Samedi 5 décembre 2020
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Élection US: Carrie Lam espère une levée des sanctions pour Hong Kong

Par Didier Pujol | Publié le 08/11/2020 à 12:22 | Mis à jour le 08/11/2020 à 15:44
joe biden hong kong

En visite à Pékin ce Vendredi, la Chief Executive de Hong Kong Carrie Lam s’est exprimée au sujet des élections américaines, avant même que ne soit connu le prochain président des Etats Unis, souhaitant que celui-ci "n’interfère pas dans les affaires de Hong Kong"

Sanctions contre des officiels

Suite à la passation des lois de Sécurité Nationale, les Etats Unis ont en effet retiré à Hong Kong son statut commercial spécial, exonérant les échanges de droits de douanes. Depuis, également, des sanctions contre les officiels impliqués dans la répression des manifestations pro-démocratie ont été appliquées, empêchant les sociétés américaines d’engager des transactions avec elles. Cela englobe dans le cas de Carrie Lam l’usage des services Visa pour ses transactions bancaires et le gel d’opérations immobilières aux Etats Unis pour certains de ses ministres. Vendredi, la dirigeante jugeait "totalement excessives" ces mesures, espérant "un retour à la normale" et que "la relation soit basée sur le respect mutuel et la coopération."

Fin du statut commercial spécial 

Courant juillet, le président Trump a indiqué que Hong Kong serait désormais traitée commercialement "comme le reste de la Chine, sans aucun avantage ou statut commercial particulier ni possibilité d’exporter des technologies sensibles." Cette action s’est accompagnée de la ratification du Hong Kong Autonomy Act prévoyant des sanctions contre les banques chinoises et les personnes impliquées dans la mise en place des mesures allant à l’encontre des accords de rétrocession de 1997 comme la loi de sécurité nationale imposée unilatéralement par la Chine. De ce point de vue, l’administration Trump s’était aussi prononcée récemment pour la fin de l’appellation distinctive "Made in Hong Kong", estimant que Hong Kong était rentrée à tout point de vue dans le giron de la Chine et ne pouvait plus prétendre à un label dérogatoire.

Déclarations de Joe Biden 

Désormais officiellement désigné comme le prochain président des Etats Unis après avoir ce Dimanche obtenu 290 sièges, et donc dépassé le seuil d’éligibilité de 270, Joe Biden a déclaré, en parlant du peuple américain: "Il est temps de mettre de côté la rhétorique violente, de faire baisser la température, de se revoir." Cette déclaration vaut-elle aussi pour la Chine? Rien n'est moins sûr. En effet, s’il diffère dans la méthode, celui qui est en passe de devenir le plus vieux président élu de l’histoire des Etats Unis à 77 ans, n’en condamne pas moins les actions de répression de la part du régime de Pékin.

Celui-ci a indiqué vouloir rechercher des alliances régionales comme avec l’Inde ou le Japon pour faire pression sur la Chine, plutôt que rechercher un affrontement direct et unilatéral.

Pour autant, les démocrates n’en ont pas pour autant milité majoritairement pour le vote du Hong Kong Human Rights and Democracy Act et plus récemment du Uyghur Human Rights Policy Act, prévoyant des sanctions contre les officiels chinois impliqués dans la répression.

Questions intérieures avant tout

Face à la crise sanitaire au sujet de laquelle Joe Biden a déclaré que "la première tâche sera de contrôler le Covid" et à la tension sociale, les Etats Unis pourraient bien se recentrer prioritairement sur les questions intérieures au détriment des relations internationales. La politique vindicative de Donald Trump vis à vis de la Chine pourrait donc laisser la place dans un premier temps à une position plus attentiste.

Mais il y a peu de chance à court terme que Hong Kong et Madame Lam ne récupèrent leurs avantages antérieurs comme demandé ce Vendredi, sans qu’il y ait de concessions de faites. Au sujet des revendications territoriales de la Chine en Mer de Chine Méridionale ou de Taïwan, par contre, le prochain locataire de la Maison Blanche semble beaucoup plus enclin à la désescalade, verbale tout du moins. Reste à voir si des mouvements militaires, qui pourraient bien avoir lieu pour tester la nouvelle administration, ne changent cette situation.

 

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Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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