Christophe Maquet: "Veolia est engagé pour l'économie circulaire en Asie"

Par Didier Pujol | Publié le 23/02/2022 à 12:15 | Mis à jour le 24/02/2022 à 11:41
Photo : @Veolia
christophe maquet veolia asie

Avec 180.000 collaborateurs dans le monde et une présence importante à Hong Kong où travaillent près de 1.000 personnes, le groupe français Veolia est leader de la gestion des ressources et des déchets. Directeur de la zone Asie Pacifique, Christophe Maquet a bien voulu répondre aux questions de notre journal sur son propre parcours mais aussi les défis et engagements de ce groupe pour la planète.

 

"80% de mon parcours est à l'international"

Vous avez un parcours international qui passe par le Japon, le Moyen Orient et l’Asie. Pouvez-vous nous en parler un peu ?

En effet depuis mon arrivée chez Veolia en 2004, j’ai passé 80% de mon temps à l’international ou en travaillant sur des projets internationaux. J’ai aussi changé de fonctions, entre la finance, le commercial, la gestion de projet ou de centre de profit. En 2007, je suis parti à Dubaï comme directeur financier de la filiale énergie locale Dalkia puis comme Directeur du Développement et de centre de profit. Au bout de six ans au Moyen Orient, je suis parti une première fois à Hong Kong en 2013 pour superviser l’activité Grand Projets de Dalkia sur le Moyen Orient et l’Asie du Sud Est. Dalkia International a fusionné en 2014 avec Veolia et j’ai pris la direction des activités Energie de Veolia pour l’Asie hors Chine (Japon, Corée, Hong Kong et Asie du Sud-Est). En 2017, je suis parti au Japon pour piloter l’ensemble des activités industrielles du groupe dans ce pays. En 2019, je suis revenu en France pour gérer la zone Afrique et Moyen Orient, soit une 15aine de pays. Enfin en avril 2021, j’ai pris mon poste actuel à Hong Kong en charge de l’Asie d’abord, puis de la zone Asie Pacifique dont l’Australie et la Nouvelle Zélande, début 2022.

 

"Veolia est le leader sur la transformation écologique"

Veolia est une entreprise planétaire. Pouvez-vous nous rappeler quelles sont ses activités dans le monde et en particulier en Asie ?

Le groupe Veolia (hors Suez en cours d’intégration) est le leader mondial de la transformation écologique avec 180000 employés présents dans une 40aine pays, avec pour ambition de changer la donne dans la gestion de l’eau, la gestion des déchets et de l’énergie. Grâce à ces trois métiers complémentaires, nous aidons à gérer l’accès aux ressources et préserver les ressources disponibles, voire à les renouveler dans le cadre de programmes d’économie circulaire. En Asie, nous intervenons sur l’ensemble des métiers du groupe pour nos clients industriels et municipaux , villes ou provinces pour répondre à leurs objectifs de croissance, développement durable et de plus en plus de décarbonisation de leurs activités. Par exemple, nous intervenons sur le traitement des eaux usées et leur réutilisation à des fins agricoles, industrielles ou de production d’eau potable. Nous travaillons aussi au traitement des déchets dangereux toxiques, dit déchets spéciaux ou encore au recyclage des plastiques pour lesquels nous avons plusieurs usines en Asie. Nous réalisons aussi des boucles locales d’énergie, à savoir des réseaux de froid ou de chaleur comme à Kai Tak et nous travaillons à la réduction des émissions de CO2  pour nos clients industriels, par la récupération ou la préservation de leurs ressources.

 

"Nos collaborateurs sont notre meilleur actif"

Comment êtes-vous organisés pour favoriser les parcours de mobilité et l’adaptation culturelle ?

Le cœur de métier de Veolia est le service, et notre principal actif est les hommes et les femmes présents dans les pays où nous sommes représentés. Nous cherchons bien évidemment à développer cet actif en augmentant les compétences de nos employés grâce à de nombreux programmes de formation qui constituent la pierre angulaire de la croissance de Veolia. Cela passe par une forte politique de mobilité interne à la fois fonctionnelle et géographique, symbolisée par une plateforme mondiale de diffusion des postes vacants pilotée par une RH indépendante avec des managers dédiés  et des employés qui postulent directement. Ici en Asie, nous avons doublé notre présence en un peu plus de 5 ans, ce qui ne peut se faire qu’en faisant évoluer et permettre à l’ensemble de nos salariés locaux de monter en compétence pour être hongkongais à Hong Kong, japonais au Japon, et avoir une présence stable dans les différents pays, ce qui est indispensable puisque nos contrats sont sur 15, 20 ou 30 ans. De même, nous attachons beaucoup d’importance à l’adaptation culturelle des collaborateurs  venant d’un pays dans un autre, en travaillant autour d’un socle commun. Ce socle commun, qui s’applique à l’ensemble des pays où nous sommes présents, est ce que nous appelons notre « raison d’être », qui vise à contribuer au progrès humain afin de parvenir à un avenir meilleur et durable pour tous, et promeut 5 valeurs communes à l’ensemble du groupe qui sont la solidarité, le sens du client, la responsabilité, le respect et l’innovation.

 

"A Hong Kong, le T-Park allie recyclage et éducation"

Veolia a récemment construit une centrale de retraitement des déchets à Hong Kong. Quel est l’objectif de cet ouvrage et quels ont été les défis liés à sa réalisation ?

A Hong Kong, nous gérons le site d’écospace depuis plus de 20 ans pour le compte de l’EPD, à proximité du port, que nous allons moderniser grâce à une nouvelle unité de valorisation énergétique. A T-Park, nous avons une station de traitement et de valorisation des boues, dans le secteur des parcs à huitres de Hong Kong, dans laquelle, nous brûlons les boues pour en retirer de l’énergie pour partie réutilisée dans l’usine de valorisation énergétique (UVE) et pour partie redistribuée dans le réseau sous forme d’électricité décarbonée à raison d’environ 2 MegaWatts. Ce projet comprend un volet d’ouverture au public à des fins éducatives pour sensibiliser les écoles à la préservation de l’environnement, en présentant le cycle de l’eau, la transformation des déchets en énergie, le fonctionnement d’un four, etc… il y a aussi un volet récréatif avec un spa qui fonctionne en période hors Covid grâce à l’énergie produite à partir des déchets. Ceci est un bel exemple de pédagogie et d’éducation à l’économie circulaire, répondant à la fois à une volonté des pouvoirs publics à Hong Kong et aux préoccupations de notre groupe.

 

"Nous accompagnons nos clients dans le développement durable"

Votre groupe est particulièrement engagé dans la sauvegarde de l’environnement. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

La préservation de l’environnement est l’ADN de Veolia depuis 170 ans et consiste aujourd’hui à soutenir nos clients municipaux et industriels dans leurs démarches de développement durable et de décarbonation. Nos KPI, compris dans notre raison d’être, sont répartis en 5 parties prenantes : nos salariés, nos actionnaires, nos clients, la planète et la société. Notre objectif est de s’assurer que nous sommes autant performants vis-à-vis de ces 5 parties prenantes sans que l’une ne soit favorisée par rapport à l’autre. Concernant la planète, la préservation de l’environnement passe par la contribution concrète de Veolia dans la lutte contre le changement climatique. Par exemple, dans le projet du centre d’enfouissement de NENT (North East New Territories) que nous venons de remporter à Hong Kong, nous avons proposé de capter une partie du gaz et de le transformer en bio-gaz à usage de consommation, pour effacer une partie du C02 produit par la ville. Ensuite, nous nous engageons à la mise en place d’ programme d’économie circulaire sur les rejets de plastiques liés aux usines Veolia dans le monde représentant entre 550 et 600 000 tonnes de plastique recyclé. Ainsi, en Chine continentale, plusieurs usines recyclent le polyéthylène et le PET en matériaux réutilisés dans l’industrie textile, de l’emballage ou de l’automobile. Enfin, nous sommes engagés sur la protection de la biodiversité sur 120 sites dans le monde pour réduire l’empreinte environnementale et améliorer la biodiversité de sites comme pour une raffinerie de SINOPEC à Yanshan, en Chine. Sur ce site, dont nous gérons le cycle de l’eau, nous avons réhabilité grâce à l’eau réutilisée une zone de 8 hectares pour en faire un parc écologique, vivier pour la faune, aujourd’hui ouvert au public. La gestion durable de l'eau constitue un dernier indicateur crucial que nous mesurons à travers l’efficacité des réseaux de distribution en eau potable que nous gérons avec un objectif global de rendement de réseau de 77%.

Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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