Édition internationale

FACEBOOK - Les bons amis sans les bons comptes

Avec ses 250 millions d'amis actifs à travers le monde, Facebbook est le site communautaire du web 2.0 par excellence. Mais l'amité ne paye pas et ses développeurs sont toujours à la recherche d'un modèle de pérénisation viable

(rédaction internationale) - Facebook (AFP) c'est un réseau social. Mais pas n'importe lequel, c'est Le réseau social. Avec ses 340 millions de visiteurs uniques par mois, il arrive à la quatrième place des sites les plus vus dans le monde derrière Yahoo (581 millions), Microsoft (691 millions) et Google (844 millions) et donc devant eBay, Wikipedia, AOL ou Amazon. Mais Facebook c'est aussi plus d'un milliard de photos et un million de vidéos qui y sont partagées chaque mois. C'est un site traduit en 50 langues et 40 nouvelles versions en développement. C'est aussi 350.000 applications et 30 millions de membres qui y accèdent leur téléphone mobile. En tout, chaque jour 5 milliards de minutes sont passées sur le site dans le monde ! Des chiffres qui impressionnent certes mais ne rapportent pas. Le plus petit chiffre du groupe ? 150 petits milliards de dollars de recettes pour l'entreprise de Mark Zuckerberg, autrement dit un chiffre d'affaire qui ne décolle pas.

Le site en a bien conscience et joue de ses atouts en espérant un business plan rentable cette fois. Et comme la meilleure defense c'est l'attaque, autant tuer la concurrence dans l'oeuf . Ici elle se nomme Twitter, un autre de ces réseaux sociaux, et elle est de plus en plus affaiblie. Car, les récentes cyber attaques (voir plus bas) dont ont été victimes les deux sites ont carrément rétamé le petit frère.

La meilleure des défenses
Mais, pour être sur de réussir là où les hackers n'ont pas tout à fait réussi, et puisque l'oiseau bleu (Twitter) a résisté l'an dernier à une tentative de rachat pour 500 millions de dollars, Facebook vient d'avaler Friendfeed pour environ 50 millions de dollars. Friendfeed est une application gratuite développée pour Twitter par des salariés ex-Google, qui permet d'agréger ses différents flux sociaux.

Enfin, Facebook développe en parallèle sa version lite, c'est-à-dire simplifiée pour les utilisateurs qui débutent combinée à un téléchargement rapide pour les pays où l'internet est plus lent. La version bêta est testée en Inde et ne concerne pas les pays couverts par le très haut débit comme la France. Beaucoup ont déjà noté une ressemblance certaine avec Twitter. Facebook devrait peut être faire son apparition sur Google, aux côtés de 19 autres gadgets sociaux tels que Scrabble, mots croisés du NY Times ou encore Youtube. Et le site vient de présenter sa version 3.0 pour iPhone à Apple qui doit désormais la valider. Des développements qui ne rapportent toujours rien, mais combien de temps pourra tenir le site le plus convoité mais aussi le plus vulnérable sans monétiser ses innovations ?
Laetitia Gueugnon (
www.lepetitjournal.com) mardi 18 août 2009

Quid de la sécurité ?
Les récentes cyber attaques et notamment celle du 6 août dernier ont fait des dégats. Twitter, Facebook, la plate-forme de blogs Livejournal et même Google avaient subi une attaque de type "déni de service", c'est à dire un envoi en masse de demandes d'informations à un site afin d'en saturer les serveurs. La manoeuvre visait en fait le site internet d'un blogueur connu sous le nom de Cyxymu, un professeur d'économie très critique envers le gouvernement russe. Ce dernier accuse Moscou d'être à l'origine de des attaques. Twitter était resté inaccessible pendant près de trois heures, tandis que Facebook, Google et Livejournal subissaient des ralentissements. Certains observateurs expliquaient néanmoins le phénomène autrement. "Si on scrute les forums de hackers, il est clair que Twitter les énerve au plus haut point"souligne Richard Stiennon, le fondateur du cabinet d'étude sur la sécurité IT-Harvest. "Twitter est venu de nulle part. Les hackers détestent ça. Ils ont toujours utilisé les forums et l'IRC pour communiquer, et tout à coup, le reste du monde a son propre outil avec Twitter"ajoute- t-il. Quand on voit avec quelle fragilité ces réseaux cèdent ou encore comment des connexions massives arrivent à perturber le service de ces sites, on se demande dans quelle mesure le plus grand répertoire du monde peut assurer la securité de ses données. Un sujet sur lequel on n'entend pas les dirigeants. Un rapport semestriel sur l'état de la sécurité sur Internet, réalisé par Sophos une entreprise de sécurité, indique qu'une portion significative des travailleurs ont reçu (ou disent qu'un collègue a reçu) du pourriel (33,4%), une attaque d'hameçonnage (21%) ou des modules malveillants (21,2%) par le biais de sites tels que Facebook, Twitter ou MySpace. Laetitia Gueugnon (www.lepetitjournal.com
) mardi 18 août 2009

Voir aussi :
IT MANAGER : Facebook, MySpace, LinkeInd, Hi5, Friendster, Orku, Bebo Le phénomène des réseaux sociaux
20 minutes Rencontre avec Cyxymu, le blogueur géorgien au centre du plantage de Twitter

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