Édition internationale

ISRAEL - Des élections sans passion

Cinq millions d'Israéliens sont appelés aux urnes aujourd'hui pour renouveler les 120 sièges de la Knesset. Sauf surprise, le parti du Premier ministre par intérim Ehud Olmert, donnélargement favori par les sondages, devrait obtenir le plus grand nombre de députés

Ehud Olmert est en passe de réussir son pari : s'affirmer, via les urnes, comme le successeur légitime d'Ariel Sharon (Photo : AFP)

A en croire les sondages, les jeux sont déjàfaits. Alors que cinq millions d'Israéliens doivent se rendre aux urnes aujourd'hui pour renouveler les 120 sièges de la Knesset, le parti Kadima ("En avant") du Premier ministre par intérim Ehud Olmert est d'ores et déjàdonnégagnant par l'ensemble des médias de l'Etat hébreu.
Selon les sondages les plus récents, le parti fondépar Ariel Sharon obtiendrait ainsi 36 sièges, contre 21 pour le parti travailliste (emmenépar Amir Peretz), 12 pour Israël Beiteinou (extrême droite russophone) et 11 pour le Shass (orthodoxe sépharade). Le Likoud, conduit par l'ancien Premier ministre Benyamin Netanyahu, ne récolterait pour sa part que 13 sièges, soit le pire score de son histoire. 
Si 22% des électeurs se déclaraient encore indécis hier, la victoire annoncée de Kadima semble donc acquise. Quant à Ehud Olmert, il est en passe de réussir son pari : faire du parti imaginépar Ariel Sharon la principale force politique israélienne, même en l'absence de ce dernier, plongédans un coma profond depuis son attaque cérébrale du 4 janvier;et surtout, ramener la balle politique israélienne au centre, après des années de bipartisme Likoud (droite) - part travailliste (gauche).
Le déblocage du processus de paix peu probable
Toutefois, cette mini-révolution politique ne devrait pas entraîner de réels changements pour la population israélienne. Selon les observateurs politiques, d'ailleurs, rarement élections législatives n'ont déclenchési peu d'enthousiasme dans l'Etat hébreu.
Cinq ans après le déclenchement de la seconde Intifada et deux mois après la victoire surprise du Hamas aux législatives palestiniennes, peu de personnes croient en effet en un déblocage du processus de paix. Et le "plan de consolidation"territorial proposépar Ehud Olmert ne constitue pour beaucoup qu'un pis-aller.
"Aujourd'hui, on a le choix entre ne rien faire et se laisser entraîner dans une guerre sans fin (...) ou trouver un mode de séparation avec les Palestiniens sans renoncer en rien àla sécurité", a assuréle Premier ministre, dont le programme prévoit, en cas d'échec des négociations, de fixer les frontières permanentes d'Israël d'ici 2010, en abandonnant les colonies les plus isolées mais en renforçant les autres. Un chemin qui s'annonce déjàlong et seméd'embûches.
Valentin BONTEMPS. (LPJ ) 28 mars 2006 

Le Hamas prêt au dialogue ?
Le Premier ministre palestinien désigné, Ismaïl Haniyeh, a lancéhier un appel au dialogue avec la communautéinternationale en vue d'un règlement du conflit israélo-palestinien. Lors de son discours d'investiture, Ismail Haniyeh a assuréque son gouvernement était "prêt àdialoguer avec le Quartette (Etats-Unis, UE, Russie, Onu) des moyens de mettre fin au conflit et d'instaurer le calme dans la région". Le futur chef du gouvernement palestinien (son investiture doit avoir lieu aujourd'hui) n'a pas reniépour autant les revendications du Hamas, citant "le droit du peuple palestinien àse défendre face àl'occupation (?) et àpoursuivre la lutte pour la création d'un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale". Réagissant àce discours, l'Union européenne a assuréqu'elle ne "tournerait pas le dos"au peuple palestinien. Israël, de son côté, a qualifiéde "paroles en l'air"ce discours, Washington, de son côté, n'a pas réagi. (LPJ - 28 mars 2006)

Lire aussi :
Libération, Israël aux urnes pour l'après-Sharon
Le Monde, Israël : la future frontière pour horizon
Le Nouvel Obs, Ce sera Olmert, mais avec qui ?
Le Figaro, La droite traverse une crise profonde

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.