

La cuisine française est parfois perçue comme inaccessible. C'est en tout cas le constat des Ambassadeurs du Bon Goût Français, une association de restaurateurs français de Bangkok rassemblés autour d'un objectif : dédramatiser la cuisine française ! Ils sont à La Fête jusqu'au 15 juin
Le chef provençal du restaurant l'Aubergine, Jérémy Michel Lasserre, a apporté avec lui tous les grands classiques de la cuisine française. Il propose au menu de La Fête foie gras poêlé, noix de Saint-Jacques à la plancha, joue de veau et crêpes Suzette (Photo courtoisie Aubergine)
Qui a dit que la cuisine française était inaccessible ? Pour tordre le coup aux idées reçues et promouvoir une idée plus large de l'art français de la table, des restaurateurs français de Bangkok se sont fait il y a cinq ans les Ambassadeurs du Bon Goût Français. L'association de droit français compte une dizaine de membres et a pour but de montrer que la cuisine française est plus simple qu'on ne le croit. "A l'étranger, notamment avec l'exportation des étoilés Michelin, la cuisine française est synonyme de cuisine sophistiquée, très haut de gamme, et donc chère, explique le Président de l'association Michel Bézardin. Nous voulons montrer que la cuisine française peut aussi être simple, familiale et bonne pour autant".
L'histoire de l'association commence en 2002-2003 lorsque Michel Bézardin, alors propriétaire du restaurant l'Indigo, sur Convent, décide avec un collègue, Michel Binaux, patron du Banyan, sur Sukhumvit 8, de réagir face à la concurrence croissante de certains types de restaurants, à commencer par les innombrables italiens. "Lorsque les Thaïlandais vont dans un restaurant italien, indique Michel Bézardin, ils ont au moins les pâtes en commun. Avec la cuisine française, les repères sont absents. Pourtant, la France est certainement le seul pays au monde à proposer autant de diversité et de raffinement". Michel Bézardin, note cependant que beaucoup de Thaïlandais apprécient la France et ses produits. "Ils adorent le foie gras poêlé", dit-il.
Une place toute trouvée dans La Fête
L'association a été créée en 2003 sous l'égide de l'Ambassadeur Laurent Aublin, alors en poste à Bangkok. Fraîchement débarqué de Hong Kong où il avait lancé avec succès le French May, le grand frère de La Fête, le diplomate français initie aussitôt le festival culturel français de Bangkok l'année suivante.
Les Ambassadeurs du Bon Gout Français sont de fait conviés à y participer pour mettre à l'honneur l'art français de la table. "La cuisine française a toute sa place dans La Fête, estime Michel Bézardin, il s'agit d'ailleurs d'un patrimoine culturel qui [pourrait bien être] inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco (lire à ce sujet l'article de la Tribune du 25 février 2008). Nous tenons à développer une image de simplicité et faire savoir que la cuisine française est accessible : on vend l'image de la cuisine française et au-delà, celle de la France", conclut-il.
Pour cette édition 2008 de La Fête, huit restaurants membres de l'association proposent chacun jusqu'au 15 juin son propre menu spécial avec, autant que possible, des plats classiques à prix modéré. Il s'agit des restaurants Le Beaulieu, Lenôtre-Soi Langsuan, Crêpes&Co, Le Banyan, Aubergine, La Boulange, Philippe-Soi 39, Le Bouchon. Alors pour contribuer au rayonnement de la cuisine française, il est encore temps d'inviter quelques amis thailandais pour dîner?
Pierre QUEFFELEC. (www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mercredi 11 juin 2008
En savoir plus
http://www.lafete-bangkok.com/gastronomy.html
Après un démarrage en douceur mais des projets en préparation
Les Ambassadeurs du Bon Goût Français n'est pas une association hyperactive, c'est le moins que l'on puisse dire. Jusqu'à présent, ses activités se sont limitées à animer La Fête une fois l'an et à participer aux Apéritifs à la française organisés de temps à autres par la Sopexa - ce qui n'est déjà pas si mal après tout. Mais Michel Bézardin et ses amis ont tout de même quelques projets nouveaux. Ils envisagent par exemple d'organiser pour le dernier trimestre un grand dîner avec quatre ou cinq chefs dans un endroit particulier, "un endroit différent des ennuyeuses salles de bal des grands hôtels", précise Michel Bézardin, qui tient pour l'instant à garder le lieu secret. Une sorte de gala de charité rassemblant 200 convives et dont les recettes seraient destinées à financer un programme d'aide aux enfants menacés de cécité que souhaite mettre en place Robert Molinari, président du Comité de Solidarité Franco-thaïlandaise, l'entité issue du tsunami pour gérer les fonds d'aide aux victimes versés par des entreprises française. Un autre projet en préparation pourrait consister quant à lui en une opération promotionnelle sur un mois : le chef d'un restaurant va cuisiner chez un confrère, Hervé Frérard au Banyan, par exemple.






































