

Un passé trouble
Gérard Longuet (AFP) est né en 1946 à Neuilly-sur-Seine. Il poursuit des études de droit et de lettres et est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris et décroche un diplôme d'études supérieures (DES) de sciences politiques en 1968. Quatre ans auparavant, il crée avec Alain Madelin, le mouvement d'extrême-droite, Occident, qui est souvent pointé du doigt pour sa violence envers les militants d'extrême-gauche. Après ces faits peu glorieux, il se range et rentre à l'ENA. Il reste cependant proche de l'extrême-droite et rédige le premier programme économique du Front National après sa création en 1972. "J'assume avoir été d'extrême droite. On s'est simplement trompés sur le modèle colonial, qui ne pouvait perdurer", explique-t-il.
Il s'engage dans l'Est
A sa sortie de la prestigieuse école, il devient sous-préfet de l'Eure puis de la Somme. En 1978, il est élu député de la Meuse sous l'étiquette du Parti républicain. Il est appelé au gouvernement à deux reprises chargé des P. et T. (1986-1988) puis à la tête du ministère de l'Industrie, aux Postes, aux Télécommunications et au Commerce extérieur (1993-1994). Gérard Longuet conserve une place importante en Lorraine en tant que président du conseil régional (1992 à 2004). Il est désigné à ce titre en 2002 président de l'Association des régions de France (ARF). Durant son mandat, il obtient la création de la ligne TGV-Est. En 2001, Gérard Longuet obtient un poste de sénateur de la Meuse et rejoint l'UMP à sa création l'année suivante. Il est président du groupe du parti gouvernemental au Sénat depuis 2009.
Des problèmes avec la justice
Gérard Longuet est poursuivi en justice à plusieurs reprises dans les années 1990 pour des affaires de financement occulte du Parti républicain ? il est blanchi début mars 2010 ? et pour "recel d'abus de crédit" dont il est relaxé en 1998. Cette affaire lui coûte tout de même sa place dans le gouvernement Balladur. Ces méandres judiciaires derrière lui, Gérard Longuet a ravivé l'ire de l'opposition cette semaine.
Une polémique qui n'en finit pas
Le patron des sénateurs UMP, a estimé que, malgré ses "grandes qualités", l'ancien président de SOS Racisme, Malek Boutih "n'est pas le bon personnage" pour prendre la tête de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité. "Il vaut mieux que ce soit le corps français traditionnel qui se sente responsable de l'accueil de tous nos compatriotes. Si vous voulez, les vieux Bretons et les vieux Lorrains ? qui sont d'ailleurs en général italiens ou marocains ? doivent faire l'effort sur eux-mêmes de s'ouvrir à l'extérieur." "Si vous mettez quelqu'un de symbolique, extérieur, vous risquez de rater l'opération", a insisté M. Longuet. La gauche dans son ensemble a condamné ces propos. Gérard Longuet a admis "une maladresse" mais s'est aussitôt replongé dans la polémique en déclarant : "Nous avons beaucoup de nos compatriotes qui considèrent que les problèmes de discrimination ne les concernent pas. Ils se disent : "Je ne suis pas noir, je ne suis pas frisé, je ne suis pas Polonais, je ne suis pas handicapé et par conséquent je ne m'y intéresse pas"". La gauche a demandé que des sanctions soient prises envers le sénateur. L'UMP se démarque de l'affaire, qui ne l'arrange pas à l'approche des régionales. Seule voix amicale dans la horde des commentateurs : le commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg, qui estime que Gérard Longuet est "tout, sauf un raciste primaire". Le sénateur aurait téléphoné à Malk Boutih pour s'expliquer. Trop tard. La machine politique/médias était déjà lancée. Ironie de l'affaire, le député socialiste Philippe Martin vient de saisir la Halde sur ces propos de Gérard Longuet qu'il juge "discriminatoires".
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 12 mars 2010
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Article de France Soir, Les temps forts d'une vraie polémique




































