Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a annoncé le 29 juillet 2026 vouloir vendre des parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés. Une vague de critiques est survenue de la part des différentes confédérations de football. Le projet a finalement été abandonné. Retour sur la polémique qui a divisé le monde.


Un projet qui a scandalisé le monde du football. Le président de la FIFA a annoncé, mercredi 29 juillet 2026, vouloir ouvrir la Coupe du monde de football à des investisseurs privés. L’idée était de passer par la création d’une société commerciale qui détiendrait les principaux actifs de la FIFA dont les droits commerciaux de la Coupe du monde. La FIFA céderait ensuite 20 % du capital de cette structure à des investisseurs privés. Gianni Infantino voulait offrir aux fédérations des ressources financières plus conséquentes. Ce projet menaçait de transformer le football mondial en actif financier privatisé.
Une privatisation d’une partie de la FIFA dirigerait l’instance vers une logique commerciale au détriment de la gouvernance sportive et des valeurs du football. Les conséquences pour le football seraient importantes : plus de compétitions, choix des pays hôtes en fonction du plus rentable, instabilité politique en interne et des boycotts potentiels de certaines fédérations. Ce projet a suscité un tollé dans le monde du football avant d'être officiellement abandonné, dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août.
Il existe 6 confédérations de football qui représentent des continents ou des régions du monde. L’AFC, la confédération asiatique de football, regroupe les associations de football de tous les pays d’Asie. La CAF, Confédération africaine de football, regroupe tous les pays d’Afrique ; la CONCACAF regroupe les pays d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et les pays situés dans les Caraïbes. La CONMEBOL est la plus petite et regroupe les pays d’Amérique du Sud ; l’OFC regroupe les pays d’Océanie et les îles du Pacifique. Enfin, l’UEFA est la confédération des pays européens.
Quelles confédérations ont soutenu le projet de Gianni Infantino ?
Plusieurs confédérations ont soutenu le projet du président de la FIFA ou n’ont pas montré d’opposition. La CAF, la confédération africaine, ainsi que l’OFC, confédération de l’Océanie, ne se sont pas opposées au projet et ont privilégié l’étude de l’idée de Gianni Infantino. La confédération de l’Amérique du Sud est quant à elle restée dans le silence.
La fédération des Comores, pays d’Afrique, a affirmé son soutien au projet du président de la FIFA, en grande partie attiré par l’argent que celui-ci promet. Gianni Infantino a mentionné une somme d’argent conséquente, soit 20 millions de dollars, destinée aux fédérations qui soutiendraient son projet. Saïd Ali Saïd Athouman, président de la fédération des Comores, s’est exprimé dans le journal L’Équipe, en manifestant son intérêt pour ce projet de rachat de la part de la Coupe du monde. Il justifie sa position en expliquant que les fédérations n’ont pas toutes les mêmes moyens financiers, « Notre problème, c’est comment obtenir de l’argent ? En ce moment, nous n’avons aucun sponsor. Nous avions Comores Telecom pour à peu près 100-150 000 € l’an passé. Donc comment fait-on pour rivaliser avec le Maroc, l’Algérie, la Côte d’Ivoire ? Les nations les plus riches peuvent former, avoir des infrastructures, des équipements et ce n’est pas un hasard ensuite si vous avez des résultats. Les pays européens, dans leur majorité, n’ont pas ces soucis.»
Gianni Infantino a promis 20 millions de dollars (17,5 millions d’euros), en plus des aides habituelles versées aux fédérations à travers le programme Fifa Forward (FFP), pour la période 2027-2030. À cela s’ajoute une somme supplémentaire de 20 millions de dollars, également pour les associations adhérant de manière libre et de leur volonté au programme.
Cette somme d’argent pourrait aider le pays à avoir davantage de moyens pour rivaliser avec d’autres nations sur le terrain, « On ne dit pas que les pays africains sont pour ou sont contre, mais on ne doit pas rejeter cette proposition sans l’étudier, explique Saïd Ali Saïd Athouman. Si j’avais été un Européen, je n’aurais peut-être pas cette idée, mais je vis une autre réalité.»
Quelles confédérations n’ont pas soutenu le projet de Gianni Infantino ?
De nombreuses fédérations ont rapidement exprimé leur mécontentement face au projet du président de la FIFA. « À la suite des discussions d'aujourd'hui (jeudi 30 juillet 2026), aucune équipe nationale de l'UEFA ne participera à une compétition de la FIFA tant que ces propositions resteront d'actualité, sauf si elles sont abandonnées dans leur intégralité avec l'assurance que la FIFA n'ouvrira plus jamais ses compétitions à des investisseurs privés », explique le communiqué de l'UEFA, la confédération européenne. Le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, a précisé que le refus du projet de Gianni Infantino a été voté par l’ensemble des pays membres de la confédération.
Il est reproché au projet de manquer de transparence et de consultation auprès des fédérations. La FIFA est depuis sa création une association à but non lucratif et l’idée de Gianni Infantino entraînerait une privatisation du patrimoine collectif de la FIFA, passant d’un bien commun à un produit rentable. Ce que craignent de nombreuses fédérations est que le football soit davantage commercialisé, avec plus de matchs, plus de compétition et que le sport ne passe plus au centre.
Selon The Telegraph, la Confédération européenne a porté plainte contre Gianni Infantino et la FIFA. Les poursuites judiciaires porteraient sur le projet de FIFA Forward Enterprise (FFE), une société destinée à ouvrir aux investisseurs privés des parts commerciales de la FIFA dont la Coupe du monde.
Le président de la Fédération française de football, Philippe Diallo, avait participé à une pré-réunion la veille et avait réclamé « plus de clarification, de démocratie et de transparence » de la part de la FIFA sur l’Équipe. Par la suite, la CONCACAF, la confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes, a rejoint l’UEFA dans son rejet de la proposition d’Infantino. Pour autant, la CONCACAF ne rejoint pas l’idée du boycott.
Coupe du monde 2026 : quel bilan de cette édition historique et polémique ?
Le lundi 3 août, la Football Association (FA) a annoncé ne plus soutenir Gianni Infantino pour la prochaine élection à la présidence de la FIFA. Le dirigeant sportif helvético-italo-libanais, en poste depuis 2016, est candidat à l’élection à la présidence de la FIFA en mars 2027. Pour l’heure, aucun autre candidat ne s’est officiellement annoncé.
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