), l'électro-rock de Pony pony run run, l'envoutante fusion entre musique orientale et flamenco proposée par Renaud Garcia Fons et Derya Türkan, le hip-hop de Chinese Man, la  folk entrainante du duo Brigitte, ou encore l'électro de College. Il y en aura vraiment pour tous les goûts. Sans compter que trois de ces soirées se poursuivront tard dans la nuit avec les midnight sessions, animées par des DJs français.   

L'affiche du festival cette année présente en effet beaucoup de groupes célèbres. L'ambition affichée de ce festival pour les premières éditions était d'être un "découvreur de talent". Pensez-vous que cette troisième édition répond à cette prétention?

À l'exception de Chinese Man, qui s'est déjà produit en Turquie, les autres groupes n'y ont jamais joué. Ils ne jouissent donc pas de la même notoriété qu'en France, où ils sont effectivement célèbres. En Turquie, ils sont encore largement méconnus. Nous faisons donc le pari de la curiosité de la jeunesse turque. Et jusqu'à présent, cela a plutôt fonctionné, les groupes invités ayant rencontré un public enthousiaste et nombreux.

De quatre salles l'an dernier, le festival se tient désormais dans une seule salle. Quelle est la raison de ce changement?

Plusieurs raisons : le souci de simplification de la communication, la modernité du lieu (Babylon Bomonti), qui vient tout juste d'ouvrir, la qualité d'écoute et de dialogue de Babylon, qui est l'un des principaux organisateurs de concerts à Istanbul.

Souhaitez-vous ajouter quelque chose? 

Les concerts s'accompagneront bien évidemment d'une sécurité renforcée suite aux attentats de Paris, de telle sorte que le public soit en parfaite sécurité. Il nous parait essentiel aujourd'hui de montrer qu'on est debout, car ce n'est pas seulement le public parisien qui a été touché, c'est l'ensemble de nos valeurs, c'est le public stambouliote comme celui de Paris. J'espère qu'il sera au rendez-vous, tant pour l'intérêt intrinsèque des concerts proposés que pour afficher son soutien au dialogue des cultures en acte, que nous nous efforçons de promouvoir tout au long de l'année.

 

 Moriarty à Babylon Bomonti

 

La salle Babylon Bomonti à ?i?li accueille de nombreux concerts et événements culturels, dont le Very Very French festival qui existe depuis 2013. Qu'est-ce qui vous a convaincu, en tant que salle de concerts, de prolonger la collaboration cette année encore?

Elif Cemal, programmatrice à Babylon : L'idée est venue de l'Institut français, avec qui nous travaillons en collaboration depuis des années avec Babylon et Pozitif. Pour les concerts à Babylon ou les concerts/spectacles qui font partie d'autres évènements que l'on organise, l'Institut nous a toujours soutenus. Nous avons beaucoup travaillé ensemble, échangé des idées. Et même si nous n'avons pas réussi à les réaliser tout de suite, nous nous sommes lancés pour le XXF. Au début, ce festival organisait des concerts à plusieurs endroits d'Istanbul mais cette année, ils ont décidé de travailler avec un seul partenaire, Babylon. Et qui sait, dans les années à venir, on pourra toujours élargir le projet.

Babylon et l'Institut français travaillent donc ensemble depuis un certain temps. Cette collaboration est-elle enrichissante pour une salle de concert telle que Babylon?

Bien sûr ! En Turquie, ce n'est pas très facile de présenter aux gens des artistes nouveaux et d'espérer une vente de billets ?extraordinaire?. Les gens ne sont pas toujours prêts à acheter des billets pour les concerts qu'ils ne connaissent pas. Mais si vous leur présentez des choses nouvelles sous un certain concept, alors cela peut les fait changer d'avis, attiser leur curiosité. Nous programmons avec XXF les concerts que nous voudrions de toute façon programmer, sans pouvoir le faire pour des raisons commerciales. Les projets comme le XXF réussissent à produire un programme beaucoup plus riche et varié.

Chez Babylon, c'est notre tradition depuis la fondation de travailler avec des partenaires, d'introduire des musiques de cultures ou de pays différents. Le festival XXF est donc la meilleure occasion de faire découvrir aux gens la musique venant de France.

A part ce festival, avez-vous des exemples pour illustrer cette ambition d'ouverture culturelle?

Nous avons collaboré avec les instituts allemand et britannique : on organisait des collaborations entre les musiciens des deux pays et aussi, de temps en temps, avec des Italiens. Pour 2016, nous sommes en train de développer un projet avec les pays d'Europe du Nord : Norvège, Suède, Danemark et Islande.

Propos recueillis par Nolwenn Brossier (www.lepetitjournal.com/istanbul) jeudi 19 novembre 2015

Pour en savoir plus sur le Festival XXF, http://www.veryveryfrench.com/

Billets en vente sur biletix.com

Retours sur l'année 2014 et 2013

 

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Publié le 18 novembre 2015, mis à jour le 19 novembre 2015
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