

L'acteur, réalisateur, producteur et scénariste de cinéma, Claude Berri (photo AFP), est décédé hier à l'âge de 74 ans à la suite d'un problème neurologique. En 2006, il avait déjà été victime d'un accident vasculaire cérébral. Dans la nuit de samedi à dimanche, il avait été admis à l'hôpital de la Salpêtrière à Paris après la formation d'un hématome intracrânien.
Inspiration de sa vie personnelle
Né de parents parisiens fourreurs, Claude Berri, de son vrai nom Claude Langmann, est au départ comédien de théâtre après avoir été élève au Cours Simon. Avec son beau-frère Maurice Pialat, il fait ses débuts dans la réalisation cinématographique. Berri s'impose très vite sur le grand écran en étant récompensé par un Oscar et un prix à Venise pour son second court-métrage réalisé en 1962, Le Poulet. Son premier long-métrage, sorti en 1966, est un très gros succès : Le Vieil homme et l'enfant, film avec Michel Simon qui est en partie autobiographique. L'histoire du petit Claude envoyé par ses parents dans une famille d'accueil pour éviter les rafles nazies y est narrée. Souvent, Berri est allé chercher dans sa propre vie l'inspiration pour ses films. Ainsi Le Cinéma de Papa (1971) est un hommage à son père avec lequel ses relations étaient difficiles, et Je vous aime (1980), est une ?uvre réalisée avec Deneuve, Trintignant et Gainsbourg alors que Berri était en instance de divorce et s'interrogeait sur l'amour.
Une existence magnifique, ponctuée de drames
Producteur aux goûts éclectiques, il a aussi accompagné Rohmer, Téchiné, Chereau ou Almodovar. Entre Le poulet en 1962, et Ensemble c'est tout en 2007, Claude Berri s'est confronté à toute la sphère du 7e art et, malgré son caractère de cochon, a séduit la grande famille du cinéma ? à tel point qu'aucune cérémonie des Cesar ne pouvait se produire sans que son nom fut cité.
"J'ai eu une vie magnifique ponctuée de drame" raconte-t-il dans Autoportrait, publié en 2003 chez Leo Scheer. Maniaco-dépressive, sa première femme s'était jetée du 9e étage et son fils Julien est devenu tétraplégique avant de se laisser mourir : il raconte en partie cet épisode et sa rencontre avec Nathalie Rheims dans L'un reste l'autre part.
Claude Berri laisse au cinéma son second fils. Vaste héritage pour Thomas Langmann que celui de reprendre un flambeau paternel aussi éclairé.
Anne Lapierre et Yann Fernandez (www.lepetitjournal.com) mardi 13 janvier 2009
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La critique de L'un reste, l'autre part en 2005
La critique d'Ensemble, c'est tout en 2007
Réalisateur, producteur et acteur à succès
A partir des années 1980, les gros succès s'enchaînent pour ce grand amateur et collectionneur d'art contemporain. En 1984, il offre à Coluche son plus beau rôle dans le septième art et le César du meilleur acteur pour Tchao Pantin. Puis Claude Berri adapte des ?uvres littéraires de Marcel Pagnol ( Jean de Florette et Manon des Sources en 1986) et Emile Zola (Germinal avec le chanteur Renaud en 1993). En parallèle, il poursuit sa carrière d'acteur commencé en 1953 dans Le Bon Dieu sans confession de Claude Autant-Lara. Il s'amuse surtout à faire des apparitions dans des comédies comme Les Trois Frères des Inconnus, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat ou encore Les Clefs de bagnole de Laurent Baffie. Ces dernières années, Claude Berri fut à la tête de la Cinémathèque française de septembre 2003 à juin 2007.
Il a également eu le nez fin en matière de production, produisant La Graine et le Mulet, César du meilleur film 2008, et Bienvenue chez les Ch'tis, le plus grand succès en matière d'affluence de l'histoire du cinéma français avec 20,4 millions d'entrées. Malgré ses ennuis de santé, Claude Berri était retourné sur les plateaux début janvier pour assurer la direction de son nouveau film Trésor. Cette histoire d'un couple se disputant à cause d'un chien réunira Mathilde Seigner et Alain Chabat avec pour la dernière fois à l'écran le nom de Claude Berri.
AL. et YF. (www.lepetitjournal.com) mardi 13 janvier 2009




































