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ESCAPADE – Tivoli, échappée lyrique à deux pas de Rome

 

A moins d'une heure de la capitale italienne, la petite ville de Tivoli représente une destination idéale pour une longue journée de visite ou un weekend tranquille. Le temps semble s'être arrêté entre les villas antiques et les ruelles bucoliques de la province romaine que Virgile appelait ?Tibur Superbum?.

Quelques heures d'échappée belle

Forte d'un peu plus de 50.000 habitants, la jolie petite ville de province s'enorgueillit du patrimoine hors-pair qu'elle abrite. Logée au creux des monts Tiburtins, Tivoli offre en premier lieu un panorama saisissant sur la campagne vallonnée aux visiteurs débarqués des cars et des trains régionaux.

Attraction culturelle jouissant d'une renommée nationale, les trois villas ravissent les touristes tant par la richesses de leurs décorations et de leur parcs que par leur l'atmosphère apaisante. Très différentes les unes des autres, la Villa d'Este, la Villa Adriana et la Villa Gregoriana valent chacune le détour, sachant qu'une visite triplée est envisageable en une seule journée.

Mieux vaut ainsi arriver tôt à Tivoli, les portes de ces trésors architecturaux ferment une demi-heure avant le coucher du soleil. Ceux qui désirent profiter d'un week-end verdoyant sont heureux de découvrir aux promenades tortueuses, aux terrasses animées et la fraîcheur des fontaines.

Trois villas incontournables

La Villa d'Este est située en plein centre historique, accessible à pied de tous les points de la ville. Inscrit au patrimoine de l'UNESCO, son impressionnant jardin recèle de fontaines, grottes, sculptures, terrasses et pièces d'eau. Pensé sur un modèle européen classique audacieusement imprégné de maniérisme baroque, le jardin révèle une vue époustouflante sur la ville. Le palais de pierre est constitué d'un dédale de salles richement décorées de fresques et sobrement meublé. Ce joyau d'architecture paisible et romantique a été imaginé en 1560 par le Cardinal Hippolyte d'Este, désireux de combler sa déception après une élection pontificale manquée.

Monumentale,  la Villa Adriana représente, au même titre que Pompéi, l'éloquent témoignage d'une époque lointaine. Construite par l'empereur Hadrien à partir de 117 ap. J.-C., ses vestiges impériaux ont été redécouverts et restaurés au XVIème siècle avant d'intégrer le patrimoine de l'UNESCO en 1999. Statues et mosaïques peuplent les galeries tandis que les cryptes, les thermes, les murailles et les jardins forment un spectacle d'abondance et de raffinement. Légèrement à l'écart de la ville, elle est desservie par un système régulier de transports en commun.

Enfin, la Villa Gregoriana, n'a été ouverte qu'en 2005 au public, autorisé à parcourir l'immense parc naturel étendu aux pieds de l'acropole. Le Pape Gregorio donne son nom autour de 1834 à ce domaine verdoyant, venant au secours de la population victime de la crue du fleuve Aniene. Une impressionnante cascade en reste le témoin entre le temple de la Sybille, le temple de Veste et l'immense sanctuaire d'Hercule vainqueur. Les imposants murs de pierre nue aux pieds de la ville, attendent d'être observés au détour d'une promenade.

Terre de cultes et de plaisirs

Les églises constituent les étapes d'une promenade ombragée sur les pavés de Tivoli, peu fréquentés par les voitures. Cachées dans les coins de la ville, elles portent les symboles et les signes architecturaux de la région. L'église de Saint François semble abriter des pensées isolées entre ses murs bruts et sa façade gothique, assemblés dans une étrange harmonie. Au sein de la jolie cathédrale Saint Laurent appelée ?dôme de Tivoli?, les visiteurs admirent les représentations du Christ et les sculptures de bois les plus anciennes de l'Histoire de l'Art.

Les alentours recèlent de maisons pittoresques de style médiéval, construites sur les ruines romaines et antique d'une Tivoli détruite. En descendant de la cathédrale vers les Jardins antiques de la Villa d'Este, il est possible de trouver le ?pizzutello? typique, vendu sur des étalages sommaires au bord de la route. Ce raisin de table régional, aux grains allongés, est très apprécié à l'arrivée des beaux jours. Traditionnellement, le second dimanche de septembre, la sagra del pizzutello, festival organisé en son honneur, réunit les habitants et les spécialistes.

Enfin, tout en flânant, les curieux découvriront le fameux Pont Lucano, impressionnant édifice d'autant plus immanquable que ses fondations menacent de s'écrouler à tout instant. Les portes Esquilina et Maggiore, seuls vestiges d'un mur d'enceinte disparu, rappellent les prouesses architecturales du IVème siècle. Très intéressante également, la Rocca Pia a été construite par le Pape Pie II en 1461 pour assurer la fidélité des habitants au pouvoir papal. La forteresse construite avec les pierres d'un amphithéâtre oublié a été transformée en prison. Aujourd'hui inoccupée, elle constituait, jusqu'à sa fermeture dans les années 1950, une note effrayante sur un territoire créé de toute pièce par les empereurs, les papes.

Entre histoire et nature verdoyante, Tivoli renferme nombre de secrets qu'il est grand temps de découvrir. Bonne escapade tiburtina à tous !

Camille de FOUCAULD (www.lepetitjournal.com/rome) - Vendredi 28 juin 2013

Accès :
Compter 30 à 40 minutes en voiture à partir de Rome, en prenant l'autoroute A24.
Des autobus sont au départ de certaines stations du métro B. Il faut environ 40 à 70 minutes pour rejoindre Tivoli (station Largo Nazioni Unite). Le bus au départ de la Via Prenestina s'arrête quant à lui devant la Villa Adriana.
Les trains pour Tivoli partent assez peu régulièrement de Rome. Ils déposent leurs passagers à 1km du centre de Tivoli après une heure de voyage.

Crédits : Villa d'Este. favoladellabotte.blogspot.com / Tivoli : Camille de Foucault

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