Édition internationale

ECOLOGIE – Un Grenelle de la Mer pour ne pas boire la tasse

Après l'environnement, c'est la mer qui a droit à son Grenelle. La table ronde réunira tous les acteurs du secteur pour essayer de concilier les enjeux économiques et environnementaux de la deuxième zone maritime mondiale


Jean-Louis Borloo (C) et la secrétaire d'Etat à l'ecologie Chantal Jouanno (D) avec l'explorateur Patrice Franceschi (G), sur La Boudeuse, le 27 février 2009 à Paris
(AFP/Archives/Denis Charlet)



(Rédaction Internationale) - Le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo a annoncé vendredi dernier la création d'un Grenelle de la mer sur le principe de celui déjà réalisé pour l'environnement. Deux textes de loi avaient été produits suite à la table ronde organisée en octobre 2007 sur les questions environnementales. Les projets sont en ce moment examinés par les parlementaires. Mais, bien qu'inclus dans le précédent Grenelle, le domaine maritime méritait selon le ministère de l'Ecologie une place à part entière.

L'organisation du Grenelle
Le Grenelle de la mer aura trois mois à partir de son lancement dans quelques semaines pour balayer quatre thèmes principaux : le développement "harmonieux"du littoral, le développement d'activités maritimes "compétitives et soutenables sur le plan environnemental", la valorisation des métiers de la mer et l'instauration d'une nouvelle gouvernance aux niveaux national et international. Pour cela, 4 groupes de travail seront formés dans les prochaines semaines et réuniront l'Etat, les collectivités locales, les acteurs de l'économie maritime et les ONG. Avant même le début des discussions, le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique Busserau, a déjà annoncé la création de deux autoroutes de la mer entre la France et l'Espagne pour faciliter le transport des camions par bateau entre les deux pays.  

Quels enjeux pour la mer ?
La Zone Economique Exclusive de la France est la deuxième au monde avec ses 11 millions de km², dont près de la moitié en Polynésie française (47,4 %). La mer pour Jean-Louis Borloo est la "nouvelle conquête spatiale". Il est vrai que l'on sait bien peu de nos océans, qui recèlent de nombreux trésors notamment en matière de biodiversité et de nouvelles énergies.
Encore faudra-il pour cela limiter les conséquences désastreuses de la pollution, du réchauffement climatique ou encore de la surpêche. Selon l'Organisation mondiale pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), seul un quart des stocks halieutiques sont modérément exploités, le reste étant soit exploité au maximum ou déjà épuisé. Les discussions risquent d'être houleuses entre pêcheurs, qui luttent en pleine crise économique, et responsables d'ONG, qui veulent protéger le renouvellement des stocks de poisson.
L'enjeu est grand pour la France qui a des frontières maritimes avec 30 pays et dont les activités maritimes et littorales représentent plus de 600.000 emplois directs et indirects pour une somme totale annuelle de 53,7 milliards de valeurs produites.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 3 mars 2009

En savoir plus
Dépêche AFP, Après l'environnement, place au "Grenelle de la mer"
Article du Journal du développement durable, Activités maritimes : Un Grenelle pour la mer
Article de Libération, La mer, «nouvelle conquête spatiale» de Jean-Louis Borloo
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