

Jean-Jacques Eydelie, champion d'Europe avec Marseille en 1993, qui avait jouéle rôle d'intermédiaire dans l'affaire de l'achat du match VA-OM, s'est livréàL'Equipe Magazine, paru samedi. Tricherie, corruption, dopage, il dit tout, provoque des réactions en chaîne et secoue le monde du football français
Tapie (àgauche) avec J-J Eydelie pendant le procès OM-VA. (Photo : AFP)
"A ceux qui croyaient que j'avais disparu, je veux simplement rappeler que je suis toujours là!"A la lecture de l'article paru samedi dans L'Equipe Magazine, il est évident que Jean-Jacques Eydelie a réussi son coup.
L'ex joueur de l'OM, condamnéàun an de prison avec sursis en mai 1995 pour son rôle dans l'affaire VA-OM, est au chômage. Il vit avec sa femme et ses cinq enfants dans un petit meubléprès de Royan. Loin, très loin de l'image que l'on se fait des footballeurs milliardaires. Délaissépar tous ses anciens coéquipiers, il est àbout et se décide, avant la parution de son livre, àtout révéler.
Bien sûr, depuis l'affaire VA-OM, personne n'était dupe. Le Marseille de Tapie, dominateur au début des années 90 avait des méthodes bizarres. D'entrée, Eydelie confirme. Il avoue avoir étécontactéen 1992, lorsqu'il jouait àNantes, par un joueur très important de l'OM. Celui-ci lui demande de lever le pied lors d'une rencontre Nantes-Marseille. Une pratique courante àMarseille sous l'ère Tapie, selon Eydelie. Et ce n'est pas tout.
Les uns derrière les autres pour la piqûre
Il confie également qu'avant un match contre le CSKA Moscou, les dirigeants marseillais se sont emparés des packs de bouteilles d'eau des Moscovites pour y injecter un produit illicite. Pas d'effet immédiat, mais 15 jours plus tard, pour le match retour, les joueurs russes sont presque tous malades et perdent 6-0.
D'autres injections sont également au c?ur des révélations d'Eydelie. Mais celles-làsont faites aux Marseillais, quelques minutes avant la finale de Ligue des Champions contre le Milan AC. Selon l'ex-joueur, lui et ses coéquipiers se seraient retrouvés àla queue leu leu, les fesses àl'air, pour recevoir une piqûre. Parmi eux de nombreux internationaux, Deschamps, Desailly, Di Meco, Sauzée et l'Allemand Rudi Voller, qui serait le seul àavoir refusé.
Tapie en furie
De tels aveux ne pouvaient rester sans réponse. Dès le lendemain, elles affluent de toutes parts. Tous ses ex-coéquipiers nient en bloc. Franck Sauzée et Didier Deschamps, se réservent le droit de poursuivre Eydelie en justice. Le Milan AC a demandéune enquête àl'UEFA, précisant que si ces faits étaient avérés, il demanderait qu'on lui restitue la Coupe d'Europe.
Quant àBernard Tapie, mis en cause àmaintes reprises par Eydelie, il a déjàfait savoir qu'il portait plainte contre son ancien joueur mais également contre le journal L'Equipe. Il poursuivra également Arsène Wenger. Le coach d'Arsenal, entraîneur de Monaco àl'époque des faits, a créditéles propos d'Eydelie en déclarant : "A l'époque on vivait dans le sentiment de la corruption et du dopage". Décidément, Jean-Jacques Eydelie n'a pas fini de faire parler de lui.
Vincent DAVOLI. (LPJ) 25 janvier 2006


































