Le gouvernement rwandais a officiellement confirmé, mi-janvier, la candidature de Louise Mushikiwabo à un troisième mandat comme secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie. Une annonce qui intervient à l’approche du 20e Sommet de la Francophonie, prévu en novembre au Cambodge, et alors que la période officielle de dépôt des candidatures s’achèvera fin avril.


Une candidature portée par Kigali
L’annonce a été faite par le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, à l’issue de consultations menées avec la principale intéressée. Kigali justifie ce choix par le bilan jugé solide de Louise Mushikiwabo depuis son entrée en fonction en 2019, ainsi que par les signaux politiques exprimés par plusieurs États membres lors des dernières réunions ministérielles de la Francophonie.
Si elle était reconduite, l’ancienne cheffe de la diplomatie rwandaise deviendrait la deuxième personnalité à effectuer trois mandats à la tête de l’OIF, après l’ancien président sénégalais Abdou Diouf.
Sept ans de transformation institutionnelle
Depuis 2019, Louise Mushikiwabo a engagé une réorganisation en profondeur de l’institution francophone. Les autorités rwandaises mettent en avant un renforcement de la lisibilité politique de l’OIF, une clarification de ses priorités et une volonté accrue d’efficacité opérationnelle.
Parmi les axes régulièrement cités figurent l’accompagnement de processus électoraux dans plusieurs pays membres, la lutte contre la désinformation, ainsi que le soutien à des candidatures francophones dans de grandes organisations internationales. La Francophonie économique a également été mise en avant à travers des missions ciblées et des partenariats commerciaux concrets.
Éducation, mobilité et égalité femmes-hommes
Le mandat actuel a aussi été marqué par des programmes de mobilité d’enseignants francophones, avec des échanges déployés notamment en Afrique et dans l’océan Indien, et appelés à s’étendre en Asie du Sud-Est. Lors de la dernière Conférence ministérielle de la Francophonie, organisée à Kigali en novembre 2025, la question de l’égalité femmes-hommes occupait une place centrale, dans le sillage du trentième anniversaire de la Conférence de Pékin.
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Louise Mushikiwabo a également plaidé pour un renforcement des dispositifs en faveur de la formation des femmes et des jeunes filles dans les secteurs technologiques émergents, notamment liés à l’intelligence artificielle.
Une candidature dans un contexte diplomatique sensible
Cette annonce intervient dans un environnement régional tendu en Afrique des Grands Lacs. Interrogé sur d’éventuelles répercussions diplomatiques, le chef de la diplomatie rwandaise a rappelé que chaque État membre de l’OIF dispose du droit de présenter ou de soutenir la candidature de son choix, appelant à une compétition ouverte et respectueuse.
La période de dépôt des candidatures est ouverte jusqu’à la fin du mois d’avril. Le choix final reviendra aux chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet de Siem Reap, les 15 et 16 novembre prochain.

Une séquence politique désormais ouverte
Avec cette annonce, la course à la direction de l’OIF entre officiellement dans sa phase politique. Reste à savoir si d’autres candidatures émergeront dans les semaines à venir et comment les équilibres régionaux et institutionnels pèseront sur la décision finale. À onze mois du XXe Sommet qui aura lieu au Cambodge, la Francophonie ouvre un nouveau chapitre, entre continuité et débat.
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