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À la rencontre de femmes expatriées à Hong Kong

Par Stéphanie Stiernon | Publié le 07/03/2019 à 13:00 | Mis à jour le 08/03/2019 à 10:55
Photo : Laetitia Mergui, Madeline Progin et Alexia Stapels (de gauche à droite)
Expatriation femmes Laetitia Mergui, Madeline Progin et Alexia Stapels

La journée internationale des droits des femmes offre l’occasion de mettre sur le devant de la scène ces femmes expatriées à la conquête d’un nouveau pays. Elles sont nombreuses et vivent chacune cette expérience à leur façon. Le Petit Journal en a rencontré trois, une Française, une Suisse et une Belge. Elles répondent à nos questions.

L’expatriation est un défi: difficulté ou opportunité? Nous verrons à travers l’histoire de ces trois femmes que l’énergie de cette ville peut faire soulever des montagnes et traverser des mers mais aussi créer des obstacles difficiles à surmonter. 

Laetitia, Madeline et Alexia ont répondu à nos questions. Respectivement regional managing director chez Chloé, directrice d'une librairie et fashion stylist, ces 3 femmes, mères, épouses et passionnées par leur travail racontent. 

Propos recueillis par Stéphanie Stiernon

Qu’est-ce l’expatriation vous a apporté en tant que femme?

Laetitia
Arriver de Paris à Hong Kong en 2008 m’a donné un nouveau souffle au niveau personnel et professionnel. Déménager à l’étranger fut un choix de couple. J'ai eu la chance de n'avoir pas subi l’expatriation car j’étais actrice de la décision. L’environnement anglo-saxon, plus ouvert aux évolutions de carrière était une aubaine en termes d’opportunités. 

Madeline
Mon atterrissage à Hong Kong en 1979 pour rejoindre mon mari expatrié fut un choc. Cette ville, pleine d’énergie, est faite pour avoir une activité. Rester à la maison ne me convenait absolument pas.  Après 10 ans, j’ai fini par réaliser mon rêve, celui d’avoir une libraire. J’ai repris la libraire française Parenthèses en 1989. Elle m’a offert une identité, l’opportunité de rencontrer des gens et surtout d’apporter une contribution à la communauté, un quelque chose en plus. 

Alexia 
Au niveau personnel, ce fut l’expérience la plus enrichissante de ma vie. Je suis entrepreneuse et femme d’entrepreneur. Nous sommes venus à Hong Kong il y a 5 ans pour lancer nos entreprises. Nous vivons la pression quotidienne liée à l’entrepreneuriat qui apporte son lot de stress et de bons côtés, notamment celle d’être solidaire et unis dans notre couple. Je suis heureuse d’avoir offert cet apprentissage à mes filles qui parlent aujourd’hui 3 langues. 

Quels sont les difficultés et avantages pour une femme expatriée à Hong Kong? 

Laetitia
Je n’y vois que des avantages. Je trouve que la Chine, sans doute par son histoire récente, est de manière surprenante plus égalitaire qu’en Occident. Ici, l’autorité d'une femme à la maison ou au travail est respectée et acceptée, sans préjugés péjoratifs. La présence des helpers à Hong Kong joue également un rôle prépondérant dans l’équilibre familial. Je terminerai quand même sur une difficulté, ou plutôt un challenge personnel à relever: réussir l’intégration de mes enfants, français nés à Hong Kong qui jonglent sur l'apprentissage de quatre langues. Ne seront-ils jamais considérés comme ‘locaux’ alors qu’ils sont nés ici, parlent la langue et apprennent la culture? 

Madeline
Les femmes d’aujourd’hui sont de plus en plus l’expatriée du couple, la question est alors différente. Dans le cas où la femme accompagne, la difficulté majeure reste de se réaliser. Tout quitter, y compris son travail, reconstruire sa vie pour parfois repartir quelques années après. C’est une situation compliquée. Pour les femmes qui travaillent, Hong Kong est une terre d’accueil. Je viens d’un petit village en Suisse où les femmes doivent rester à la maison et s’occuper des enfants. Ici, la femme est valorisée par son travail dans un climat de sécurité, sans jugement et avec de l’aide pour s’occuper du foyer. Je fais partie de la première génération de féministes. Je me suis battue pour le droit de vote des femmes, j’avais 18 ans en 1971 quand elles l’ont obtenu en Suisse.  

Alexia 
Mes challenges principaux sont a priori sans surprise. Trouver un équilibre entre vie privée et vie professionnelle, entre mes filles et mes projets demandant parfois 100% de mon attention. Mon métier est ma passion. La distance avec ma famille qui vit en Belgique est difficile et le fut particulièrement à la naissance de ma deuxième fille. Et finalement le coût de la vie à Hong Kong, surtout pour deux entrepreneurs. Le grand avantage de cette ville est l’aide disponible et précieuse qu’on peut avoir à la maison. 

Quels sont vos projets? 

Laetitia
Professionnellement, je souhaite continuer à développer la marque Chloé en Asie. J’ai intégré la maison il y a moins d’un an, je suis occupée à recruter une équipe solide et à communiquer activement au sujet de la marque au sein de la région APAC que je couvre. A titre personnel, je rêve de continuer à voyager pour découvrir de nouveaux pays et trouver de nouvelles inspirations. Les prochaines destinations sur ma liste sont la Birmanie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Madeline
Je souhaite que la libraire continue d’exister le jour où je me retirerai de cette belle aventure. Les challenges sont nombreux pour une librairie indépendante. La concurrence féroce de géants comme Amazon, les loyers toujours plus élevés à Hong Kong et le changement d’habitudes des lecteurs qui passent au numérique. De mon côté, j’aimerais pouvoir rester le plus longtemps possible dans cette ville, dans laquelle ma fille est née et vit toujours. 

Alexia 
Partir à la recherche d’une nouvelle expatriation ! J’ai eu la chance de pouvoir lancer mon activité de fashion stylist à Hong Kong et de m’épanouir pleinement. J’espère pouvoir continuer ailleurs. Je tire une grande satisfaction quand j’observe une transformation chez mes clients, aussi bien physique que mentale après seulement quelques consultations. Si la société et particulièrement Hong Kong pousse à la consommation, j’aime prôner le « less is more », éduquer mes clients à avoir une garde-robe équilibrée, penser à l’environnement et organiser les petits espaces. 

Qui sont vos muses ?

Laetitia
Je suis inspirée par ces nouveaux modèles de leaders féminins qui parviennent à bousculer les codes et changer les mentalités. 

Michelle Obama incarne totalement ce nouveau type de leadership féminin. Elle est arrivée à imposer  une nouvelle forme d'aura naturelle, moderne et féminine notamment au sein des communautés afro-américaines aux Etats-Unis. J’admire aussi Delphine Horvilleur, une des très rares femme rabbin en France, qui est parvenue à se faire accepter dans un monde masculin et ultra conservateur grâce à son leadership et son intelligence. Elle contribue à moderniser la vision traditionnelle du leadership religieux. 

Madeline
Les héroïnes des livres qui m’ont fait voyager depuis ma tendre enfance, en commençant par celles du Club des cinq. Ensuite viendront Alexandra David-Neel, une exploratrice belgo française incroyable, la première européenne à avoir séjourné à Lhassa et Ella Maillart, une aventurière suisse au parcours impressionnant qui a obtenu de nombreuses distinctions dans des domaines très différents. Et finalement ces féministes des années 1970 qui ont baigné ma jeunesse, Benoîte Groult, Simone de Beauvoir et toutes celles qui ont participé au MLF ou aux Editions des femmes. 

Alexia 
Aucune en particulier mais j’aime m’entourer de femmes que j’aime, que j’admire et qui m’apportent beaucoup. Je prends chez ces femmes ce dont j’ai besoin qui m’aide à me rendre meilleure. C’est à Hong Kong que j’ai créé des liens amicaux incroyables. Des amitiés qui repartiront avec moi. 

 

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Stéphanie Stiernon

Stéphanie Stiernon

Journaliste Freelance après 12 ans dans le secteur bancaire, au contact des entreprises et du commerce international. Passionnée par l’actualité générale, l’économie, la politique, Stéphanie est avide d’apprendre et désireuse de partager.
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