Édition internationale

EDUCATION - La French Touch prisée Outre-Manche

 

Comment font les parents français pour que leur progéniture ne jette pas son assiette par terre ? Une journaliste américaine, Pamela Druckerman, y répond dans l'ouvrage French Children Don't Throw Food ("Les enfants français ne jettent pas leur nourriture"), parmi les meilleures ventes sur Amazon en Angleterre

(Crédit : Westend61/Corbis)

Des mamans paisibles et coquettes

Pour Pamela Druckerman, maman de trois enfants résidant à Paris, les Français ont tout compris à l'éducation. La clé du succès ? Des parents moins laxistes que les anglais ou encore américains. Frustration, punition, l'enfant n'est pas roi. Les parents osent le "non". Hors de question que les chérubins décident de la nourriture, des horaires des repas, de l'heure du coucher. Des règles strictes qui portent leurs fruits. D'après la journaliste, les jeunes Français font leur nuit dès deux mois, vont au lit sans histoire. On les voit, mais on ne les entend pas. Dans les écoles françaises aussi : les enfants apprennent des règles par c?ur, on y pose des limites? tandis que dans le modèle anglo-saxon, on privilégie les activités ludiques et l'éveil de l'enfant.

Peut-on vraiment juxtaposer éducation à la française et anglo-saxonne ?

Pour le moins que l'on puisse dire, cet ouvrage suscite de vives réactions et controverses depuis sa sortie. D'après Betty Bertrand, psychologue en libéral dans le Sud de Londres, opposer deux cultures est risqué et contre-productif, puisqu'on finit par faire de l'une une supériorité. Au Royaume-Uni, les mentalités ont tendance à être plutôt individualistes, compétitives et utilitaristes. Tandis qu'en France, le "être ensemble" reste très valorisé.

Installée dans la capitale britannique depuis une dizaine d'années, Betty Bertrand ne manque pas de constater, depuis les années 80, un délitement du lien social avec, pour de nombreuses familles, l'incertitude croissante de boucler les fins de mois. Contrairement à la France, l'accès à des services gratuits et aux prestations sociales n'est pas aussi facile ni "généreux". Conséquence : l'enfant devient un "bien" dans lequel on investit, qui ne doit pas décevoir, d'où des attentes importantes [voire tyranniques] quant à la réussite scolaire. Ce constat va de pair avec une étude de l'UNICEF. Le Royaume-Uni figure parmi les plus mauvais pays lorsqu'il s'agit du bien-être moral des enfants. Ils se sentent seuls, déprimés et beaucoup souffrent de conditions de vie proches de la pauvreté.

Pamela Druckerman ne dessine-t-elle pas un tableau idyllique ?

C'est l'avis de The Economist. L'hebdomadaire accuse l'Américaine de ne se fonder que sur des témoignages de parents issus de milieux aisés. Il l'invite à visiter les banlieues françaises pour voir si, là aussi, le "bonjour madame" est toujours de rigueur...

En 2005, c'est l'auteur Mireille Guiliano qui publiait ce qui allait devenir en quelques mois un blockbuster international. Avec French Women Don't Get Fat, elle faisait l'apologie du régime minceur à la française : le plaisir avant tout. Vendu à plus de 2 millions d'exemplaires et traduit en 37 langues, ce livre avait bouleversé Américaines et Britanniques qui parlaient alors d'un ?French paradox?.

À force, pas étonnant que nos voisins nous trouvent arrogants?

Donia Hachem (www.lepetitjournal.com/londres) vendredi 10 février 2012

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