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FEDERICO PASIN - "HEC Montréal veut être un campus bienveillant"

Par Damien Bouhours | Publié le 28/11/2019 à 10:00 | Mis à jour le 29/11/2019 à 11:22
federico pasin HEC Montréal

Le directeur de HEC Montréal, Federico Pasin, s’est entretenu avec nous de la stratégie de cet établissement universitaire canadien et des enjeux liés aux nouvelles technologies et à la responsabilité sociale pour les gestionnaires de demain.

 

Après de nombreuses années passées à HEC Montréal, vous êtes entré en fonction à titre de directeur en juin dernier, quelle est votre vision de l’École et de l’enseignement au sein de HEC Montréal ?

Après 25 ans passés à l’École, je peux dire que je la connais très bien. J’ai commencé comme professeur en gestion des opérations et de la logistique. J’ai ensuite cumulé des tâches de gestion comme directeur de département et puis du programme de baccalauréat. J’ai été directeur des activités internationales, ce qui m’a permis de rencontrer de nombreux partenaires à travers le monde et de voir les bonnes pratiques et les programmes stimulants à l’étranger. À cette fonction, j’ai ajouté celle de secrétaire général pendant huit années. J’ai eu l’occasion de côtoyer l’ancien directeur Michel Patry au sein du comité de direction. Je m’inscris donc dans la continuité. Nous vivons dans un monde où tout est gestion. Nos cursus permettent de prendre en compte la problématique de gestion et de l’appliquer à d’autres domaines pour faire des programmes à forte valeur ajoutée, c’est le cas notamment dans le domaine des arts ou de l’intelligence artificielle.

 

HEC Montréal a aussi besoin de donner l’exemple pour ce qui est du développement durable. Une de mes premières actions en tant que directeur a été de nommer secrétaire générale et directrice du développement durable une très proche collaboratrice. L’autre axe important pour nous est la diversité et l’équité et la qualité de vie au travail. Nous souhaitons aussi attirer et retenir nos professeurs et les autres membres du personnel Il est important de les écouter pour qu’ils puissent s’exprimer et mettre de l’avant leurs bonnes idées.

 

Quelle est la stratégie à linternational de HEC Montréal ?

Depuis son origine, HEC Montréal est une école francophone ouverte à l’international. Beaucoup d’écoles en Europe francophone ont complètement abandonné le français. Ils font des masters en anglais et recrutent des professeurs qui ne parlent pas français. Les réunions d’équipe se passent même en anglais. HEC Montréal voit le français comme une très grande valeur ajoutée même si nous sommes conscients que l’anglais est la langue commune pour les affaires. Mais le fait d’avoir une langue supplémentaire ouvre tellement de possibilités. Plusieurs de nos programmes sont multilingues. Aux études supérieures, tous les programmes sont offerts en français mais certains sont également proposés en anglais, accompagnés d’un programme de francisation. Cela favorise aussi beaucoup l’intégration. Beaucoup d’étudiants viennent pour l’excellence de nos programmes mais aussi dans un projet de vie, en voulant s’installer au Canada.

 

Une première pelletée a été apportée pour la construction d’un nouveau bâtiment au coeur du centre des affaires de Montréal. Pourquoi ce choix ?

HEC Montréal veut étendre ses activités de recherche et de transfert dans des domaines clés pour Montréal. Nous construisons ce nouvel édifice pour être au coeur du centre des affaires pour que nos expertises soient physiquement rapprochés des décideurs. Cela leur permettra aussi de pouvoir aller à des conférences dans notre édifice et aussi d’intervenir auprès de nos étudiants. En 2022, ce nouvel édifice nous permettra également d’offrir des formations pour les cadres et professionnels en exercice.

 

HEC Montréal est le premier campus francophone à recevoir la désignation Change Maker Campus de l’organisme Ashoka U. Pouvez-vous nous parler de la politique d’innovation sociale de l’École ?

Cette désignation nous a fait grandement plaisir car cela montre que nous sommes au coeur de plusieurs innovations sociales. Elle a été obtenue aussi grâce à nos étudiants et leurs associations. Il y a un véritable foisonnement d’activités. Nous nous inscrivons dans un campus qui a une forêt. Nous avons aussi de nombreux étudiants qui font du bénévolat et s’impliquent dans des causes humanitaires. Nous proposons également des cours concernant ces sujets. Nous voulons que les gestionnaires d’aujourd’hui aient cette conscience sociale et soient sensibles aux défis environnementaux. Nous avons notamment un incubateur qui est spécialisé en entreprenariat social, et une compétition en innovation sociale mondiale, ce qui permet à des étudiants et professeurs du monde entier de venir discuter avec nos équipes.

 

Vous proposez des programmes pour appréhender l’Intelligence artificielle et les sciences des données. En quoi ces domaines sont essentiels aux futurs managers et entrepreneurs ?

La gestion doit s’ouvrir à ces domaines. Nous devons apprendre à nous servir des données pour mieux comprendre, notamment nos consommateurs et leurs besoins. Les données sont nombreuses et il faut donc être capable de les synthétiser. Le gestionnaire va devoir travailler avec des mathématiciens et des spécialistes dans ses équipes et il lui faudra un niveau de compétence qui lui permettra de les comprendre et les diriger. Nos programmes permettent aux entreprises d’être plus efficaces et plus rentables en leur apprenant à utiliser les données de manière dynamique pour les ajuster. Mais il ne faut pas oublier que pour comprendre aussi la technologie, il faut comprendre l’humain. Le défi est de pouvoir mélanger l’aspect humain avec l’aspect technique pour créer une nouvelle organisation du travail.

 

Vous accueillez de nombreux étudiants internationaux, comment les accompagnez-vous ?

HEC Montréal a le plus gros programme d’échange au Canada. Nous accueillons donc de nombreux étudiants qui viennent chez nous pour quelques mois et souvent ne parlent pas français. Nous sommes donc là pour les accueillir, les aider à trouver un logement, leur permettre d’avoir quelques bases en français et également avoir des activités pour découvrir Montréal.

 

En parallèle de cela, il y a des étudiants inscrits chez nous et dont certains souhaitent rester par la suite au Canada. Nous proposons à ceux qui ne sont pas francophones de venir avant leur rentrée pour les aider à apprendre le français à travers notre École d’été du français des affaires.

Pour ceux qui quittent le cocon familial, nous allons aussi les aider dans cette transition pour leur apprendre à être plus autonomes. Nous avons des équipes pour aider les étudiants à gérer leur stress ou leur apprendre à bien s’organiser. C’est notamment très utile pour les Français qui ont souvent des difficultés à gérer des projets loin dans le temps mais rapprochés entre eux après une période peu occupée.

 

Nous offrons également un soutien psychologique. Quand arrive la période hivernale et le froid s’installe et que les jours se raccourcissent, certains étudiants trouvent cela difficile. Pour ceux qui se retrouvent seul(e) aussi à Montréal, loin de leur famille, nos associations étudiantes proposent beaucoup d’activités culturelles, sportives, ou des voyages dans la région. Nous voulons être un campus bienveillant et que les gens qui viennent chez nous s’y sentent bien et ce peu importe leur culture, leur religion ou leur orientation sexuelle. Nous sommes d’ailleurs impitoyables envers l’homophobie et le harcèlement sexuel. Nous voulons que nos étudiants se sentent protégés et soutenus.

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Damien Bouhours

Damien Bouhours

Diplômé de sociologie à l'Université de Nantes et Tromsø (Norvège), il a vécu plus d'une décennie en Asie du Sud-Est (Laos et Thaïlande). Il a rejoint lepetitjournal.com en 2008 dont il est directeur éditorial et partenariats.
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