

Heinrich von Pierer, président du conseil de surveillance du géant allemand, et proche d'Angela Merkel, quittera son poste le 25 avril. Gerhard Cromme, ancien patron du sidérurgiste allemand ThyssenKrupp, devrait lui succéder
Nouveau coup dur pour Siemens, empêtré depuis des mois dans des scandales d'argent sale et de corruption. Heinrich von Pierer, président du conseil de surveillance de Siemens, et un des patrons les plus en vue d'Allemagne,va quitter son poste après avoir été mis en cause dans un scandale de corruption, a annoncé le groupe technologique allemand jeudi soir. Heinrich von Pierer, qui était poussé vers la sortie depuis quelques jours, abandonnera ses fonctions lors de la prochaine réunion du conseil de surveillance le 25 avril, précise le communiqué de Siemens.
L'action Siemens a bondi de 3,46% à 89,75 euros à l'ouverture à Francfort, sur un indice des valeurs vedettes Dax en hausse de seulement 0,20%. Vers 10H45, le titre du groupe technologique franchissait la barre des 90 euros, évoluant à son plus haut niveau depuis six ans.
L'organe de contrôle proposera la candidature de Gerhard Cromme, ancien patron du sidérurgiste allemand ThyssenKrupp, pour lui succéder. Michael Mirow, responsable de la stratégie chez Siemens depuis 2002, remplacera numériquement M. von Pierer au conseil de surveillance.
"Malgré des performances exceptionnelles, Siemens fait face à une situation difficile due à la mauvaise conduite en partie prouvée, en partie alléguée, d'un certain nombre de dirigeants et d'employés", explique M. von Pierer dans le communiqué, qui rappelle que le conseil de surveillance et le directoire ont lancé une enquête indépendante pour établir les responsabilités à la fin de l'année dernière. "La seule raison de ma décision aujourd'hui est de servir au mieux les intérêts de Siemens. Mon objectif est de conforter les succès du groupe et nos performances spectaculaires dans le monde rendent ma décision plus facile", ajoute-t-il. "Mon implication personnelle dans l'enquête menée actuellement n'a pas été à la base de ma décision", tient toutefois à préciser le président du conseil de surveillance.
Siemens est secoué depuis de longs mois par des affaires de caisses noires et de corruption, qui lui auraient permis notamment de soudoyer le syndicat AUB mais aussi d'obtenir des contrats à l'étranger. La justice de plusieurs pays enquête sur des transferts d'au moins 200 millions d'euros. Des membres du directoire ont même été écoutés par la justice en Allemagne. La pression montait depuis plusieurs semaines sur M. von Pierer, soupçonné d'avoir couvert ou même organisé le système de corruption avant qu'il ne quitte la direction exécutive du groupe, il y a tout juste deux ans.
Soutien d'Angela Merkel
Salué pour ses talents de lobbyiste et ses bonnes relations tant avec les sociaux-démocrates qu'avec les conservateurs, Heinrich von Pierer, 66 ans, conseilller d'Angela Merkel, était considéré comme l'un des patrons les plus influents d'Allemagne (voir ci-dessous). La chancelière allemande a d'ailleurs indiqué vendredi qu'elle souhaitait que le capitaine d'industrie déchu continue à la conseiller. La chancelière "part du principe que M. von Pierer conservera ses fonctions"en tant que président d'un organe consultatif nommé "Conseil de l'innovation", a dit un de ses porte-parole Thomas Steg lors d'une conférence de presse. M. von Pierer remplit ses fonctions de conseiller "avec passion et engagement", et "la qualité de son travail est indiscutable", a-t-il ajouté. M. Steg a encore souligné que "peu de personnes peuvent se vanter d'avoir autant que M. von Pierer incarné l'entreprise Siemens."
Deux proches de M. von Pierer, donnés un temps comme candidats à sa succession et ayant quitté le groupe l'an passé, ont déjà été mis en examen. Un autre dauphin de von Pierer, le membre du directoire encore en activité Johannes Feldmayer, a été arrêté, dans le cadre d'une autre affaire.
De notre partenaire www.lesechos.fr ? mardi 10 avril 2007


























