Édition internationale

Entre confiance et méfiance, l’image contrastée de la France en Afrique

En marge du sommet Africa Forward qui a eu lieu du 11 au 12 mai 2026 au Kenya, le Quai d’Orsay a commandé une étude réalisée par IPSOS sur la perception de la France en Afrique. Celle-ci demeure contrastée. Si la France conserve globalement une bonne image, elle continue aussi d’être perçue comme une puissance qui défend avant tout ses propres intérêts. Décryptage.

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Sommet Africa Forward au Kenya
Écrit par Patrice Ajavon
Publié le 22 mai 2026, mis à jour le 25 mai 2026

 

Comment la France est-elle perçue par les Africains ? Selon l’enquête, 74% des personnes interrogées déclarent avoir une bonne image de la France, tandis que 77% considèrent encore le pays comme influent à l’échelle mondiale. Les résultats sont particulièrement positifs au Kenya, au Nigeria ou encore en Afrique du Sud. À l’inverse, l’image de la France apparaît plus dégradée au Maroc, à Madagascar ou en République démocratique du Congo.

 

Méthodologie : L’étude a été réalisée par Ipsos BVA pour le ministère français des Affaires étrangères entre le 9 et le 21 avril 2026 auprès de 9 466 personnes âgées de 18 ans et plus dans neuf pays africains. Plus de 1 000 personnes ont été interrogées dans chaque pays, via un questionnaire en ligne, avec un échantillon construit pour être représentatif de la population selon le sexe, l’âge, la profession et la région d’habitation.

 

Il est important de mettre en perspective toutes ces données. Au vu du nombre de pays sondés en comparaison du total de pays présents sur le continent africain, ces résultats ne peuvent pas traduire une perception globale de l’Afrique vis-à-vis de la France. Ils permettent cependant de dégager une tendance. 

 

Une présence française en Afrique jugée utile…

L’étude montre qu’une majorité des sondés reconnaît le rôle de la France dans plusieurs secteurs clés du développement africain. 67% des personnes interrogées estiment que la France contribue à l’emploi et à la formation professionnelle, tandis que 65% saluent son rôle dans l’éducation. La santé (62%) et le développement économique (62%) figurent également parmi les secteurs où l’action française est jugée positive.

Les attentes des populations restent d’ailleurs très concrètes. Les personnes interrogées souhaitent principalement davantage d’investissements visibles, plus de transparence sur les actions menées en Afrique et un travail renforcé avec la jeunesse africaine. À cet effet, 57% des répondants considèrent que la création d’emplois doit être la priorité du sommet Africa Forward, devant les annonces d’investissements en Afrique (45%).

Autre enseignement important : les jeunes apparaissent comme les plus favorables à la France. Les moins de 35 ans ont généralement une meilleure image du pays et se montrent aussi plus confiants envers les communications officielles françaises.

 

…mais une forte méfiance vis-à-vis de la France persiste

Malgré ces perceptions positives, l’étude met aussi en lumière une défiance importante envers la France et ses entreprises. Près de trois quarts des personnes interrogées estiment que les entreprises françaises pillent les ressources locales dans les pays où elles sont implantées.

De plus, parmi les personnes qui disent ne pas faire confiance à la France, 81% pensent qu’elle cherche avant tout à protéger ses propres intérêts plutôt qu’à soutenir réellement le continent africain.

Ces avis partagés reflètent une relation complexe entre la France et plusieurs pays africains. Malgré les critiques persistantes autour du passé colonial et de l’influence française en Afrique, les attentes restent avant tout économiques. L’emploi, la santé, l’éducation et les investissements figurent parmi les priorités les plus citées dans l’enquête.

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