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Naoual, volontaire de la Francophonie au Vietnam lors du Covid-19

Par Amélie Huynh Le Maux | Publié le 23/10/2020 à 11:55 | Mis à jour le 23/10/2020 à 20:25

Lepetitjournal.com a échangé avec Naoual Es-Smaki, jeune femme marocaine de 32 ans, qui vient de terminer sa mission en tant qu’enseignante de la langue française à l’université de Hanoï. Ce voyage au Vietnam était son premier déplacement à l’international. Elle nous raconte sa découverte de la culture et comment le Covid-19 a impacté sa pédagogie.
 

Naoual est originaire de Taza, une petite ville située au nord-est du Maroc. A l’âge de 31 ans, elle a quitté pour la première fois son pays et parcouru plus de 11 000 km pour venir enseigner au Vietnam. Titulaire d’un master professionnel en tourisme et développement, elle était déjà très impliquée dans le monde associatif, plus particulièrement dans l’enseignement de la langue française.

Dans le cadre du projet de volontariat de l’Organisation Internationale de la Francophonie, elle a été affectée au Vietnam en 2019, pour une durée d’un an. Lepetitjournal.com a pu s’entretenir avec elle après son retour au Maroc, en pleine crise du coronavirus. Installée confortablement dans un salon marocain, sur fond de musique traditionnelle vietnamienne, elle a partagé ses impressions sur le « pays du dragon ».
 

Vous nous avez expliqué que c’est votre première expérience à l’international. Pourquoi avoir choisi le Vietnam ? 

Pour être honnête, je n’ai pas spécifiquement choisi le Vietnam. Je suis tombée sur une annonce sur les réseaux sociaux qui m’a tout de suite attirée. J’ai passé un entretien écrit et oral à Rabat, puis suivi une formation sur l’interculturalité à Paris. Finalement, ma première expérience à l’étranger a été la France !

Ainsi, le Vietnam n’était pas un choix, mais une opportunité. Le poste proposé me permettait d’assouvir ma passion de l’enseignement, mon intérêt pour la francophonie et de voyager pour la première fois hors du Maroc. Le Vietnam ne faisait pas forcément partie de la liste des pays que je rêve de visiter. Cependant, je crois au destin et je suis très heureuse d’avoir pu découvrir le « pays du dragon ».
 

Le Vietnam est souvent décrit par les étrangers comme un pays qui réserve chaque jour une surprise. Quels sont les aspects qui vous ont le plus surpris dans la vie et la culture vietnamienne, en comparaison avec le Maroc par exemple ?

Le Vietnam est un pays très impressionnant. Tout d’abord pour ses nombreuse différences avec la culture marocaine. Un très bon exemple est l’utilisation des baguettes, qui m’a choquée, si l’on peut dire. Au Maroc, nous mangeons avec les mains et nous n’utilisons que la main droite, surtout pas la gauche ! En revanche, nous avons en commun l’importance de la famille et des coutumes.

L’aspect qui m’a le plus attiré est la spiritualité que l’on trouve au Vietnam. Les Vietnamiens paraissent être un peuple qui vit en paix. Ils sont calmes, peu stressés et  toujours souriants. J’ai aussi beaucoup apprécié leur exercices physiques quotidiens, comme le yoga tôt dans les parcs. Il m’a semblé que les Vietnamiens pratiquent le sport à chaque minute et qu’ils dansent tout le temps !
 

Comment décririez-vous votre expérience avec vos étudiants et  collègues vietnamiens en termes relationnel et éducationnel ?

C’était une expérience exceptionnelle ! Les étudiants étaient âgés de 18 à 20 ans et apprenaient la langue française à l’université de Hanoï. Ils étaient adorables, sympathiques et respectueux des professeurs. J’ai été impressionnée par leur sérieux, ainsi que par leur niveau d’éducation. J’ai aussi adoré rire avec ces jeunes, qui aiment danser et chanter du karaoké à la pause. Notre relation était basée sur l’amitié, avec un soupçon de rigueur.

Concernant mes collègues, j’ai surtout créé des amitiés avec mes collègues internationaux. Mes collègues locaux étaient plus discrets et échangeaient principalement en vietnamien. Cela m’a un peu dérangée au début, mais je le comprenais aussi car c’est leur langue natale. Malgré tout, j’ai appris beaucoup d’eux, comme leur amour du travail ou leur organisation. C’est si différent de ce que je connais au Maroc ! Je suppose que c’est cela qui rend le développement du pays si remarquable.
 

Les cinq derniers mois de votre volontariat ont été fortement impactés par le Covid-19. Pouvez-vous nous expliquer comment cela a affecté votre enseignement et votre vie quotidienne ?

Cette crise internationale a, bien sûr, eu des répercussions négatives sur mon enseignement. Le contact humain avec les élèves m’a beaucoup manqué, d’autant plus qu’il est important pour un bon apprentissage. Par exemple, j’adore faire de l’humour afin de me faire comprendre plus facilement. Cette absence d’interaction a été d’autant plus difficile que je m’ennuyais beaucoup au quotidien. En effet, j’avais pris l’habitude de voyager toutes les semaines afin de découvrir le Vietnam.

Je devais gérer quatre classes en ligne, composées de 17 à 30 étudiants. Les cours en ligne m’ont demandé plus d’effort car il a fallu adapter le rythme aux étudiants. Ceux-ci avaient beaucoup de difficultés à tenir quatre heures par jour de classe virtuelle, comme programmé au départ. De plus, nous avions une mauvaise connexion internet. J’ai été très stressée par l’impact que cela avait sur mon efficacité, ainsi que par le cumul de travail et la non-maîtrise du suivi pédagogique. 

D’un autre côté, cela a été un apprentissage positif et une expérience enrichissante. Le travail en ligne a été une occasion en or pour  m’initier à des outils technologiques. J’ai aussi amélioré la planification de l’apprentissage pour les étudiants. Le fait de devoir interagir via des canaux de communication variés a également été enrichissant. Personnellement, j’ai appris à apprécier à passer du temps seule à la maison et à cuisiner par moi-même !

 

Si vous deviez nous donner trois mots résumant ce que votre expérience et la découverte du Vietnam vous ont apporté, quels seraient-ils ?

Xin chào et cảm ơn, pour dire « bonjour » et « merci ». Ce sont les premiers mots que j’ai appris en Vietnamien.

Interculturalité. Car j’ai fait beaucoup de rencontres, qui m’ont appris énormément.

Cela fait déjà plus d’un mois que j’ai quitté le Vietnam, et le pays me manque beaucoup. J’espère pouvoir revenir sur ce continent mystérieux et magique qu’est l’Asie. Inchallah1 !

 

Notes :

1 Définition du dictionnaire Larousse : Indique qu'on s'en remet au destin dans une situation donnée ; « On verra bien, à Dieu va ! »

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Amélie Huynh Le Maux

Journaliste en herbe et facilitatrice en créativité, j’adore connecter les personnes et les idées ainsi que partager mes découvertes culturelles et artistiques de manière amicale et didactique.
2 Commentaire (s)Réagir
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Jean-Louis ven 30/10/2020 - 14:29

Bonjour, Même si cela s'entend parfois, il est plus juste d'écrire et de dire : voyage à l'étranger que voyage à l'international. Merci

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hochiminh mar 03/11/2020 - 22:02

Merci pour ce rappel.

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