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Tourisme, expatriation…Peut-on encore voyager comme avant dans un monde qui brûle ?

Canicules à répétition, incendies de forêt, sécheresses et pénuries d'eau…Le changement climatique n'est plus une menace lointaine. Il bouleverse les destinations touristiques et les conditions de voyage. Alors que l'Europe connaît des épisodes de chaleur extrême et d’incendies sans précédents, une question se pose : peut-on encore voyager comme avant dans un monde qui brûle ?

voyage dans un pays ou il fait trop chaudvoyage dans un pays ou il fait trop chaud
Écrit par Capucine Canonne
Publié le 27 juillet 2026, mis à jour le 28 juillet 2026

 

“Nous n’héritons pas de la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants”, citait Antoine de Saint Exupéry. Pendant longtemps, le changement climatique a été présenté comme un problème pour les générations futures. C’était vaguement une menace annoncée, presque abstraite. Mais le décor est en train de changer. Un été trop chaud en Espagne ? Un incendie qui menace une région touristique en Italie ?  La Loire en sécheresse ? La 4ème canicule annoncée en deux mois en France ? Le changement climatique commence à transformer la manière dont nous choisissons nos vacances, nos destinations et, parfois, notre lieu de vie.

 

 

Le climat n'est plus le problème de demain

Les chiffres donnent une idée de l'ampleur du phénomène. Selon l'Agence européenne pour l'environnement, les épisodes de chaleur extrême, les sécheresses, les incendies et les inondations vont continuer à s'aggraver en Europe, même dans les scénarios de réchauffement les plus optimistes. C’est l’évaluation européenne des risques climatiques publiée fin 2024 qui le dit en ces termes “Extreme heat, drought, wildfires, and flooding, as experienced in recent years, will worsen in Europe even under optimistic global warming scenarios and affect living conditions throughout the continent.” L'Europe du Sud est particulièrement exposée aux risques combinés de chaleur extrême, de feux de forêt et de stress hydrique.

 

 

441 000 décès en Europe. Les vagues de chaleur représentent environ 95 % de ces décès

 

Entre 1980 et 2024, les événements météorologiques et climatiques extrêmes ont causé environ 441 000 décès dans les pays de l'Agence européenne pour l'environnement, selon les données publiées par l'AEE en 2026. Les vagues de chaleur représentent environ 95 % de ces décès. Sur la même période, les pertes économiques sont estimées à environ 822 milliards d'euros.

L'Organisation mondiale de la santé alerte elle aussi sur l'augmentation de la fréquence, de la durée et de l'intensité des épisodes de chaleur extrême liés au changement climatique. La chaleur devient un véritable enjeu de santé publique.

 

 

le climat décide des destinations de voyage

 

 

Quand le climat commence à décider où nous partons 

Le tourisme dépend directement du climat. Une plage, une forêt, une montagne enneigée ou une ville historique ne se visitent pas de la même manière lorsque les températures deviennent extrêmes ou que les ressources en eau sont sous tension. La météo joue un rôle déterminant dans le choix des destinations et dans la saison touristique.

Le risque est donc de voir se dessiner une nouvelle carte du tourisme mondial. Les destinations méditerranéennes, très populaires auprès des voyageurs européens, sont parmi les plus exposées. L'Espagne, l'Italie, la Grèce ou encore certaines régions du Portugal cumulent plusieurs risques : chaleur extrême, sécheresse, incendies et pression sur l'eau.

 

La Loire, en alerte, éprouvée par une sécheresse exceptionnelle

 

Le Quai d'Orsay a d'ailleurs publié en juillet 2026 des alertes concernant les fortes chaleurs et les incendies en Espagne. Plusieurs régions du pays étaient concernées par des feux de grande ampleur, avec des recommandations aux voyageurs de s'éloigner des zones touchées et de respecter les consignes des autorités locales.

Au Portugal, les autorités ont également dû faire face à des épisodes de canicule et à un risque élevé d'incendie, avec des températures pouvant atteindre 44 °C dans certaines régions lors d'un épisode de chaleur début juillet.

 

Le Portugal en état d'alerte : canicule extrême et incendies frappent le pays

 

 

voyager par une forte chaleur

 

 

Alors, faut-il renoncer à la Méditerranée ? Pas nécessairement. Mais peut-être faut-il accepter une idée nouvelle, celle que le climat pourrait devenir un critère de choix touristique aussi important que le prix, la distance ou la beauté d'une destination.

 

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Le tourisme est à la fois victime du changement climatique et l'un de ses contributeurs. En France par exemple, selon l'ADEME, le tourisme a généré 97 millions de tonnes de CO₂, soit l'équivalent de l'empreinte carbone annuelle de 10,5 millions de Français. Le transport représente 69 % de l'empreinte carbone du tourisme, tandis que le transport aérien représente à lui seul 29 % des émissions du secteur touristique. Selon ONU Tourisme, les émissions liées au transport du tourisme international pourraient augmenter de 45 % entre 2016 et 2030, passant de 458 à 665 millions de tonnes de CO₂.

 

 

voyage dans un pays ou il fait trop chaud

 

 

Où voyager demain pour avoir moins chaud ?

Il serait trompeur de désigner des pays comme de nouveaux « paradis climatiques ». Aucun territoire n'est à l'abri des conséquences du changement climatique et les risques varient fortement à l'intérieur d'un même pays. Des tendances émergent. 

 

Miser sur le Nord de l'Europe

Les pays nordiques - comme la Norvège, la Suède ou la Finlande - pourraient bénéficier d'un intérêt touristique croissant à mesure que les épisodes de chaleur deviennent plus difficiles à supporter dans le Sud de l'Europe. Cela ne signifie évidemment pas qu'ils sont épargnés par le changement climatique. L'AEE souligne que les risques climatiques touchent l'ensemble du continent et que des régions jusque-là moins exposées à certains phénomènes, notamment les incendies, peuvent désormais être concernées.

 

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Voyager hors saison

Et si le véritable changement consistait moins à changer de pays qu'à changer de calendrier ? Partir en mai, juin, septembre ou octobre permet souvent d'éviter les pics de chaleur tout en réduisant la pression exercée sur les destinations pendant la haute saison. L’été ne serait plus nécessairement la saison reine pour voyager…

 

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Explorer les régions moins exposées

Le tourisme pourrait également se déplacer vers des territoires où les risques climatiques sont moins concentrés. Mais là encore, impossible de dresser une carte définitive des « destinations sûres ». Le meilleur réflexe est donc de se renseigner sur les risques spécifiques à la destination et à la période choisie, plutôt que de chercher un pays prétendument épargné par le changement climatique.

Pour les Français qui partent à l'étranger, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères recommande de consulter les Conseils aux voyageurs et de s'inscrire au Fil d'Ariane, qui permet de recevoir des alertes en cas d'événement majeur sur le lieu de séjour. Le Quai d'Orsay rappelle que ses recommandations sont actualisées par pays, en fonction de l'évolution des risques.

 

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