Édition internationale

Trois questions pour mieux comprendre la crise des agriculteurs en France

Depuis maintenant plusieurs jours, la France fait face à des manifestations de la part des agriculteurs, aussi appelés gilets verts. L’une des principales raisons de ces blocages est le manque de revenus des agriculteurs. Des raisons financières qui entraînent un siège de la capitale ce lundi 29 janvier. Nous revenons sur trois questions pour mieux comprendre cette crise nationale.

Mobilisation des agriculteurs en France Mobilisation des agriculteurs en France
Écrit par Paul Le Quément
Publié le 29 janvier 2024

Les agriculteurs se rapprochent de la capitale ce lundi 29 janvier. L’objectif est clair, pousser le gouvernement à prendre des mesures qui permettent de résoudre les problèmes financiers auxquels font face les agriculteurs français depuis plusieurs années. 

Quelles sont les revendications des agriculteurs ? 

Les agriculteurs demandent principalement un meilleur salaire alors qu’un sur cinq d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté. Pour cela, des mesures sont demandées, notamment sur le prix de leurs produits. Il s’agit de la toute première revendication de la Confédération paysanne, une des organisations faisant partie du mouvement. En plus de cela, les agriculteurs dénoncent la concurrence déloyale avec l’importation de produits européens contenant des produits interdits en France selon eux. 

Une concurrence qui, parfois, ne respecte pas l’obligation européenne de mise en jachère de 4% des terres des agriculteurs pour préserver la biodiversité. En plus de cela, les deux principaux syndicats, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) et JA (Jeunes agriculteurs), veulent un moratoire sur les normes environnementales en France. Ces syndicats souhaitent que la France n’impose pas plus de normes environnementales que les autres pays européens, pour ainsi être sur un pied d’égalité. 

Quelles mesures ont déjà été prises par le gouvernement d’Emmanuel Macron le vendredi 26 janvier ? 

Le vendredi 26 janvier, le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé une série de mesures pour calmer la colère des agriculteurs, en vain. Parmi elles, la simplification des mesures et des normes, le respect de la loi Egalim 3 (ayant pour but d’améliorer la rémunération des agriculteurs) ou encore une “enveloppe conséquente” pour soutenir la viticulture et 50 millions d’euros pour la filière bio.

Mais, la mesure la plus attendue est sans aucun doute celle concernant la hausse de la fiscalité du gazole non-routier (GNR) notamment pour les engins agricoles comme les tracteurs . Gabriel Attal a annoncé que cette mesure était tout simplement supprimée : "Même si cette réforme a été travaillée, discutée, acceptée par le syndicat majoritaire, ça ne passe pas. On va arrêter avec cette trajectoire de hausse du GNR" explique le Premier ministre en conférence de presse. 

Des mesures insuffisantes, les agriculteurs lancent l’assaut sur la capitale ? 

Malgré les annonces de la part de Gabriel Attal, les mobilisations continuent à travers la France pour demander une amélioration du salaire et donc des prix plus favorable pour les agriculteurs. Comme signe de protestation, près de 1700 tracteurs se dirigent vers Paris pour “un siège”. Les agriculteurs prévoient de bloquer les autoroutes donnant accès à l'île-de-France. Certains d’entre eux évoquent même de se rapprocher pour bloquer plus précisément Paris et ses alentours. Ce phénomène perturbe toute la France notamment à Lyon mais aussi dans la périphérie de Marseille. 

Des actions qui forcent le gouvernement à réagir alors que 15.000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés. L’objectif est d'empêcher que les tracteurs entrent dans Paris et les grandes villes, mais aussi d'empêcher le blocage du marché de Rungis et des aéroports franciliens. "On a posé de premières mesures de simplification, on a commencé à répondre, on va continuer à le faire dans les jours qui viennent" explique le ministre de l’Agriculture, Marc Fresneau lors d’un point presse ce lundi 29 janvier.

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