Mardi 20 octobre 2020
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COVID-19 : Le Club Teli accompagne les expats dans la bonne humeur

Par Sandra Camey | Publié le 06/05/2020 à 18:00 | Mis à jour le 07/05/2020 à 17:17
emploi stage étranger

Dominique Girerd, directeur du Club TELI, se confie sur son association qui aide les futurs employés et stagiaires à trouver leur voie à l’étranger. Même durant la pandémie, cette association garde sa bonne humeur et continue d’informer ses lecteurs sur les pays où il est encore possible de s’expatrier.
 

Comment est né le club TELI ?

L’association a été créée en 1992, mais l’idée a germé à partir de 1990. Nous étions une petite dizaine de personnes qui voyageaient chacun de leur côté et qui se rencontraient. Nous faisions des soirées bars, des soirées de discussions. J’y ai moi même participé quelques fois. Nous échangions des informations, des souvenirs mais aussi des cartes de visite d’endroits où nous avions travaillés. Notre réseau était pas mal fourni car composé de gens qui voyageaient beaucoup dont certains à temps plein. L’idée est partie de personnes qui se disaient « moi j’ai fait ci, je te conseille ça ». En agrandissant le cercle, on s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de personnes intéressées. A l’époque, à part les guides de voyages où on apprenait où dormir et où manger, il n’y avait rien pour nous apprendre où travailler. Lorsqu’on s’est agrandi, des demandes d’informations sur des offres d'emplois et de stages à l’étranger étaient un thème très récurrent vu que nous étions les seuls à pouvoir échanger de tels informations. De fil en aiguille, cela a attiré beaucoup de monde et nous avons décidé de créer une association pour s’échanger entre nous ces informations. C’est la genèse de l’aventure du Club TELI.
 

Que souhaite apporter votre association aux Français voulant partir à l’étranger ?

Trois éléments sont les bases de notre association. Le premier qui est notre essentiel depuis le début de l’aventure, c’est l’information que nous échangeons. Nous mettons quasiment tous les jours des informations en ligne, ramenées par nos membres.

Le deuxième point c’est le réseau. Chacun chez nous a son profil et peut discuter avec un autre. Ils peuvent se raconter les uns, les autres leurs propres expériences positives ou négatives et les transmettre. Certains de nos adhérents trouvent un stage ou un emploi à l’autre bout du monde, simplement parce qu’un autre lui a donné des informations, parfois sans même qu’une offre ait été diffusée. C’est ce que nous appelons l’emploi invisible, des candidats qui se glissent leurs jobs les uns aux les autres. Nous possédons tout de même un diffuseur d’offres, où nous passons une grande partie de notre temps à prospecter des entreprises à l’étranger. Nous trouvons des offres, et les mettons en ligne. Hier encore, nous le faisions avec le Covid-19 pour voir comment allaient certaines entreprises. Notre banque de données d’offres est réactualisée tous les jours.

Le dernier élément important, est la mise à disposition d’un chat et d’un forum, qui permettent aux adhérents de nous poser des questions. Un jeune il y a quelques jours, nous a téléphoné en nous demandant de l’aide pour remplir un formulaire que son futur employeur en Angleterre lui a demandé. Nous sommes là pour leur apporter ce suivi et cet accompagnement, qui va leur permettre d’être encadrés pendant leurs démarches.
 

Quel impact pensez-vous que le coronavirus aura sur l’offre et la demande des emplois ?

C’est ce que nous essayons de détecter. Nous avons commencé dès janvier lorsque la crise a commencé en Chine. Certains de nos employeurs sont en Chine et pendant quelques semaines nous avons cru que cela allait se cantonner à ce pays. 

Début mars nous avons contacté un employeur que nous connaissons dans le Sud de l’Italie qui nous disait « non, pour nous cela ne va rien changer du tout, nous continuons à recruter pour l’été ». Il y a tout un spectre de l’optimisme total au pessimisme fini comme pour un autre de nos employeurs au Québec : « nous n’en savons rien, je crois même que nous allons faire faillite ».

Nous avons recommencé à prospecter, suite aux différentes mesures adoptées par les gouvernements. Pour le déconfinement par exemple, nous étudions aujourd’hui l’Espagne par rapport à l’ouverture des bars et des restaurants. Des employeurs nous ont renvoyé des offres, d’autres nous ont demandé des CV de nos adhérents pour recruter cet été.

Certains pays vont rester fermés, c’est pour cela que nous avons créé une page internet dédiée à ces informations. En Argentine par exemple, les autorités ont annoncé qu’elles fermaient leurs vols internationaux jusqu’au premier septembre, donc pour l’été il n’y aura pas de recrutement. Il y en a d’autres qui n’ont pas eu le temps car ils recrutent généralement en mars et en avril. Ceux-là attendent fin mai voire début juin pour recruter en masse. Nous sommes dans une situation charnière où tout est tombé à zéro en terme de recrutement du 15 mars jusqu’à maintenant. Mais certains nous disent encore qu’ils vont rattraper le temps perdu. Ils pensent réouvrir cette été et donc recruter massivement à la fin du mois de mai. Ce sont tous les échos qu’on a en référence à la crise du coronavirus, mais il est difficile de tirer une ligne généraliste.

Cela fait beaucoup de travail de notre côté car nous sommes obligés de tenir à jour nos informations. Nous avions des employeurs qui avaient l’habitude de nous dire de laisser leurs annonces toute l’année chez nous, car ils avaient sans cesse besoin de monde. Nous sommes en train de les recontacter pour savoir s’ils sont toujours en activité et s’ils pensent recruter. Cette situation est un peu extraordinaire, en 28 ans d’existence, nous n’avons jamais eu ce type de démarche là.

Nous invitons nos membres à continuer de postuler pour l’été mais nous leur conseillons vivement de rester dans l’Union européenne. Certains employeurs nous contactent pour la rentrée de septembre voire déjà pour 2021.
 

Comment vous est venue l’idée de créer une page d’informations positives en relation avec le coronavirus ?

Nous avons fait cela pour nous faire plaisir. Début mars notre moral était au plus bas, je pense, comme tout le monde, à cause de la succession de mauvaises nouvelles. En voyant passer de temps en temps des informations drôles et positives, nous avons donc décidé de transmettre à notre tour des bonnes nouvelles.

Tous les jours, nous rajoutons des choses sympathiques comme les pays qui sont épargnés ou des petites aventures. Jusque là, la page est un succès, nos lecteurs veulent aussi avoir des informations positives et ils nous le demandent. Cette page permet aussi de redonner confiance à nos lecteurs et membres.

Nous avons aussi créé une page sur l’état des lieux des différents pays en fonction des retours des employeurs que nous contactons autour du monde. Nous listons les pays que nous classons, au fur et à mesure, en fonction de ceux qui vont ouvrir leurs frontières et de ceux qui vont prendre plus de temps. Les candidats auront ainsi les informations nécessaires pour pouvoir rebondir.

Début mai, nous ouvrons une nouvelle page de recrutement en France, au cas où certains de nos adhérents ne puissent pas partir à l’étranger cet été. C’est la première fois que nous faisons ça, au moins le temps que la pandémie du coronavirus se calme un peu. Nous commencerons à mettre en ligne ces offres dès début mai.

Nous cherchons surtout dans les secteurs qui vont recruter. L’agriculture, la grande distribution, la logistique et le soins aux personnes, tous ces métiers là recrutent aujourd’hui en France et à l’étranger. Le tourisme pour l’instant, restera calme.
 

Ressentez vous déjà des impacts à l’heure actuelle au sein de votre association ?

Oui, c’est évident. Nous avons beaucoup de candidats qui ont laissé tomber leur souhait de départ, ou des étudiants qui ne partent plus car certaines écoles ont annulé les stages. Ces personnes là nous contactaient avant, ce qui a induit une baisse d’environ 50% de l’activité de l’association depuis à peu près un mois. Nous ne sommes pas épargnés par cette crise. Tout le monde est concerné à plus ou moins grande échelle mais lorsqu’on s’occupe de la mobilité internationale, un événement comme celui-ci ne peut que nous impacter. Nous espérons seulement que cela sera temporaire. Ce qui avait été le cas avec la crise de 2008, quand les économies du monde étaient dans des situations un peu périlleuses. En revanche, l’année 2009 avait été une excellente année pour nous car des suites de la crise, la population avait du mal à trouver seule des offres d’emploi et de stages.

En ce moment, notre travail consiste donc à trier ceux qui vont réussir à surpasser la crise et ceux qui ne vont pas s’en remettre. Beaucoup de candidats, parmi ceux qui s’occupaient de trouver seuls des offres, ne peuvent pas trouver ces informations. Nous espérons donc qu’ils penseront à nous et viendront nous voir pour que nous puissions les aider.

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Sandra Camey

De formation scientifique et journalistique, elle s'expatrie à Berlin où elle étudie la photographie et les sciences politiques du Moyen-Orient. Aujourd’hui en écriture de mémoire sur les politiques environnementales au Moyen-Orient
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