HISTOIRE - La presse française au temps du vieux Shanghai

Par | Publié le 09/12/2009 à 01:00 | Mis à jour le 28/12/2017 à 12:20

Retrouvez chaque mois dans le Petitjournal.com/Shanghai un extrait de la "Lettre du Souvenir Français de Chine", retraçant l'histoire de Français présents et œuvrant en Chine aux siècles derniers. Embarquez sur des chemins méconnus et découvrez le fruit de la quête historique que mènent les auteurs passionnés de cette lettre. Aujourd'hui, un extrait de la lettre de novembre : "La presse française au temps du vieux Shanghai…"

Empruntant depuis le Bund la Jingling Dong lu (ex-rue du Consulat) pour rejoindre la Place du Peuple, nous remarquons sur la gauche un grand immeuble qui s'étend des numéros 21 à 35 : ici siégeaient les bureaux du "Journal de Shanghai"et du "Courrier de Chine"… Histoire de la presse française à l'époque du Vieux Shanghai.

De l'Echo de Chine
Depuis le 1er juillet 1897, rue du Consulat à Shanghai, il existait un journal hebdomadaire des intérêts français, paraissant sous la direction officieuse des Missions étrangères de Paris : l'Echo de Chine. Ses contributeurs: des écrivains, des orientalistes, mais aussi des savants, des scientifiques, étaient des Français en poste en Extrême-Orient. En 1920, ce journal végétait et les Français lisaient plus volontiers la presse anglaise. Aussi, l'Echo de Chine vint-il à disparaître définitivement en 1926.

… au Journal de Shanghai
En 1927, dans ces mêmes locaux, le journaliste Jean Fontenoy fonda le Journal de Shanghai, un nouveau quotidien qui se voulait “l'organe des intérêts français en Extrême-Orient”. Sur six, puis huit pages, le journal publiait les nouvelles de France et de Chine, les cours de la Bourse de Shanghai et de Hong Kong, les taux de change, les prévisions d'arrivée et de départ des bateaux, les comptes-rendus des cérémonies, les prix des denrées pratiqués au marché central, des publicités et un feuilleton. En mars 1945, le coup de force des Japonais en suspendit la publication.

… au Courrier de Chine
En septembre 1945, les gaullistes de Shanghai inaugurèrent, dans les mêmes locaux, un nouveau quotidien, le Courrier de Chine. Plusieurs personnes portèrent cette publication sur les fonds baptismaux : M. Léon Grosbois, un des premiers gaullistes à Shanghai, directeur de l'Ecole Française et du Collège, puis délégué de l'Alliance Française, inspecteur de l'Enseignement Général;M. René Pontet, sous-directeur du Crédit Foncier d'Extrême-Orient et président du groupe "France Libre"à Shanghai, qui avait répondu à l'appel du 18 juin;et enfin, M. Roger Pignol, le représentant du ministère de l'Information.

A la Une du premier numéro du Courrier de Chine, encadrant un portrait du Général de Gaulle, un éditorial de Roger Pignol. Un long article de Léon Grosbois s'explique sur la création du nouveau journal : "Le Journal de Shanghai disparaît après 18 ans d'existence. De 1927 à 1940 il a joué un rôle de premier plan. […] La catastrophe de 1940 est arrivée, et le Journal de Shanghai a subi le sort de tout organisme d'information dans un territoire occupé : il a perdu son indépendance réelle […] Il n'en restait pas moins évident que le journal était devenu un organe de propagande du gouvernement de Vichy […]. Le Journal de Shanghai devait disparaître si l'on voulait rompre avec un passé récent mais lourd et trouble. Le Courrier de Chine est un nouveau journal qui cherche à comprendre la Chine et faire comprendre la Chine en France […], encourager les prises de contact, les rencontres dans tous les domaines de l'activité humaine entre Chinois et Français."

Malgré ce programme engageant que nous pourrions continuer à faire nôtre aujourd'hui, le Courrier de Chine perd une partie de son lectorat lors de l'exode des Français en 1946. De quotidien, il devient hebdomadaire, et finit par disparaître en 1949 à l'arrivée des communistes au pouvoir.

De la part de Claire Le Chatelier, Lettre du Souvenir Français de Chine No.34 (novembre 2009)

La Rédaction, (www.lepetitjournal.com/Shanghai) mercredi 9 décembre 2009

Informations complémentaires

Retrouvez l'intégralité du la Lettre du Souvenir Français de Chine sur
http://www.souvenir-francais-asie.com/

0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition internationale