

La 17e conférence des Nations unies sur le climat s'est achevée dimanche à Durban en Afrique du Sud. Un accord à l'arraché a finalement été trouvé prévoyant d'établir d'ici à 2015 un pacte global de réduction des émissions de gaz à effet de serre, à l'origine du réchauffement climatique
Au terme de deux semaines d'âpres discussions, les négociations marathon sur le climat se sont achevées dimanche avec 36 heures de retard sur un accord a minima confirmant la réorientation de la lutte contre le réchauffement climatique, provoqué principalement par les gaz à effet de serre.
Tous ensemble
Même si les efforts de la communauté internationale (Photo AFP) sont insuffisants pour contenir la hausse de température sur la planète, l'accord arraché à Durban devrait entrer en vigueur en 2020. Il concernera pour la première fois tous les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre, y compris la Chine et les Etats-Unis. Le texte adopté confirme la création d'un groupe de travail qui devra identifier " les solutions pour éliminer le fossé qui existe entre les promesses d'engagements de réduction d'émissions faites d'ici à 2020 et les efforts qu'il faudrait réaliser pour maintenir la hausse moyenne des températures en dessous de 2°C". Reste qu'aucune mesure concrète n'a été décidée.
Prolongation du protocole de Kyoto
Conformément à une large revendication de la part des pays en développement, les Européens ont bien donné leur accord à la poursuite du protocole de Kyoto après 2012. Conclu en décembre 1997 et entré en vigueur en février 2005, le protocole impose aux pays industrialisés - à l'exception des Etats-Unis qui ne l'a pas ratifié - de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, au premier rang desquelles le CO2.
Un Fond vert
Un Fonds vert pour le climat destiné à aider les pays pauvres à faire face au réchauffement climatique a été crée à Durban. Toutefois rien n'a été dit concernant l'alimentation de ce fonds alors que l'engagement, pris à Copenhague il y a deux ans, était d'aboutir à 100 milliards de dollars par an à partir de 2020. "Nous sommes entrés dans une période d'incertitude économique, une ère d'austérité fiscale. Mais je ne pourrais jamais trop souligner à quel point il est crucial que les pays développés tiennent leurs engagements", a pourtant souligné le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Tout le monde est content?
"Nous avons écrit l'histoire", s'est félicitée Maite Nkoana-Mashabane, ministre sud-africaine des Affaires étrangères, en conclusion du sommet. De son coté, la ministre française de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet est plus mesurée "On n'a pas sauvé la planète, mais on s'engage sur un accord global". La commissaire européenne pour le climat, Connie Hedegaard s'est, elle, dite satisfaite en déclarant que "l'essentiel est que toutes les grandes économies, toutes les parties en présence se sont légalement engagées sur l'avenir et c'est pour cela que nous étions venus". Coté réticents, on s'est aussi réjoui. Jayanthi Natarajan, la ministre indienne de l'Environnement a conclu : "Nous avons eu d'intenses discussions. Compte tenu de la souplesse et de la bonne volonté affichée par tous, nous avons fait preuve de souplesse" tandis que le représentant américain pour le climat Todd Stern a estimé : "C'est la première fois que l'on va voir des pays en développement accepter d'être tenus par un accord légal sur le climat".
? ou presque
Les beaux discours n'ont cependant pas fait illusion. L'absence de mesures concrètes rend les organisations non gouvernementales assez inquiètes. "Une nouvelle fois, les négociations climatiques ont échoué à faire de réels progrès pour lutter contre le changement climatique. Le 'paquet de Durban' est un jeu d'illusion sans objectifs réels" a dénoncé Susann Scherbarth, des Amis de la Terre Europe. De son coté Alden Meyer, du think tank américain Union of Concerned Scientists a tenu un discours très pragmatique : "Les discours puissants et les décisions négociées mot à mot ne peuvent rien contre les lois de la physique (?). L'atmosphère réagit à une chose et une seule: les émissions. Le niveau d'ambition collectif sur les réductions doit être fortement revu à la hausse. Et vite !".
Le prochain grand rendez-vous climat aura lieu fin 2012, au Qatar, le plus grand émetteur de CO2 par habitant au monde !
Claire Largillière (www.lepetitjournal.com) lundi 12 décembre 2012
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