Édition internationale

FILS ET FILLES DE – Les pistonnés de la République

La sueur et l'huile de coude, rien de mieux pour réussir sa carrière en politique ? Un illustre patronyme, ça aide aussi ! Très courant dans le monde des affaires, le coup de pouce parental existe également dans la sphère politique même s'il y est plus honteux. Retour sur un jeu de sept familles politiques pour découvrir ceux qui, de par leur nom, ont fait bonne pioche 

Dans la famille Sarkozy, je demande le fils
S'il y a bien un nom cité ces derniers temps, c'est bien celui de Jean Sarkozy (AFP). Le jeune homme du haut de ses 23 ans était au centre d'une tempête médiatique qui ne semble pas s'essouffler. Pressenti pour prendre la tête de l'EPAD, un établissement public qui chapeaute le quartier d'affaires de la Défense, Jean Sarkozy affirmait qu'il avait le droit de se présenter à cette élection comme n'importe quel élu (il est conseiller général des Hauts-de-Seine). Mais sans diplôme et sans grande expérience, un tel poste ne semblait pas pouvoir s'obtenir sans prendre un chemin de traverse grâce à la carte "fils de". Devant la pression populaire, le Prince Jean a finalement décidé de retirer sa candidature.
 
Dans la famille Bové, je demande la fille
Après la droite, c'est à la gauche de recevoir ses accusations de favoritisme filiale. Marie Bové, fille du leader altermondialiste José Bové, vient de se porter candidate au poste de tête de liste d'Europe-Ecologie en Aquitaine, pour les élections régionales de mars 2010. La jeune femme de 34 ans refuse toute comparaison avec son alter-ego UMP. Elle affirme que son père n'était pas au courant et que c'est le député des Verts, Noël Mamère, qui lui a proposé de se présenter. Marie Bové, bien qu'ayant un peu d'expérience politique (elle est collaboratrice technique et administrative au groupe PS de la communauté urbaine de Bordeaux), était inconnue du grand public il y a encore quelques jours. La figure et le nom très populaire de son père ne sont certainement pas étrangers à cette proposition.

Dans la famille Delors, je demande la fille
La première secrétaire du P.S a également un père illustre : l'ancien ministre des Finances et président de la Commission européenne, Jacques Delors. Si Martine Aubry (AFP) a vivement critiqué le népotisme de Nicolas Sarkozy, le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre a rappelé à la chef de file du PS qu'elle n'avait pas de mandats électifs avant d'entrer au gouvernement en 1991. 

Dans la famille Giscard D'Estaing, je demande le fils
En pleine polémique des fils et filles de, Christine Lagarde ne sait plus à quel prénom se vouer. Devant un hémicycle hilare, la ministre de l'Economie s'est adressée au député UMP du Puy-de-Dôme, Louis Giscard d'Estaing en l'appelant "Louis Valéry"puis "Olivier". Le fils de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing ne s'est pas offusqué de la bourde. Lui, qui a commencé en politique à 40 ans passés, après un passage chez LVMH, a l'habitude des comparaisons. "Lui, c'est lui et moi, c'est Louis", a-t-il répliqué non sans ironie.

Dans le clan Kosciusko-Morizet, je demande la fille/petite-fille/arrière-petite-fille
Nathalie Kosciusko-Morizet (AFP), secrétaire d'Etat à la Prospective et au Développement de l'économie numérique et maire de Longjumeau, a suivi le chemin politique tracé par ses aïeuls. Son père, François Kosciusko-Morizet, est maire de Sèvres et vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine. Son grand-père, Jacques Kosciusko-Morizet, était un résistant gaulliste et ambassadeur de France. Quant à son arrière-grand-père André Morizet, il était sénateur-maire communiste puis SFIO de Boulogne-Billancourt.

Dans la famille Le Pen, je demande la fille
Marine Le Pen (AFP) sait également qu'une carrière politique est souvent un héritage familiale. La fille du leader du Front National, Jean-Marie Le Pen, est un personnage de plus en plus influent au sein du parti. En quelques années, elle est même devenue l'image d'un renouveau du parti d'extrême-droite. Jean-Marie Le Pen, qui pense sérieusement à prendre sa retraite, pourrait lui donner les clés du fort. Le pied mis à l'étrier par son père, Marine Le Pen avoue cependant : "c'est pas toujours facile d'être la fille Le Pen". 

Dans la famille Debré, je demande le fils
L'ancien président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré (AFP), n'a pas été poussé en politique par son père Michel Debré, ancien Premier ministre et père de la constitution de la 5e République. Ce dernier a plutôt calmé ses ardeurs en lui conseillant d'avoir un métier et de l'expérience avant d'entrer en politique. Interrogé sur son parcours de fils de lors de l'émission Questions d'info LCP-AN France Info, il a déclaré : "Je ne donne de conseil à personne, je ne formule d'avis sur personne, chacun fait comme il l'entend (mais) je remercie du fond du c?ur mon père de m'avoir donné ce conseil parce que c'était la façon d'être crédible". Avis donc aux futures générations? 
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 23 octobre 2009

En savoir plus

Article du Nouvel Obs, Jean Sarkozy, Bachelot, Aubry? les fils et filles de en politique 

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.