

Le comportement haineux et violent d'une partie de la Tribune Boulogne, enduré depuis trop longtemps, a conduit au drame de jeudi dernier. Existe-t-il des solutions pour délivrer le PSG de cette gangrène ?
L'état d'urgence est décrété autour du Parc (Photo : PSG)
Les violences répétées à l'intérieur et aux abords du Parc des Princes, les réglements de compte entre supporters parisiens sur des aires d'autoroute et les débordements trop souvent constatés lors des PSG-OM, ont été les prémices d'un drame fatal. A l'issue de PSG-Hapoël Tel Aviv, jeudi dernier, Julien Quemener, 25 ans, membre des Boulogne Boys, est abattu par un policier en situation de légitime défense. Mounir Bouchaer, 26 ans, est grièvement atteint au poumon. Pourchassant avec une quarantaine d'éléments déchaînés, Yanniv Hazout, un jeune supporteur juif français et le policier en civil d'origine antillaise, le destin du premier a tragiquement basculé.
Alors qu'il est soutenu depuis son accession en Ligue 1 (Division 1 en 1974) par des milliers de supporters dévoués, aux origines ethniques et sociales diverses, le Paris Saint-Germain traîne comme un boulet, depuis une vingtaine d'années, une frange (300 à 400) de supporters haineux et violents, qui développent des thèses racistes proches de l'extrême-droite. L'évocation de leurs exactions commises à Paris et en Province depuis 1993, lorsqu'un CRS fût tabassé en tribune Boulogne, ressemble à une litanie. L'état d'urgence autour de la gestion des supporters dangereux du PSG est désormais décrété. Il en va de la survie du club et de l'image de la capitale.
Cinq mesures d'application immédiate
La réunion d'urgence au ministère de l'Intérieur, samedi, à laquelle assistaient aux côtés de Nicolas Sarkosy, le président du PSG, Alain Cayzac, et Frédéric Thiriez, le président de la Ligue professionnelle du football, ainsi que des représentants de supporters du PSG, a débouché sur des mesures afin de renforcer la lutte contre la violence et le racisme dans les stades, même si c'est le Parc des Princes qui est avant tout visé.
1. Le décret d'application sur la dissolution des associations cautionnant ou prônant des actes violents ou racistes sera publié dès décembre.
2. Les préfets, et notamment le préfet de police de Paris, vont multiplier les interdictions administratives de stades avec pointage au commissariat.
3. Les places des virages au Parc des Princes seront exclusivement vendues aux membres des associations de supporters officielles du PSG.
4. Des rencontres systématiques auront désormais lieu entre les associations de supporters et les forces de l'ordre avant chaque match du PSG.
5. Les sanctions disciplinaires prises par la Ligue en cas de violences ou d'incidents racistes au cours d'un match seront aggravées, notamment par la décision de jouer des matchs à huit clos.
Le ?miracle? anglais
Reste à savoir si ces mesures, qui n'ont pas valeur de lois, auront le pouvoir dissuasif escompté auprès des supporters indépendants du PSG, impliqués très souvent dans les débordements. Dans cette période agitée, les politiques interviennent, et ne formulent que des pis-aller comme solutions au hooliganisme parisien.
De la fermeture de la Tribune Boulogne, lors du prochain PSG-Toulouse, avancé à 17h dimanche, proposée par l'adjoint de la ville, responsable de la sécurité, à la volonté de faire disputer les matchs du PSG à huis clos jusqu'à la fin de la saison, prônée par Marie-Georges Buffet, ou à la suspension de la subvention jusqu'à nouvel ordre accordée par la Ville de Paris au PSG, que réclament les élus UMP, aucune action ne semble réellement s'attaquer aux racines du mal.
Malade du hooliganisme entre 1970 et 1990, la société britannique a su prendre des mesures fortes et parfois radicales pour écarter ses brebis galeuses des stades. Interdiction à vie des enceintes sportives, personnalisation des abonnements, pointages pendant toute la durée des matches dans les commissariats, programmes d'éducation des supporters dans les écoles et le monde professionnel. Entre les propos nauséabonds d'un Georges Frèche qui estimait, récemment, que ?l'équipe France compte trop de Blacks en son sein? et le drame de la Porte de Saint-Cloud, le football vient de vivre une période sombre. Il n'est pas trop tard pour montrer que son universalité est une idée toujours actuelle, et non un souvenir passé.
Arnaud BRELY. (www.lepetitjournal.com) 29 novembre 2006




































