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FINISTERE – On n’achète pas la veuve d’un marin breton

La veuve du patron du Sokalique, un chalutier éperonné par un cargo en août dernier, s'est vue proposer 340.000 € par l'armateur turc de ce dernier pour retirer sa plainte. Yvette Jobard a refusé : la mort de son mari n'est pas à vendre

A combien Yvette Jobard estime-t-elle la vie de son mari ? C'est en quelque sorte la question que sont venus lui poser mardi les deux représentants de l'armateur turc de l'Ocean Jasper, un cargo qui a éperonné le chalutier de son mari en août 2007. Le naufrage avait provoqué la mort du marin.
Les individus, accompagnés d'un avocat et d'une interprète, ont proposé 340.000 € à la veuve bretonne pour qu'elle retire sa constitution de partie civile selon elle. "La mort de mon mari n'est pas à vendre", leur a-t-elle rétorqué. Face aux menaces que le procès ne se déroule jamais en France, Yvette Jobard est restée déterminée : "Ce n'est pas ce montant qu'ils doivent payer". Elle réclame une condamnation pénale pour que ce type d'accident ne se reproduise pas. Mais la situation s'est enlisée des deux côtés.

Feu vert des îles Kiribati en attente
Le Sokalique a été heurté au large d'Ouessant dans la nuit du 16 au 17 août, par l'Ocean Jasper, qui a pris la fuite. Les six marins du chalutier s'en sont sortis, mais Bernard Jobard, le patron pêcheur, n'est pas parvenu à monter à bord du radeau de survie. Immédiatement repéré, le cargo a été dérouté sur Brest, où il est resté bloqué depuis.
L'armateur turc a sans doute perdu patience car le bateau contient des plaques de métal dont le cours en bourse explose. Il se refuse cependant à payer la caution fixée à 860.000 € pour lui faire reprendre la mer, car elle dépasserait la valeur pour laquelle il est assuré…
Le procès quant à lui est au point mort. La juridiction accorde le privilège au pays du pavillon du cargo, soit les îles Kiribati, un petit état de l'archipel du Pacifique. Son président, Anote Tong a déjà fait part de son accord pour que l'affaire soit jugée en France. Mais le tribunal de Morlaix attend toujours un écrit officiel du chef de l'Etat, seul document permettant à l'enquête de reprendre son cours pour déterminer les responsables de la catastrophe maritime.
Pour Yvette Jobard, l'important c'est que justice soit rendue. "Ils n'ont pas idée de ce que cette collision va leur coûter", a-t-elle déclaré dans Le Télégramme.
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 24 janvier 2008

En savoir plus
Le Télégramme - Yvette Jobard pas à vendre
Le Figaro - La veuve du Sokalique refuse un marché à 500.000 dollars

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