Édition internationale

À Cotonou, la COING commence par recréer du lien

À la veille de l’Assemblée plénière de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales de la Francophonie (COING), les tables rondes de l’hôtel Golden Tulip de Cotonou offrent un décor très différent de celui qui attend les participants les jours suivants, à deux pas de là, dans le centre de conférence du Novotel.

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À la veille de la XVIe COING, près de 65 représentants de la société civile francophone se sont retrouvés à Cotonou, dont une vingtaine issus d’ONG béninoises non accréditées auprès de la COING. Photo de courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 11 octobre 2026

 

 

Pas de résolution à négocier. Pas de texte à amender mot par mot. Pas même de commission thématique à respecter. Autour des tables, on se présente, on raconte ce que fait son organisation, ce qu’elle peut apporter aux autres et ce qu’elle espère trouver au sein de la COING.

Près de 65 représentants d’OING et d’ONG participent à cette rencontre du 27 septembre, dont une vingtaine issus d’organisations béninoises qui ne sont pas accréditées auprès de la COING. L’objectif est simple : prendre le temps de se connaître avant de commencer à travailler ensemble.

 

tables de rencontre

 

C’est précisément ainsi que la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada avait conçu cette rencontre : permettre aux organisations de partager leurs réussites et leurs attentes et de faire émerger de nouvelles collaborations. 

 

Après la crise, « se retrouver autrement »

L’initiative prend pourtant une signification particulière dans une COING qui sort de plusieurs années difficiles.

Pour Alain Dupuis, directeur général de la FCFA du Canada et membre du Comité de suivi de la COING, il fallait profiter de la présence physique des organisations à Cotonou pour reconstruire quelque chose que les réunions virtuelles permettent difficilement de créer : la confiance.

« La COING, c’est d’abord une affaire de personnes qui ont la volonté d’aller vers l’autre dans la fraternité et l’ouverture, avec l’intention de collaborer sur des initiatives concrètes »

L’Assemblée plénière reste le grand rendez-vous statutaire de la société civile francophone. Mais son programme chargé, ses commissions et ses négociations laissent finalement assez peu de place à une question élémentaire : qui sont les autres membres de la COING et que pourrions-nous faire ensemble ?

Le programme de ce dimanche avait donc prévu un long tour de table. Chaque organisation devait présenter son mandat, sa commission d’appartenance, une réalisation dont elle était particulièrement fière, mais surtout répondre à deux questions : ce qu’elle apporte à la COING et ce qu’elle vient y chercher. 

Dans la salle, les échanges débordent rapidement des frontières habituelles des commissions. Des organisations actives dans des domaines parfois très éloignés découvrent des préoccupations communes.

 

Evelyne Dabiré, ambassadrice du Canada au Bénin, Alain Dupuis, DG FCFA et Claude Musavyi, président de la COING
Evelyne Dabiré, ambassadrice du Canada au Bénin, Alain Dupuis, DG de la FCFA et membre du Comité de suivi de la COING et Claude Musavyi, président de la COING

 

 

Le Canada facilite la rencontre

La rencontre a aussi une histoire particulière. Des membres du Comité de suivi souhaitaient organiser un rendez-vous informel avant l’Assemblée plénière, mais ne disposaient pas de lieu. Alain Dupuis s’est alors tourné vers la nouvelle ambassade du Canada à Cotonou, ouverte quelques semaines auparavant.

L’ambassadrice du Canada au Bénin, Evelyne Dabiré, accepte d’appuyer l’initiative. Le gouvernement canadien prend en charge la mise à disposition d’une salle au Golden Tulip et la rencontre s’élargit aux membres de la COING ainsi qu’à des organisations béninoises.

L’ouverture permet également au Canada de rappeler un autre rendez-vous : Ottawa accueillera en 2028 le XXIe Sommet de la Francophonie. Le programme officiel de la rencontre souligne d’ailleurs explicitement cette échéance. 

Entre les présentations des organisations et les discussions sur l’avenir de la COING, une conférence du Dr Osséni Soubérou, consacrée au vodou comme « pont entre les nations », ancre aussi cette première journée dans le pays hôte. 

 

 

Ce que les membres attendent de la COING

Derrière la convivialité, les discussions font rapidement apparaître des attentes très concrètes. Les participants veulent une COING structurée, capable de communiquer davantage et de se donner les moyens de ses ambitions. Ils réclament aussi des outils très pratiques pour travailler ensemble, à commencer par un annuaire des organisations et de leurs expertises.

Une autre attente revient : trouver des ressources financières permettant de transformer les échanges en projets communs.

Plus largement, plusieurs participants souhaitent que les compétences réunies au sein de la COING soient davantage mobilisées par les États et par l’Organisation internationale de la Francophonie. Pour eux, le partenariat avec la société civile ne doit pas seulement être affirmé : il doit déboucher sur des collaborations concrètes et sur une participation à la mise en œuvre des programmes de la Francophonie.

Certains proposent également de revoir les thématiques des commissions lors de la prochaine mandature afin de mieux correspondre aux préoccupations actuelles et de mobiliser davantage d’organisations.

Le forum ouvert prévu en fin de rencontre devait précisément faire émerger ces priorités, à la fois pour l’Assemblée plénière et en perspective des Sommets de la Francophonie au Cambodge en 2026 et au Canada en 2028. 

 

 

Une COING aussi en dehors des commissions ?

Mais l’enseignement le plus intéressant de cette journée est peut-être ailleurs. Pendant l’Assemblée plénière, les organisations travaillent principalement à l'intérieur de commissions thématiques. Le succès de la rencontre du 27 septembre montre qu’elles éprouvent également le besoin de circuler entre ces silos, de rencontrer des organisations qui travaillent sur d’autres sujets et de faire naître des collaborations qui n’entrent pas nécessairement dans une case prédéfinie.

« Cela nous sort de l’unique discussion sectorielle et nous permet de voir plus large et de façon globale », observe Alain Dupuis.

Il espère désormais voir ce type de rendez-vous devenir une tradition, en marge des futures Assemblées plénières mais également entre deux rencontres de la COING.

À Cotonou, avant de parler gouvernance, textes, commissions ou programmes, les membres de la société civile francophone auront donc commencé par quelque chose de beaucoup plus élémentaire : réapprendre à se connaître.

Et peut-être était-ce précisément la première étape nécessaire pour recommencer à construire ensemble.

 

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