Édition internationale

ETATS-UNIS - La Maison Blanche ébranlée par le "PlameGate"

Un nouveau scandale est en marche outre-Atlantique, au plus haut sommet de l'Etat. Le "PlameGate", du nom d'un agent de la CIA, est une affaire multi-facettes qui fait trembler l'administration Bush

L'ambassadeur Joseph Wilson, opposant àla guerre en Irak, celui par lequel le scandale arrive. (Photo : AFP)

La guerre valait-elle ce scandale ? Certains membres de l'administration Bush pourraient bien écoper du temps suffisant pour se poser la question. Lewis Libby, l'ex-directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney, va comparaître demain;démissionnaire vendredi dernier, cette éminence grise, a en effet étéinculpépour parjure, faux témoignage et obstruction àla justice dans le cadre de l'enquête sur la divulgation àla presse du nom de l'agent de la CIA Valerie Plame.
Dans le collimateur de l'enquête menée par le procureur spécial, Patrick Fitzgerald, M. Libby risque gros : jusqu'à30 ans de prison et une amende de 1,25 million de dollars. Il se murmure qu'un autre pilier de la Maison Blanche, Karl Rove, conseiller politique du Président Bush, pourrait lui aussi se retrouver visépar la procédure. Il est pour l'instant toujours en poste.
Aller en Irak àtout prix
Divulguer l'identitéd'un agent de la CIA est un crime grave aux Etats-Unis. C'est le nom de Mme Plame qui a inspiréle terme de "PlameGate". Savoir comment on en est arrivéàl'inculpation de deux hauts fonctionnaires mérite un retour sur les faits et sur les man?uvres de l'administration Bush destinées à"vendre"la guerre en Irak aux Américains.
En 2002, le diplomate Joseph Wilson est chargéde dresser un rapport sur les efforts du régime de Saddam Hussein pour acheter de l'uranium enrichi en Afrique. Joseph Wilson affirme n'avoir rien trouvéen Afrique. Ses conclusions sont ignorées et les troupes américaines déboulent sur l'Irak au printemps 2003. Wilson s'affiche comme opposant àla guerre, qu'il accuse d'avoir étémenée sous de "faux prétextes".
Les journalistes révèlent leurs sources
A l'été2003, la qualitéd'agent de la CIA de Valerie Plame, épouse de Joseph Wilson, fait l'objet de fuites dans la presse. Pour déstabiliser son mari. Une commission d'enquête spéciale est constituée. Une journaliste du New York Times, Judith Miller, est mise derrière les barreaux pour avoir refuséde révéler ses sources aux magistrats. Un autre reporter, Matthew Cooper de Time Magazine, finit, lui, par cracher le morceau et nommer ses informateurs. Il s'agit de MM. Libby et Rove.
Judit Miller a confirméen septembre dernier avoir tenu ses informations de Libby. La machine judiciaire est en route depuis l'étédernier contre les deux conseillers. Elle pourrait remonter encore plus haut, peut-être jusqu'àDick Cheney lui-même selon certains médias américains. George W. Bush est dans la plus inconfortable situation, pressépar les membres du Congrès (démocrates comme républicains) de faire le ménage. Les Américains ne sont plus que 38% àlui accorder une "opinion favorable".
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 2 novembre 2005

Lire aussi
Le Monde, "Plamegate": l'affaire qui fait trembler la Maison Blanche

Le Monde, Lewis Libby, l'homme de l'ombre
Le Nouvel Observateur, "Une possible procédure d'impeachment"

Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.