Nicolas Sarkozy était en Libye mercredi et hier, à peine 24 heures après la libération des infirmières bulgares. C'est dans la polémique que le président de la République obtient un partenariat sur le nucléaire civil avec le général Kadhafi
Les affaires reprennent entre la France et la Libye. Nicolas Sarkozy a été reçu par le général Kadhafi mercredi après-midi, accompagné de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, et du secrétaire général de l'Élysée Claude Guéant. Le président de la République était parti dans le but de conclure des accords avec la Libye, et pour montrer que les relations entre ce pays et l'Union européenne étaient en passe de revenir à la normale. Cette visite a surtout été le moyen de favoriser le partenariat économique entre les deux pays.
Un mémorandum signé par Bernard Kouchner prévoit la fourniture par la France d'un réacteur nucléaire civil afin de dessaler l'eau de mer. Pour justifier cet accord, Claude Guéant a tenu à préciser que les besoins en eau potable sont très importants en Libye et que la désalinisation nécessite beaucoup d'énergie. Mais en France, et notamment dans l'opposition, on y voit surtout l'une des contreparties réclamée par Kadhafi pour la libération des infirmières bulgares. Claude Guéant répliquait à la critique en annonçant que ce partenariat était en route depuis "trois semaines-un mois"alors que des experts d'Areva et du Commissariat à l'énergie atomique s'étaient déjà rendus sur place pour étudier la faisabilité du projet. "Le seul (lien), c'est que si les infirmières n'avaient pas été relâchées, je ne serais pas venu", a précisé Nicolas Sarkozy.
Le nucléaire de la colère
Les anti-nucléaires n'ont pas tardé à manifester leur colère. Le député vert Noël Mamère a qualifié cet accord de "troc dangereux"réalisé sur le dos des ex-otages bulgares. Il a estimé que le président de la République "fait prendre des risques à la France de devenir le pourvoyeur de nucléaire militaire de quelques régimes absolument inacceptables". Nicolas Sarkozy préfère y voir "un signal fort", plaidant pour l'accès des pays arabes au nucléaire. "Cela signifie qu'un pays qui respecte les règles internationales peut accéder à une industrie nucléaire civile", a-t-il déclaré.
En plus d'accords militaro-industriels et d'un projet de recherche d'uranium en Libye, Sarkozy a fait adhérer Kadhafi à son projet d'Union méditerranéenne. Le président de la République a promis un sommet des chefs d'État méditerranéens pour le premier semestre 2008.
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 27 juillet
En savoir plus
Le Figaro - La France entend bénéficier du dégel libyen
Le Nouvel Obs - "Aucune justification à cette transaction"
La Tribune - Tollé des antinucléaires après l'amorce d'une collaboration nucléaire entre Paris et Tripoli




































