En décembre 2025, un duplex de prestige situé à Mid-Levels s’est vendu pour près de HK$880 millions (environ 113 millions USD), établissant un nouveau record pour un appartement résidentiel à Hong Kong. Au-delà de la performance spectaculaire, cette transaction a été perçue par de nombreux observateurs comme un signal fort : après plusieurs années de correction, le marché immobilier hongkongais montre des signes tangibles de redressement. En ce début d’année 2026, les indicateurs confirment cette inflexion. Après une baisse cumulée d’environ 30 % des prix résidentiels depuis le sommet de 2021, le marché a renoué avec une progression annuelle en 2025, tandis que les loyers ont poursuivi leur hausse. Cette stabilisation progressive alimente désormais les débats sur la nature et la durabilité de la reprise, dans un environnement économique et financier jugé plus lisible qu’au cours des années précédentes.


Des anticipations de hausse mesurée
Pour l’année en cours, la majorité des cabinets immobiliers évoque une hausse graduelle plutôt qu’un rebond spectaculaire. Les prix résidentiels pourraient ainsi progresser de quelques points de pourcentage, avec des écarts notables selon les segments et les localisations. Le marché dit mass market, qui constitue le cœur du parc résidentiel, bénéficie d’un regain d’activité soutenu par des conditions de financement plus stables et une demande locale plus résiliente.
Le marché locatif demeure, lui aussi, particulièrement dynamique. À la fin de 2025, les loyers résidentiels ont atteint des niveaux historiquement élevés, avec une progression annuelle estimée entre 4 et 6 %. Cette tension reflète à la fois la contrainte persistante sur l’offre et une demande soutenue pour les biens de qualité, en particulier dans les quartiers centraux. Les logements spacieux et bien situés continuent de concentrer l’essentiel de l’intérêt, renforçant la sélectivité du marché.
De nouveaux profils d’occupants
La reprise observée sur le marché résidentiel et locatif s’accompagne d’une évolution notable de la structure de la demande. En 2025, les prix des logements privés ont enregistré une progression annuelle estimée autour de 3 %, un retournement symbolique. Dans le même temps, les loyers résidentiels ont poursuivi leur progression, atteignant des niveaux historiquement élevés.
Si Hong Kong demeure une destination clé pour les expatriés internationaux, le profil des acheteurs et des occupants évolue progressivement. Aux côtés des expatriés occidentaux et des cadres internationaux traditionnellement présents sur le territoire, la demande en provenance de Chine continentale reste un facteur visible. Selon les estimations du secteur, les acheteurs du Mainland représentent une part comprise entre 15 % et 25 % des acquisitions sur certains segments résidentiels, avec une concentration plus marquée sur le haut de gamme et les biens d’investissement.
Cette présence contribue à soutenir la demande, tant à l’achat qu’à la location, en particulier pour les appartements spacieux et récents. Hong Kong conserve en effet un attrait stratégique pour les investisseurs et ménages du Mainland en raison de son cadre financier et juridique distinct, de sa liquidité et de son rôle de place internationale. Pour autant, les professionnels rappellent que la reprise actuelle ne saurait être attribuée à un seul moteur. La stabilisation des taux d’intérêt, l’amélioration des conditions de financement et le retour progressif de la confiance participent également à la dynamique observée.
Une reprise encore très sélective
Si la tendance générale s’améliore, le marché reste profondément polarisé. Les biens bien localisés et en bon état captent l’essentiel de la demande, tandis que les logements moins attractifs continuent d’enregistrer des négociations plus prudentes. Cette sélectivité accrue reflète un changement durable du comportement des acheteurs et des locataires, désormais plus attentifs au rapport qualité-prix et aux caractéristiques intrinsèques des biens. Une évolution qui dépasse d’ailleurs la seule question des prix. Au-delà des fluctuations du marché, l’immobilier hongkongais semble entrer dans une phase de recomposition plus large, où l’évolution des profils de résidents, la transformation des modes de travail et les dynamiques régionales redessinent progressivement les équilibres traditionnels. En ce début de 2026, une certitude demeure : Hong Kong reste un marché extrêmement sensible aux mouvements de capitaux et aux dynamiques démographiques.
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