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WORKING HOLIDAY VISA – Mi fiction, mi documentaire, un film sur la réalité des PVT

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 04/11/2015 à 19:24 | Mis à jour le 06/11/2015 à 03:59



Le visa ?Working Holiday? permet à des milliers de jeunes de partir voyager et travailler à l'étranger. Deux journalistes-réalisateurs, Elodie Fournot (France) et Antoine van der Straeten (Belgique) ont tout quitté ainsi pour la Nouvelle-Zélande. Ils témoignent dans leur premier film de la réalité sur place, entre belles rencontres et abus


Elodie et Antoine se sont rencontrés au boulot. Tous deux journalistes, reporters d'image, ils ont eu envie, après quelques années, de changement, de voyage. Ils ont postulé afin d'obtenir un PVT (Permis Vacances Travail) pour la Nouvelle-Zélande, à l'instar de  très nombreux jeunes de 18 à 30 ans, de tous les continents, qui tentent cette aventure. En quelques clics, après avoir tout vendu, ils se sont retrouvés propulsés à l'autre bout du monde.

« En arrivant, nous n'avions pas d'objectif professionnel précis, racontent Elodie et Antoine. Nous avions envie d'utiliser nos compétences techniques dans l'audiovisuel notamment. Mais on s'est vite rendu compte que notre visa ne nous permettait pas de travailler plus de 3 mois dans le même travail*, ce qui nous cantonnait au travail saisonnier. On a tapé à toutes les portes : restaurants, magasins, sans succès. On a mis deux mois avant de toucher un premier salaire ».

Devant les difficultés, le jeune couple a vite cherché sur les sites spécialisés sur Internet des emplois saisonniers (cueillettes de fruits ou de légumes). « Nous avons découvert l'exploitation de travailleurs pauvres... Beaucoup jouent sur le besoin de travailler à tout prix et la naïveté des jeunes PVTistes qui ne connaissent pas forcément les usages. Ce qui se passe est parfois tout simplement illégal ».


Elodie et Antoine dénoncent notamment le business caché de certaines auberges : « Les logeurs ont des arrangements privés avec les employeurs locaux : ?tu m'envoies des travailleurs, et en échange ils se logent chez toi'. Le voyageur voit des annonces, mais la personne que l'on appelle est le propriétaire d'un hôtel et non l'employeur. Une fois qu'on a fait le déplacement, on apprend qu'il faut d'abord payer l'hôtel, et ensuite on trouvera peut-être un petit boulot. Les employeurs ne sont pas contactables directement. Si on pose des questions, on nous dit que la porte est là, que l'on peut chercher ailleurs ». Au fil de leurs aventures, ils découvrent aussi la précarité des travailleurs venus des Iles Salomon, voisines de la Nouvelle-Zélande. Heureusement il y a aussi de belles rencontres, comme celle de ce fermier un peu solitaire qui s'ouvre à leur contact. « Une réelle amitié s'est créée. C'est une autre facette de notre voyage ».

Un film pour témoigner

« On s'est dit que ce serait bien de faire quelque chose pour prévenir les voyageurs des mauvais côté de l'expérience pour qu'ils puissent mieux s'y préparer. Sans oublier de communiquer sur les côtés positifs de cette magnifique aventure qu'est celle de partir et de découvrir par soi-même le monde. On a voulu en parler aux médias locaux mais nos mails n'ont pas trouvé d'écho. Parallèlement on a rencontré un acteur allemand, Stephen, ce qui nous a décidé à sauter le pas pour faire du cinéma. On a écrit un scénario pendant un mois et demi en mélangeant fiction et documentaire. On a ensuite constitué une petite équipe (de 7 personnes minimum), et on a tourné avec de petits moyens. On avait une caméra et des objectifs avec nous. On a acheté le kit son. Passionnés de technique, Antoine a réussi à faire de notre petit boitier une machine à décupler les compétences de l'appareil.»

Dans le scenario du film, fiction et plusieurs niveaux de réel s'entremêlent, des témoignages sont insérés, certains verbatims sont retranscrits mot à mot. « Certains passages ont été filmés en caméras cachées comme lorsque Stephen fait des démarches pour répondre aux petites annonces. »



L'équipe au complet de gauche à droite : Antoine van der Straeten (réalisateur) Elodie Fournot (Réalisatrice) Steffen Müller (acteur principal), William Akyol (ingénieur du son) Charlène Bellier (régisseuses), Miléna Grillon (scripte), Leon Konekamp (assistant réal et seconde caméra).

Une vision réaliste du PVT
« Ce film est une réflexion sur les raisons qui nous font partir au bout du monde, sur l'émigration ». Entre paysages superbes et magnifiques ciels étoilés, le film montre à la fois les remises en questions des voyageurs, la solidarité entre travailleurs en galère, et des logeurs ou employeurs malhonnêtes. Un voyage initiatique en somme, même si la carte postale est un peu écornée : « Lorsque l'on part pour un an seulement, on veut à tout prix faire de cette expérience quelque chose de positif, donc on ne veut pas se révolter. On voulait permettre aux personnes qui s'imaginent en PVT de ressentir l'émotion que l'on peut avoir en vivant ce genre d'aventure, autant les négatives que les positives ». A voir absolument avant de faire son sac à dos !

MPP (www.lepetitjournal.com) jeudi 5 novembre 2015

Le film Working Holiday Visa est diffusé via internet. Il est en anglais, sous-titré anglais, français et allemand.
Disponible en VOD depuis le site : http://workingholidayvisafilm.com/

Disponible aussi en VOD sur Vimeo on demand: https://vimeo.com/ondemand/workingholidayvisa

DVD en vente sur Amazon

* PVT Nouvelle Zélande Les conditions de séjour varient d'une nationalité à une autre. Les Français, les Belges ou encore les Canadiens n'ont pas de limite de temps en terme d'emploi. La seule limite est de ne pas accepter de postes permanents. En savoir plus sur le site PVTiste.net. Remarque d'Élodie et Antoine sur ce sujet : "Pour le contrat de travail de 3 mois à plus c'est un débat qui s'ouvre et qui est intéressant. Car nous avons eu à faire à la chaîne d'hôtel avec son armada de juristes lorsqu'ils souhaitaient nous embaucher pour 5 mois. Ils ont vraiment essayé de faire leur possible car on convenait pour le job et ils avaient une urgence. En allant sur le site de l'immigration de Nouvelle-Zélande, les règles sont claires mais la réalité est différente. Il n'est pas dit que nous sommes en tant que PVT limités à un job de 3 mois, mais dans le doute, du fait de certains cas, l'employeur ne prend pas le risque. Ca montre que c'est un visa qui peut amener à des situations complexes que les différents intéressés ne maîtrisent pas toujours".

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