S'installer à Genève ne fait pas forcément changer de dentiste. Le cabinet habituel reste parfois à Annemasse ou dans le Pays de Gex. Garder son dentiste en France se défend sur le prix. Le statut de résident genevois change pourtant les règles du remboursement, et certains soins se prêtent mal aux allers-retours.


Ce qui pousse à passer la frontière
L'écart de tarifs n'a rien de nouveau. En janvier 2019, Le Temps relevait chez les praticiens installés le long de la frontière des tarifs « jusqu'à trois fois moins chers qu'en Suisse ». Le quotidien citait un cabinet de Gaillard dont la moitié de la clientèle venait de Suisse, et un autre à Archamps où la proportion montait à 65 %. Un sondage Demoscope commandé en 2018 par la Société suisse des médecins-dentistes chiffrait à 22 % la part des Suisses ayant déjà consulté un dentiste à l'étranger. Ces chiffres datent, et aucune statistique officielle ne compte les Genevois soignés en Haute-Savoie ou dans l'Ain.
Les soins qui supportent mal la distance
Un contrôle par an supporte bien quelques kilomètres de plus. Les traitements lourds, beaucoup moins. Un implant ou une réhabilitation complète se font en plusieurs étapes, parfois sur plusieurs mois. Entre deux séances, une gêne ou une couronne provisoire qui se décolle obligent à revoir vite le praticien qui a commencé le travail.
Ces cas complexes gagnent à être suivis près de chez soi ou du bureau, par exemple par un dentiste aux Eaux-Vives quand on vit sur la rive gauche. La clinique Adent du quartier est tournée vers l'implantologie, les réhabilitations complètes et la chirurgie orale et parodontale. Elle planifie la pose des implants par logiciel à partir d'une imagerie 3D.
France ou Genève, critère par critère
Les deux options se comparent ainsi pour un résident genevois salarié en Suisse.
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Critère |
Dentiste en France |
Dentiste à Genève |
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Facture |
Souvent nettement plus basse |
Plus élevée |
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Remboursement de base |
Ni LAMal ni Sécurité sociale française pour un soin programmé |
Pas de LAMal pour les soins courants |
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Douleur ou dent cassée imprévue |
Trajet à prévoir, sans garantie de place au cabinet habituel |
Cabinet en ville, sans passer la frontière |
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Traitement en plusieurs séances |
Un aller-retour transfrontalier à chaque étape |
Séances calées près du domicile ou du travail |
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Suivi après le soin |
Retour au cabinet à organiser à chaque gêne |
Retour au cabinet plus simple en cas de gêne |
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Relation avec le praticien |
Un dentiste qui connaît déjà votre bouche |
Un nouveau praticien, à qui transmettre votre dossier |
Garder son dentiste français pour un détartrage annuel reste un choix rationnel. Dès que le traitement s'étale ou demande un suivi serré, l'économie se paie en trajets et en coordination.
Ce que le statut de résident change au remboursement
Toute personne qui s'installe à Genève doit s'affilier à l'assurance de base (LAMal) dans les trois mois qui suivent sa prise de domicile, faute de quoi le canton l'affilie d'office. Cette assurance ne couvre en principe pas les soins dentaires. Selon l'Office fédéral de la santé publique, les exceptions concernent les soins liés à une maladie grave et ceux qui suivent un accident, quand aucune autre assurance ne les prend en charge.
Côté français, le Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale (Cleiss) rappelle qu'un salarié qui vit et travaille en Suisse relève obligatoirement du régime suisse. Les frontaliers, qui habitent en France, disposent d'un droit d'option et suivent d'autres règles, tout comme les salariés détachés par un employeur français et les retraités qui ne touchent qu'une pension française.
Reste l'assurance complémentaire dentaire, facultative. Certains contrats remboursent aussi les soins faits dans les pays voisins, France comprise, dans la limite de ce qu'ils auraient coûté en Suisse. Les conditions varient d'un contrat à l'autre, d'où l'intérêt de relire les siennes avant de prendre rendez-vous en France.
Et pour les enfants ?
Avec des enfants scolarisés à Genève, la balance penche plus vite. Un traitement d'orthodontie suppose des contrôles réguliers pendant des mois, plus simples à caser près de l'école. Aux Nations, par exemple, la clinique Adent réunit un centre orthodontique et une pédodontiste, qui détecte les caries sans radiation grâce à un appareil Diagnocam. Son équipe parle français, anglais et espagnol.
Changer de dentiste sans perdre son historique
Rien n'oblige à trancher d'un coup. On peut garder son dentiste français pour les contrôles et consulter à Genève pour les soins longs ou imprévus. Le praticien genevois a alors besoin de connaître les soins déjà faits.
En France, le patient peut demander à son dentiste la communication de son dossier médical, résultats d'examen compris. La loi fixe un délai maximal de huit jours, porté à deux mois quand les informations datent de plus de cinq ans. Mieux vaut donc faire la demande avant le premier rendez-vous chez un médecin-dentiste genevois.
























