La semaine s’annonce dense pour l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) qui a pour objectif de répondre aux questions des Français établis hors de France en faisant remonter les difficultés du terrain. Au programme : l’élection du nouveau président de l’AFE, la préparation des prochaines échéances électorales, l’avenir de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) et, surtout, les problématiques quotidiennes des Français du monde entier.


“Le point commun entre la francophonie, les partenariats internationaux et les Français de l’étranger, c’est l’influence et le rayonnement de la France à l’étranger.”
En ouvrant la 45e session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE), Éléonore Caroit a donné le fil rouge de la semaine : défendre la place des Français établis hors de France et faire remonter leurs difficultés auprès du gouvernement. Réforme de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), prochaines échéances électorales, reconnaissance du permis de conduire, accès aux dispositifs du handicap : les dossiers sont nombreux. La session doit également être marquée par l’élection d’un nouveau président de l’AFE.
Benoît Schneider, secrétaire général de l’Assemblée des Français de l’étranger, ouvre la séance avant de laisser la parole à la doyenne et présidente par intérim, Françoise Onillon. Celle-ci rappelle la raison d’être de l’institution : “Notre assemblée est riche de ses différences, de parcours, de territoire, de sensibilité, de conviction. Elles sont légitimes et font la vitalité de notre démocratie. Mais notre mission nous unit pour servir tous les Français de l’étranger.”
Réforme de l’AEFE : quel avenir pour l’enseignement français à l’étranger ?
C’est l’un des dossiers les plus attendus par les représentants des Français de l’étranger. La réforme de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) est au cœur des préoccupations, alors que le réseau scolaire français à l’international doit répondre à des difficultés très différentes selon les pays et les établissements.
Éléonore Caroit rappelle l’importance du réseau, qui scolarise, selon les chiffres avancés lors de son intervention, quelque 400 000 élèves dans 138 pays. Pour la ministre, son rôle dépasse largement la seule scolarisation des enfants français : il constitue également un instrument du rayonnement de la France et de la francophonie : “C’est aussi un outil d’influence, autant que de scolarisation des Français de l’étranger.” La ministre assume la nécessité d’une réforme en profondeur de l’AEFE, tout en insistant sur la nécessité de préserver un réseau auquel elle est personnellement attachée.
Réforme AEFE : Eléonore Caroit et Alexandre Morois veulent « maintenir le réseau dans sa diversité »
Entre les frais de scolarité, les difficultés financières, les relations avec l’Agence et les besoins propres à chaque établissement, les problématiques varient considérablement d’un pays à l’autre. “Il faut faire à la fois du sur-mesure, et en même temps donner de la visibilité, de la clarté, de la transparence à un réseau auquel […] je suis profondément attachée.”
Présidentielle, législatives : comment mobiliser les Français de l’étranger ?
Autre sujet majeur de la session du jour : la participation démocratique. Les prochaines échéances électorales imposent de préparer la mobilisation des Français établis hors de France, alors que l’abstention reste un défi important. Éléonore Caroit rappelle à ce titre que 1,8 million de personnes sont inscrites au registre des Français établis hors de France, mais la population réelle est estimée plutôt entre trois et trois millions et demi de personnes, selon les chiffres évoqués par la ministre. Selon elle : “Il reste encore une abstention qui est beaucoup plus importante à l’étranger qu’elle ne l’est sur le territoire national.”
L’inscription au registre constitue donc une première étape clé, mais il s’agit dorénavant d’encourager les Français à participer aux scrutins et à faire entendre leur voix dans la vie politique nationale. Eléonore Caroit appelle ainsi à une mobilisation qui dépasse les clivages politiques : “Tout ce que nous pourrons faire collectivement, y compris de manière transpartisane, pour inciter les Français à se mobiliser et à voter dans les échéances à venir, sera une bonne chose.” La question de la représentation dépasse d’ailleurs le seul rendez-vous électoral. Pour Éléonore Caroit : “Il est dans notre intérêt collectif que les voix des Françaises et des Français soient entendues, que ce soit dans les échéances nationales ou plus locales.”
Permis de conduire, dématérialisation, handicap : les avancées pour les Français de l’étranger
Mais l’intérêt de l’AFE et de cette semaine tient aussi à sa capacité à faire remonter des difficultés très précises, parfois trop méconnues à Paris, mais déterminantes pour les Français qui vivent à l’étranger. Parmi les dossiers cités figure la reconnaissance du permis de conduire, notamment pour les Français établis en Amérique du Sud, où la ministre affirme : “Je n’aimerais pas partir de ces fonctions sans que cela se soit fait.”
Autre sujet évoqué : l’accès aux dispositifs liés au handicap pour les Français établis hors de France. Éléonore Caroit indique encore avoir travaillé avec les ministres chargées du handicap et de la Santé afin de faire avancer la possibilité, pour les Français de l’étranger concernés, d’accéder à une maison départementale des personnes handicapées (MDPH) en France : “Tout ce que l’on pourra faire par la voie réglementaire, tout ce qui permettra d’améliorer le quotidien des Françaises et des Français de l’étranger, vous pourrez bien entendu compter sur mon soutien et sur celui de mes équipes.”
Un nouveau président à la tête de l’AFE : quels sont les enjeux de cette nouvelle mandature ?
C’est le temps fort de cette 45e session plénière de l’Assemblée des Français de l’étranger : l’élection du nouveau président. Après le renouvellement des conseillers et l’élection des sénateurs, cette étape doit donner le cap de la nouvelle mandature et permettre à l’Assemblée d’organiser ses travaux pour les prochaines années.
Nous connaissons les 6 sénateurs des Français de l’étranger, élus pour 6 ans
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Une chose est sûre : dans une assemblée où les parcours et les sensibilités politiques sont multiples, la capacité à dépasser les clivages pour faire avancer les dossiers sera déterminante, ce que souligne Françoise Onillon lors de son discours d’ouverture : “Nos différences ne sont pas des frontières. Elles deviennent des forces qui s’enrichissent lorsqu’elles se rencontrent.”
Conseillers des Français de l’étranger : quel statut et quelle reconnaissance ?
Éléonore Caroit a également rappelé son attachement au statut des conseillers des Français de l’étranger. Ayant elle-même exercé ces fonctions avant de devenir ministre, elle dit connaître les contraintes de cet engagement, notamment lorsqu’il s’effectue bénévolement : “Je sais à quel point, lorsque l’on fait un travail de surcroît bénévole pour notre communauté française, il est important que ce travail soit vu.”
La visibilité des élus est un enjeu concret : participer aux cérémonies, rencontrer les communautés françaises, être identifiés par les compatriotes qu’ils représentent et pouvoir transmettre leurs difficultés aux autorités. Pour la ministre, les déplacements à l’étranger doivent aussi être l’occasion de rencontrer les élus locaux et de recueillir leurs remontées de terrain. Car le contexte, lui, est difficile : “Je ne vais pas vous dire que le contexte international ou national est apaisé.” Le calendrier politique et budgétaire, a-t-elle reconnu, complique l’examen d’un projet de loi entièrement dédié aux Français de l’étranger. Mais elle assure vouloir continuer à faire avancer les dossiers, notamment par des mesures réglementaires et des dispositions intégrées à d’autres textes.
Reste à savoir comment ces engagements seront concrétisés au cours des prochains mois et c’est aussi tout l’intérêt de cette 45e session plénière : permettre aux élus de confronter les annonces aux réalités du terrain, d’interroger le gouvernement et de suivre les avancées obtenues pour leurs compatriotes, car, au-delà des commissions, des votes et de l’élection d’une nouvelle équipe, l’objectif reste le même et Françoise Onillon le résume : “Nous sommes ici pour les Français de l'étranger".
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