À l’initiative d’Amélia Lakrafi, députée et déléguée générale de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), des responsables français et libanais se sont réunis le 1er octobre 2026 à l’Assemblée nationale pour faire le point sur le soutien de la France au Liban, notamment dans l’aide humanitaire, l’éducation et la reconstruction. La France a engagé 17 millions d’euros d’aide humanitaire en 2026 et la réouverture du lycée de Nabatieh est annoncée après les vacances de la Toussaint.


Quel soutien la France apporte-t-elle au Liban en 2026 ? Le colloque “France-Liban : agir ensemble pour la souveraineté, la solidarité et l’avenir”, organisé le 1er octobre à l’Assemblée nationale à l’initiative de Mme Amélia Lakrafi, députée et déléguée générale de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), a réuni des représentants des institutions françaises et libanaises, des administrations, des organisations humanitaires, des associations, des collectivités territoriales, des établissements d’enseignement ainsi que des parlementaires engagés dans les relations franco-libanaises.
Placée sous le haut patronage du Président de la République, cette rencontre avait pour objectif de mettre en lumière la mobilisation de la France aux côtés du Liban et de sa population, tout en réfléchissant aux conditions d’un redressement durable du pays.
À retenir :
- 17 millions d’euros ont été engagés par la France dans le domaine humanitaire en 2026.
- Près de 100 tonnes d’aide médicale et de matériel essentiel ont été acheminées depuis le mois de mars.
- 12 convois humanitaires ont été organisés vers le Sud du Liban cette année.
- 9 villages ont ainsi été ravitaillés.
- Le lycée de Nabatieh doit rouvrir après les vacances de la Toussaint.
Combien la France a-t-elle engagé pour l’aide humanitaire au Liban ?
De l’urgence humanitaire à l’éducation, de l’aide au développement à la coopération administrative, de l’action des collectivités territoriales à la coopération militaire et parlementaire, la relation franco-libanaise repose sur la mobilisation de nombreux acteurs.
Dans le seul domaine humanitaire, 17 millions d’euros ont été engagés par la France en 2026, tandis que près de 100 tonnes d’aide médicale et de matériel essentiel ont été acheminées depuis le mois de mars.
Les échanges ont également permis de rappeler le rôle essentiel des ONG et des associations présentes sur le terrain, qui adaptent en permanence leur action aux besoins des populations, dans un contexte marqué par l’intensification des violences dans le Sud du Liban. Le Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, aux côtés de partenaires humanitaires tels que Première Urgence Internationale, ACTED, la Croix-Rouge française et l’Œuvre d’Orient, contribue à soutenir les populations et les acteurs locaux.
L’Œuvre d’Orient a notamment rappelé son engagement auprès de l’ensemble des communautés présentes au Liban, sans distinction de religion. Douze convois humanitaires ont été organisés vers le Sud du Liban cette année et neuf villages ont ainsi été ravitaillés. La Croix-Rouge française intervient quant à elle en soutien de la Croix-Rouge libanaise, notamment dans un contexte où les équipes humanitaires sont elles-mêmes confrontées aux conséquences du conflit.
Les organisations présentes ont également insisté sur la nécessité de préserver les principes du droit international humanitaire, indispensables à la protection des civils comme des personnels humanitaires.
Pourquoi la jeunesse libanaise est-elle au cœur des discussions ?
Au-delà de l’urgence, les intervenants ont souligné un enjeu majeur pour l’avenir du pays : préserver et valoriser son capital humain.
La question de la jeunesse libanaise et du départ des talents a été au cœur des échanges.
Comme l’a rappelé Sabine Sciortino, de la Direction générale de la mondialisation du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, il est essentiel de mettre en place des dispositifs permettant d’associer davantage les jeunes à la reconstruction du pays et de leur redonner des perspectives afin qu’ils puissent envisager leur avenir au Liban.
Romaric Moignan a également insisté sur le capital humain comme principale ressource du pays : une jeunesse formée, entreprenante et porteuse d’un potentiel considérable, mais aujourd’hui confrontée à la tentation croissante de l’exil. La France entend continuer à accompagner les institutions libanaises dans leurs efforts de réforme et de reconstruction. Mais, comme l’ont souligné plusieurs intervenants, l’avenir du Liban appartient d’abord aux Libanais et à ses nouvelles générations.

Quelles sont les annonces pour l’éducation et la Francophonie au Liban ?
La question de l’éducation et de la Francophonie a également occupé une place centrale dans les échanges. Le recul du français au Liban constitue un sujet de préoccupation. Selon les éléments présentés lors du colloque par la Direction générale de la mondialisation, environ la moitié des établissements sont aujourd’hui francophones, alors que le pays demeure historiquement marqué par le plurilinguisme et notamment par les liens étroits entre le français et la société libanaise.
Le renforcement de l’enseignement francophone, le soutien aux établissements scolaires et la poursuite de l’accueil des étudiants libanais en France constituent ainsi des axes importants de la relation entre les deux pays.
Alexandre Morois, directeur général de l’AEFE, a notamment rappelé l’importance du réseau éducatif français au Liban et annoncé la réouverture du lycée de Nabatieh après les vacances de la Toussaint, témoignant de la volonté de maintenir une présence éducative française au plus près des populations. L’accueil des étudiants libanais en France demeure également un levier essentiel, avec l’objectif de permettre à ces jeunes de développer leurs compétences puis de contribuer, à terme, au développement de leur pays.
Dans quels domaines la France et le Liban coopèrent-ils ?
Les échanges ont également mis en lumière les nombreux domaines dans lesquels la France et le Liban coopèrent : santé, enseignement supérieur, développement, réforme de l’administration publique, coopération décentralisée, sécurité et coopération militaire.
L’Agence française de développement, Expertise France, l’AEFE, l’AIMF et Cités Unies France participent notamment à cette dynamique, à travers des projets structurants et des coopérations entre institutions et collectivités.
La coopération parlementaire constitue également un pilier de cette relation, notamment à travers les groupes d’amitié et les échanges entre parlementaires français et libanais.
Sur le plan politique et institutionnel, Patrick Durel, ambassadeur de France au Liban, a salué l’engagement du Président de la République libanaise ainsi que celui du Premier ministre dans la mise en œuvre des réformes structurelles nécessaires au redressement du pays.
Pourquoi la relation entre la France et le Liban reste-t-elle si forte ?
Au-delà des dispositifs, des financements et des mécanismes de coopération, l’ensemble des témoignages a fait ressortir une réalité essentielle : la relation franco-libanaise repose sur un lien humain et historique particulièrement fort. Comme l’a rappelé Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, cet attachement au Liban se nourrit de décennies de liens, de rencontres, d’échanges et d’amitiés.
La “chaleur humaine” du Liban, sa richesse culturelle, son ouverture et son capital humain constituent autant de forces sur lesquelles le pays peut s’appuyer pour construire son avenir.
Quel message la France adresse-t-elle au Liban ?
À travers ce colloque, Mme Amélia Lakrafi a souhaité rappeler que la France continuera d’être présente aux côtés du Liban, en soutenant les institutions, les populations, les acteurs humanitaires, les établissements éducatifs, les collectivités et la société civile.
Elle a également souligné que la reconstruction et le redressement du pays ne pourront être durables qu’avec la mobilisation des Libanais eux-mêmes, et notamment de sa jeunesse.
“Le Liban peut compter sur la France, dans toutes ses composantes. Mais l’avenir du Liban appartient d’abord aux Libanais. Les nouvelles générations ont un rôle essentiel à jouer pour saisir les opportunités qui s’ouvrent et reprendre pleinement en main le destin de leur pays.”
La relation entre la France et le Liban est ainsi présentée comme une relation de solidarité, de coopération et d’amitié, autour d’une ambition commune : permettre au Liban de retrouver sa souveraineté, sa stabilité et les conditions d’un avenir durable.
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